Note de calcul : efforts subis par les passagers d'un autobus lors d'un freinage brutal
Une note technique de Paul Magès calcule, croquis à l'appui, les efforts physiques subis par un passager assis, debout ou par le conducteur d'un autobus lors d'un freinage d'urgence à 36 km/h.

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Hypothèses de départ
La note fixe le cas d'étude : un autobus roulant à 36 km/h (10 m/s) subit un « coup de frein très brutal et exceptionnel » entraînant une décélération de 8 m/s². L'arrêt se fait sur environ 6 mètres, en 1,25 seconde. Le passager de référence pèse 70 kg p. 20.
Le passager assis, dos à la route
Il subit directement la décélération du véhicule : un effort de 52 kg répartis sur le siège, et de 4 kg sur la tête p. 20.
Le passager tenant la sangle
Se déplaçant d'environ 30 cm de plus que l'autobus, il subit un effort de 53 kg, « pris en presque totalité par son bras » s'il ne bouge pas les pieds — un effort à peine supérieur (5 %) à celui du passager assis p. 20.
Le conducteur
Tenant son volant et prenant appui sur le frein, il subit : 4 kg sur la tête, 30 kg sur les bras et 19 kg aux jambes p. 21.
L'usager debout qui ne se tient pas
Hypothèse la plus détaillée : avant de heurter une paroi, il se déplace d'1 mètre en 0,6 seconde grâce à ses jambes (effort de 14 kg), acquérant une vitesse relative de 3,6 km/h au moment de l'impact.
| Zone du corps | Distance de décélération | Décélération | Effort équivalent | Page |
|---|---|---|---|---|
| Tête | 2 cm | 27 g | 135 kg | p. 21 |
| Buste et bras | 15 cm | 4 g environ | 160 kg | p. 21 |
| Chaque jambe | 5 cm | 11 g | 140 kg | p. 21 |
Des croquis à l'encre accompagnent ces calculs, représentant les postures (assis, debout, conducteur) avec des flèches indiquant, selon la légende manuscrite, « le sens des efforts ressentis par les passagers » p. 20.
Contexte
Ce type de calcul relève de la sécurité passive automobile, domaine auquel Paul Magès, inventeur de la suspension hydropneumatique chez Citroën, s'est particulièrement intéressé au-delà de son cœur de métier.
Les années 1970 voient l'essor des réflexions sur les distances de freinage, les ceintures de sécurité et l'énergie cinétique dans l'industrie automobile française, dans un contexte où la réglementation sur la sécurité routière se durcit.
Regard d'archiviste
Cette note s'inscrit probablement dans une série de travaux personnels de Magès sur les effets physiques des chocs et freinages, dont témoignent d'autres pièces du même dossier consacrées à la formule d'effort en fonction de la vitesse et de la distance.
Le choix de l'autobus comme cas d'étude — plutôt que la voiture particulière — est notable : il élargit la réflexion à des situations où les passagers sont debout ou peu retenus, ce qui explique le luxe de détail sur l'usager « qui ne se tient pas » p. 21.
Cette approche pédagogique par croquis annotés rappelle la méthode employée dans « Méthode pour ne pas casser les œufs », où Magès vulgarise l'énergie cinétique par l'exemple. On retrouve aussi la même logique de calcul (effort selon vitesse et distance) que dans les Notes de calcul manuscrites : distances de sécurité, datées du 25 avril 1973, ce qui suggère une datation possible de cette note dans la même période, sans certitude documentaire.
Dans le même dossier

Note de calcul : chute d'un jockey, pelouse vs rivière — l'importance de la distance de freinage

« Méthode pour ne pas casser les œufs » — note manuscrite de Paul Magès sur l'énergie cinétique (24 mars 1973)

Notes de calcul manuscrites : établissement de la formule d'effort F = 0,394 V²P/e
Datation
non datée
aucune date portée sur le document
Document
2 pages
Source : « Scanner 5 août 2025 à 15.58.pdf », p. 20–21
Catégorie
Note d'archivage
Titre « HYPOTHESES Autobus » p.20 et pagination « - 2 - » p.21 formant un ensemble autonome.

