Note d'information interne Citroën n°032 : « Les accords Citroën-Fiat » (3 juin 1970)
Note interne Citroën répondant aux rumeurs de presse sur les accords avec Fiat : création d'une holding franco-italienne à majorité française et renouvellement du Conseil d'administration.

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Cette note interne n°032, datée du 3 juin 1970, répond aux « commentaires des journalistes de la presse écrite et radiodiffusée » à propos des rapports entre Citroën et Fiat p. 31. Elle vise à rectifier les interprétations en rappelant les faits et le contenu exact des accords.
Historique des accords
La note rappelle qu'en octobre 1968, Citroën S.A. avait conclu un accord avec Fiat pour coordonner leurs activités (recherches, investissements, production, approvisionnements, réseau commercial) tout en respectant l'indépendance des deux groupes. Cet accord comprenait deux volets : un accord industriel (société d'études et de coordination à capital égal) et un accord financier, avec notamment une prise de participation de 15 % de Fiat dans le capital de Citroën S.A. lors de l'augmentation de capital de décembre 1968 p. 31.
La société holding et le communiqué Michelin-Fiat
La note précise que la création d'une société holding française, regroupant les actions des groupes français et italien, est « actuellement en cours », le groupe français restant majoritaire p. 32. Elle cite intégralement le communiqué signé Michelin-Fiat du 31 mai 1970, qui dément « toute prise de contrôle Citroën par Fiat » et confirme que Michelin détiendrait la majorité de cette holding p. 32.
Modification du Conseil d'administration
En raison de la fin de mandat de MM. Robert et Victor Puiseux, l'Assemblée générale du 24 juin 1970 devra nommer administrateurs : Raymond Ravenel (PDG de Citroën et de la Société commerciale Citroën), François Rollier (gérant Michelin) et Jean Reyre (ex-PDG de la Banque de Paris et des Pays-Bas). Pour représenter Fiat : Giovanni Nasi (vice-président) et Francesco Rota (administrateur et co-directeur gérant) p. 33. Le Conseil réunirait alors, avec les quatre administrateurs en poste — Pierre Bercot, Antoine Bruéder, René Marais, Paul Berliet —, un total de neuf membres p. 33.
Contexte
Historiquement, l'accord Citroën-Fiat de 1968 s'inscrit dans une période où Citroën, en difficulté financière, cherchait des partenaires industriels puissants. Michelin, alors actionnaire majoritaire de Citroën, jouera un rôle pivot dans ce montage capitalistique. L'alliance avec Fiat sera finalement rompue en 1973, sous la pression notamment des autorités françaises soucieuses de préserver l'indépendance nationale de l'industrie automobile — un dénouement postérieur à cette note et non évoqué par elle.
Regard d'archiviste
La présence d'une annotation manuscrite « M. Magès » en haut de la première page p. 31 suggère que cette note d'information, de nature purement administrative et stratégique, a été diffusée jusqu'à l'ingénieur en chef de la suspension, sans doute pour tenir les cadres techniques informés des évolutions capitalistiques du groupe.
Ce document illustre le climat d'incertitude industrielle entourant Citroën à l'aube des années 1970, période durant laquelle Paul Magès poursuivait par ailleurs ses travaux sur la sécurité passive, comme en témoignent les notes sur la formule d'effort de freinage datées de 1973.
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Datation
3 juin 1970
Document
3 pages
Source : « Scanner 5 août 2025 à 15.58.pdf », p. 31–33
Catégorie
Note d'archivage
Référence « ** - 032 - 3.6.1970 » et tampon 4 JUIN 1970 p.31 ; pagination continue « - 2 - » et « - 3 - » p.32-33.


