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Hommage à Gabriel Voisin et texte inédit « Radotages » — Ingénieurs et Techniciens, janvier 1974

Une coupure de presse de janvier 1974 rend hommage à Gabriel Voisin, pionnier disparu de l'aviation et de l'automobile, et publie pour la première fois un texte inédit de sa main sur la vitesse comme moteur du commerce automobile.

Hommage à Gabriel Voisin et texte inédit « Radotages » — Ingénieurs et Techniciens, janvier 1974 — page 28
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Hommage de A.-J. Maurin à Gabriel Voisin (p. 28)

La coupure de la revue Ingénieurs et Techniciens (n°282, janvier 1974) s'ouvre sur un hommage signé A. J. Maurin, rendu à Gabriel Voisin, mort en décembre 1973 (« février 1880 - décembre 1973 »).

L'auteur retrace la carrière du pionnier : premier vol en circuit fermé bouclé le 13 janvier 1908, records automobiles (206 km/h à l'heure, 182 km/h sur 24 heures en 1927), production de « 10 400 avions durant la guerre de 1914 » et de « 77 000 voitures, toutes faites à la main » p. 28.

Maurin évoque une relation personnelle avec Voisin, née « à propos d'embrayages », et cite une confidence de Voisin sur l'emplacement des gouvernes de profondeur de son avion, expliquant son autostabilité. Il mentionne aussi le « biscooter » de 1948, adopté par l'Espagne, et un article inédit rédigé par Voisin en 1965, jamais publié jusqu'alors, que la revue reproduit enfin « en hommage à son auteur » p. 28.

Photographie annotée (p. 29)

Une photographie d'avion, annotée par Voisin lui-même, porte les mentions manuscrites « 10 400 exemplaires - 1912 - 1918 », « 36 ans » et « 44 ans » — délais, précise la légende, qu'il fallut pour que deux innovations de Voisin (freins d'atterrissage sur les roues, train orientable) deviennent des standards de l'aviation p. 29.

« Radotages » — texte inédit de Gabriel Voisin (p. 29-30)

Sous ce titre manuscrit, Voisin livre à 86 ans un texte sur la difficulté de vendre une invention. Il rappelle qu'en 1908 les avions Voisin, seuls capables de boucler un cercle, étaient très demandés — jusqu'à ce que la concurrence rattrape ce savoir-faire p. 29.

Il raconte qu'à l'armistice du 11 novembre 1918, il abandonna l'aviation pour l'automobile et produisit un modèle roulant à 140 km/h « avec une suspension possible et une sécurité absolue », sans recourir au crédit ni à la publicité p. 29.

Il développe ensuite une thèse selon laquelle « la vitesse dans le commerce automobile est bien l'argument par excellence d'une vente facile » p. 30, illustrée par l'exemple de la Caravelle de son ami Héreil, puis par une démonstration historique et volontairement provocatrice sur la vitesse des transports : du voyageur du XVIIe siècle mettant un an pour aller en Amérique, au vol Orly-New York aller-retour d'octobre 1965, en passant par le vol du pape Paul VI vers l'ONU la même année p. 30. Il évoque enfin le premier vol d'Ader le 9 octobre 1890, et regrette l'époque où « les grandes maisons portaient le nom de leur créateur : Renault, Delage, Bugatti, Berliet » p. 30.

Contexte

Gabriel Voisin (1880-1973) est effectivement une figure majeure de l'aviation naissante puis de l'automobile de luxe française de l'entre-deux-guerres ; ces éléments biographiques généraux, notoires, ne sont pas remis en cause par le document mais lui préexistent.

A.-J. Maurin, journaliste automobile ayant tenu une rubrique dans Ingénieurs et Techniciens, a côtoyé Voisin de manière durable, ce qui explique le ton personnel de l'hommage.

Le contexte du choc pétrolier de 1973-1974, évoqué par Maurin lui-même à propos du « biscooter », éclaire l'actualité de cette republication : une formule automobile économe redevient pertinente.

Regard d'archiviste

Cette pièce n'est pas un document de travail de Paul Magès, mais une coupure de presse qui lui fut adressée — l'annotation manuscrite « Mr Morgès » et le tampon du Centre Technique / B.E.A. Documentation en attestent p. 28. Elle témoigne du réseau de diffusion interne de la Documentation Citroën, qui faisait circuler auprès des ingénieurs des textes jugés dignes d'intérêt, au-delà de la seule technique.

Le choix de conserver ce texte s'explique probablement par sa résonance avec les préoccupations de Magès lui-même : la vitesse, la sécurité et l'énergie cinétique sont des thèmes qu'il travaille par ailleurs dans ses propres notes, comme le montrent ses notes de calcul sur les distances de sécurité ou sa réflexion pédagogique sur la sécurité passive.

Le texte de Voisin, bien que rédigé en 1965 et republié presque dix ans plus tard, garde une actualité frappante en pleine crise pétrolière : il semble que ce soit précisément cette pertinence renouvelée qui ait motivé sa diffusion auprès de Magès en janvier 1974.

Datation

janvier 1974

Document

3 pages

Source : « Scanner 5 août 2025 à 15.58.pdf », p. 28–30

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Catégorie

Histoire

Note d'archivage

Tampon Documentation B.E.A. et mention « 01-74 » p.28 ; référence « Ingénieurs et Techniciens - 282 - Janvier 1974 » p.30 ; continuité rédactionnelle p.28-30.