Note Tayco : comparer le « Liquid Spring » à la suspension Citroën, « meilleure du monde »
Une note américaine de Tayco Developments (vers 1960) organise des essais comparatifs entre son ressort liquide et la suspension hydropneumatique Citroën, qualifiée de « meilleure suspension du monde », avec des calculs techniques comparant ressort à gaz et ressort liquide.

Comprendre ce document
Dans ce document
Le contexte du projet Tayco / Rabinow
La page 24 raconte comment TAYCO a auparavant associé son système Liquid Spring à l'embrayage magnétique et hydraulique du Dr Rabinow (ancien du Bureau National des Standards), dans le cadre d'un projet de missile mené avec Robert Kemelhor (Bureau de l'Aéronautique, puis université Johns Hopkins). Le contrat initial est présenté comme un succès, prouvant la compatibilité des deux techniques p. 24. La note précise que « certains aspects » restent peu publiés pour des raisons de sécurité p. 24.
La comparaison avec la suspension Citroën
La note énonce trois buts au « programme d'essais » : appliquer le système Liquid Spring et l'accumulateur central à un véhicule, un camion ou un bus ; ou mettre au point des suspensions pour poids lourds p. 25-26.
Le texte décrit la suspension Citroën comme un système avec « des ensembles hydrauliques sur chaque roue qui compriment le liquide contre une sphère de gaz », relié à un « accumulateur central » servant de source de puissance pour lever ou abaisser le véhicule p. 25. Par contraste, le Liquid Spring Tayco « ne requiert pas de réservoir d'air » et serait « moins coûteux à fabriquer » p. 25.
TAYCO annonce avoir acheté un break Citroën pour le comparer à une Station-Wagon Chevrolet 1958 équipée du Liquid Spring, avec un équipement électronique destiné à enregistrer « chocs et vibrations » p. 25. La suspension Citroën y est qualifiée, « à l'heure actuelle, il faut l'avouer », de « meilleure suspension du monde » p. 25. Le projet prévoit ensuite d'installer l'accumulateur Tayco sur la Citroën elle-même, puis des démonstrations à Detroit, avec un système jugé exploitable commercialement « en 1962 » p. 25.
Calculs techniques comparatifs
La page 26, très abîmée, contient des calculs comparant le ressort à gaz de la DS et un ressort liquide équivalent, à pression d'utilisation de 100 kg/cm² :
| Paramètre | Valeur | Page |
|---|---|---|
| Pression en charge | 100 kg/cm² | p. 26 |
| Pression après +10 % de charge | 110 kg/cm² | p. 26 |
| Réduction de volume de gaz nécessaire | 40 cm³ | p. 26 |
| Section du piston | 9,6 cm² | p. 26 |
| Déplacement du piston | 42 mm | p. 26 |
| Déplacement vertical roue correspondant | 95 mm | p. 26 |
| Module de compressibilité huile moteur | ~11 000 kg/cm² | p. 26 |
| Module huile spéciale Comproil (~200 kg/cm²) | 8000 kg/cm² | p. 26 |
| Variation de volume pour ΔP=10 kg/cm² (module 8000) | 0,125 % | p. 26 |
Le document mentionne aussi la référence à la « figure 6 du document Taylor », jugée moins favorable, et cite explicitement la source des huiles Comproil : « Hydra Spring Division, Wales-Strippit C°, North Tonawanda NY » p. 26.
Contexte
La suspension évoquée est l'hydropneumatique Citroën, mise en œuvre à grande échelle sur la DS présentée en 1955, œuvre notamment de Paul Magès. Son principe — sphères de gaz sous pression séparées du liquide par une membrane, reliées à un circuit hydraulique central assurant suspension, freinage et direction — a suscité un vif intérêt technique aux États-Unis dès la fin des années 1950.
Tayco Developments (Taylor Devices) était un fabricant américain de « Liquid Springs », ressorts hydrauliques sans gaz, positionnés comme alternative moins coûteuse aux systèmes à sphère de gaz. La rivalité commerciale entre ces approches — ressort à gaz contre ressort liquide — a donné lieu à plusieurs échanges documentés entre Tayco et Citroën au tournant des années 1960.
Regard d'archiviste
Ce document illustre, vu depuis les États-Unis, la reconnaissance de la suspension Citroën comme référence mondiale — un jugement d'autant plus notable qu'il émane d'un concurrent direct p. 25. Il éclaire aussi le regard que Magès a pu porter en retour sur les solutions rivales : les calculs de la page 26, comparant précisément ressort à gaz et ressort liquide à performance égale, semblent annoncer ou faire écho au travail que Magès mènera lui-même sur cette question, comme en témoigne sa note du 6 mars 1961 et ses brouillons manuscrits de 1961.
La présence de la référence aux huiles Comproil renvoie également au fonds Wales-Strippit conservé par ailleurs, notamment le bulletin Hydra Springs annoté par Magès. L'état matériel très dégradé de la page 26 (texte pâle, coupures) limite malheureusement la lecture complète du raisonnement, mais les chiffres conservés suffisent à situer ce document dans la veille technologique constante que Magès semble avoir exercée sur les solutions concurrentes de sa propre invention.
Dans le même dossier

Note Magès : comparaison chiffrée du ressort à gaz DS et du ressort liquide Tayco (6 mars 1961)

Brouillons de Paul Magès : ressort à gaz contre ressort liquide, calculs comparés à la DS

Minute Magès : pourquoi le ressort liquide ne peut remplacer l'hydropneumatique (6 mars 1961)
Datation
1960
1960 (à préciser : les essais évoqués mentionnent la Chevrolet Station-Wagon 1958 et un horizon industriel 1962, p. 25)
Document
3 pages
Source : « Scanner 5 août 2025 à 14.37.pdf », p. 24–26
Tags
Catégorie
Note d'archivage
Titre commun « SUSPENSION POUR VEHICULES » p.24-25, page « -2- (fin) » p.26 reprenant les mêmes points 2) et 3) ; contexte de la proposition Tayco de décembre 1960 (réf. manuscrite « 6 60.1 » p.24).


