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Minute Magès : pourquoi le ressort liquide ne peut remplacer l'hydropneumatique (6 mars 1961)

Dans cette note manuscrite, Paul Magès démontre par le calcul, en réponse à la proposition Tayco, qu'un ressort purement liquide exigerait un volume d'huile bien trop important face à la solution hydropneumatique de la DS.

Minute Magès : pourquoi le ressort liquide ne peut remplacer l'hydropneumatique (6 mars 1961) — page 34
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Cette minute manuscrite, signée « Magès » et datée du 6-3-61 p. 36, fait explicitement « Suite à proposition TAYCO (12.12.1960) TAYLOR DEVICES » p. 34. Elle développe, point par point, une comparaison chiffrée entre le ressort à gaz de la DS et un ressort liquide équivalent.

Le calcul de référence (DS 19)

Magès part de la sphère avant de la DS : 750 cm³ gonflée à 60 Kg/cm², pression d'utilisation 100 Kg/cm² p. 34. Pour un accroissement de charge de 10 %, il calcule une réduction de volume de gaz de 40 cm³, correspondant à un déplacement de piston de 42 mm et un débattement de roue de 95 mm p. 34.

L'équivalent en ressort liquide

Il pose que le même déplacement de 40 cm³ serait nécessaire avec un liquide p. 34. S'appuyant sur un module de compressibilité de 8000 Kg/cm² pour des « huiles spéciales », en référence à « l'Huile Comprzoil 118 - Hydra Spring Division Wales-Strippit C[oupé], North Tonawanda NY - document 1955 » p. 35, il aboutit à un besoin de 32 litres d'huile, « au lieu de 0,750 [litre] DS » p. 35.

Conclusion et limites

Au point 6, Magès note qu'en doublant la pression d'utilisation la quantité de liquide serait divisée par quatre, mais juge que « 8 litres de liquide comprimés à 200 Kg/cm² dans une sphère […] n'est pas pensable » p. 35. Au point 7, il conclut que la solution liquide n'est « pas raisonnable », « même pas pour un camion », et annonce que les essais Citroën orientent vers une suspension hydro-pneumatique avec 3 litres de volume de suspension par roue, à 150 Kg/cm² p. 36.

La conclusion générale affirme qu'« Une suspension à gaz à haute pression ne peut se concevoir, pour l'instant, qu'en "hydro-pneumatique" » p. 36, et signale en nota que « DOWTY a des brevets de suspension liquide depuis au moins 1946 (Brevets Fr. 931110 et 931111) » p. 36.

Contexte

La DS 19, lancée par Citroën en 1955, est restée célèbre pour sa suspension hydropneumatique conçue par Paul Magès, combinant gaz comprimé (azote) et liquide hydraulique dans des sphères. Dans le contexte du tournant des années 1960, plusieurs sociétés américaines (Tayco Developments, Rabinow) proposaient des alternatives à base de « ressorts liquides » pures, sans phase gazeuse. Wales-Strippit, mentionnée dans ce document, était un fabricant américain de ressorts hydrauliques industriels (« Hydra Springs »), déjà connu de Citroën par une documentation antérieure.

Regard d'archiviste

Ce document illustre, probablement mieux qu'aucune autre pièce du fonds, la méthode de travail de Magès : une démonstration arithmétique rigoureuse destinée à trancher un choix technique. Il répond directement à la proposition commerciale de Tayco Developments du 12 décembre 1960, et s'appuie sur des données techniques déjà présentes dans le fonds Wales-Strippit, comme le Hydra News n°4 sur la compressibilité des huiles Comproil, annoté par Magès lui-même.

Le raisonnement, en démontrant l'impraticabilité d'une suspension tout-liquide (32 litres d'huile nécessaires, sphère jugée « pas pensable »), semble constituer une justification a posteriori du choix hydropneumatique déjà opérationnel sur la DS. La mention finale des brevets Dowty de 1946 montre aussi que Magès situait sa réflexion dans une histoire technique plus large des suspensions liquides, qu'il connaissait depuis longtemps.

Datation

6 mars 1961

Document

3 pages

Source : « Scanner 5 août 2025 à 14.37.pdf », p. 34–36

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

P.34 en-tête manuscrit « P.Magès – Suite a proposition TAYCO (12.12.1960) » point 1 ; p.35 point 4 ; p.36 point 7 et signature datée 6-3-61 : pagination logique continue.