Lettre de Paul H. Taylor (Tayco) à Citroën proposant des essais comparatifs Liquid Spring, 12 décembre 1960
Le président de Tayco Developments, admirateur inconditionnel de la DS Citroën, propose des essais comparatifs entre sa suspension « Liquid Spring » et la suspension hydropneumatique, tout en sollicitant des pièces détachées.

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Cette lettre datée du 12 décembre 1960 est signée par Paul H. TAYLOR, président de TAYCO DEVELOPMENTS INC. p. 23, en réponse à un échange antérieur (une lettre du 3 octobre 1960 sur le graissage est mentionnée, p. 22).
Questions techniques diverses
Taylor commence par des interrogations pratiques sur sa propre voiture Citroën : le fonctionnement du chauffage à essence et le contrôle du thermostat des « vannes à l'avant du radiateur » p. 22, ainsi que l'existence éventuelle d'un « dispositif de réserve de puissance » pour l'accélération p. 22.
Présentation de la suspension Tayco
Taylor explique que sa société fabrique des systèmes « LIQUID SPRINGS » — une suspension hydraulique exploitant « les qualités de compressibilité des liquides » p. 22. Il précise que Tayco détient des brevets propres et juge sa suspension inadaptée aux voitures particulières, mais idéale pour « les camions de lourd tonnage » et « les wagons de chemin de fer » p. 22.
Demande de collaboration et d'essais comparatifs
Un projet en cours applique la suspension Tayco à une « station wagon » CHEVROLET, dont une photographie est jointe p. 23. Taylor souhaite mener des essais comparatifs avec « un seul bras de suspension, un accumulateur central et la pompe » de Citroën, face au propre bras « LIQUID SPRINGS » de Tayco p. 23.
Pour obtenir les pièces Citroën, il évoque une commande passée auprès de « Georges LENZE », restée sans suite en raison de « ses difficultés financières » p. 23, et demande directement à Citroën prix et délais de livraison des pièces.
Éloge de la suspension Citroën
Taylor multiplie les compliments : « la suspension CITROEN est unique » p. 22, confirmée par des essais à l'accéléromètre. Il relate une anecdote personnelle comparant sa Citroën à sa Chevrolet sur neige et verglas, où celle-ci « a roulé deux fois moins vite » p. 23. Il conclut en proposant de mettre « gratuitement à la disposition de CITROEN toutes les données concernant [sa] suspension », hors brevets propres p. 23.
Contexte
Au tournant des années 1960, la suspension hydropneumatique de la DS Citroën, mise au point notamment par Paul Magès, jouit d'une réputation technique considérable outre-Atlantique. Les sociétés américaines spécialisées dans les amortisseurs et ressorts hydrauliques, comme Tayco ou Wales-Strippit (fabricant des « Hydra-Springs »), suivaient de près ces innovations, cherchant des applications industrielles (poids lourds, ferroviaire) distinctes du marché automobile grand public visé par Citroën.
Regard d'archiviste
Cette lettre témoigne, avec un ton admiratif et une grande franchise commerciale, de l'attention que portait la concurrence américaine aux innovations de Paul Magès. Il semble que Taylor cherche moins à concurrencer frontalement Citroën qu'à obtenir une collaboration technique, tout en valorisant sa propre invention pour des usages lourds.
Le document s'inscrit probablement dans un dossier plus large sur les échanges entre Citroën et Tayco : on peut le rapprocher de la Note « Suspension pour véhicules » comparant Tayco, Rabinow et Citroën, ainsi que des réflexions internes ultérieures de Magès sur la comparaison ressort à gaz / ressort liquide, qui semblent faire écho, quelques mois plus tard, à ces échanges avec Tayco.
Dans le même dossier

Note de service Thaon-Cadiou (18 mars 1955) : transmission de documentation sur les « Hydra-Springs »

Note Tayco : comparer le « Liquid Spring » à la suspension Citroën, « meilleure du monde »

Note Magès : comparaison chiffrée du ressort à gaz DS et du ressort liquide Tayco (6 mars 1961)
Datation
12 décembre 1960
Document
2 pages
Source : « Scanner 5 août 2025 à 14.37.pdf », p. 22–23
Tags
Catégorie
Note d'archivage
Page de titre manuscrite p.22 (« 12-12 », proposition TAYCO) suivie de la page « - 2 - » signée Paul H. TAYLOR p.23 ; pagination et date 12/12/60 concordantes.

