Brouillon de lettre de Paul Magès à M. Grosseau sur le véhicule F (1967)
Un brouillon manuscrit où Paul Magès expose ses inquiétudes sur la rigidité et le poids du « véhicule F », tiraillé entre exigences de qualité et délais imposés par la direction.

Comprendre ce document
Dans ce document
Ce brouillon manuscrit, difficilement lisible par endroits, est une lettre que Paul Magès prépare à l'intention de M. Grosseau, faisant suite à une « conversation de lundi 13 » p. 91. Une annotation en marge indique explicitement qu'il s'agit d'une « question du véh. F → Grosseau » p. 91, et une autre note au crayon rouge date le document de « probablement début 67 » p. 91.
Le contexte de la demande
Magès rapporte que « les Patrons ont admis de faire tout ce qui serait nécessaire pour sortir une voiture de qualité », tout en maintenant la date de sortie prévue p. 91. Il juge cette position « logique » de leur part, mais s'inquiète du retard qu'impliquent les nouvelles études jugées indispensables — retard qui, selon lui, « ne peut pas être chiffré aujourd'hui » p. 91.
Les points techniques soulevés
Deux zones sont identifiées comme problématiques : la modification du bras supérieur avant et de « tout l'ensemble arrière », dont le temps d'étude pourrait être estimé, et surtout la rigidification de l'avant — berceau et caisse — qui « inquiète beaucoup plus » Magès « étant donné les résultats constatés » p. 91.
Il mentionne que M. Hordet fait préparer des mesures de déformation de l'avant, et demande que M. Muratet exploite ces essais pour bien cerner les points faibles ; il souhaite aussi qu'un responsable chez M. Fleury précise les parties du soubassement ou de la caisse à ne pas modifier, tout en insistant qu'il faut « raidir à tout prix » p. 91.
Les réserves finales
Magès redoute que l'architecture actuelle rende ces raidissements difficiles et fasse « encore augmenter les poids » p. 92. Il doute qu'on puisse attendre la rentrée, et souhaite trouver « une solution acceptable ne perturbant pas trop les délais prévus » p. 92. Il conclut en demandant que les « patrons » soient informés qu'« aujourd'hui nous n'en savons rien », précisant que M. Louis, chargé des programmes, devrait pouvoir les avertir p. 92.
Contexte
Le « véhicule F » évoqué ici correspond, dans le vocabulaire interne de Citroën de cette époque, à un projet de développement qui n'a pas abouti sous cette désignation à une commercialisation identifiable directement sous ce nom — les archives Magès emploient couramment des lettres de code pour désigner des projets en cours d'étude. Le contexte général de la fin des années 1960 chez Citroën est marqué par la recherche permanente d'allègement des structures tout en garantissant la rigidité nécessaire à la tenue de route, enjeu central pour les véhicules équipés de la suspension hydropneumatique mise au point par Magès.
Regard d'archiviste
Ce brouillon offre un aperçu rare des tensions internes entre exigences de la direction (délais) et exigences techniques (qualité, rigidité) telles que vécues par Magès lui-même. Le ton est celui d'un ingénieur soucieux d'alerter sa hiérarchie sans pour autant bloquer le calendrier industriel — une position d'équilibriste qui semble caractéristique de son rôle p. 91-92.
Il serait probablement utile de rapprocher ce document d'autres notes de la même chemise traitant de problèmes de structure ou de délais, telle que la Note de Paul Magès sur la suspension de l'AP (22 février 1963), pour mieux situer la méthode de travail de Magès face aux contraintes de développement des différents projets Citroën.
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Datation
1967
Document
2 pages
Source : « Scanner 8 août 2025 à 15.18.pdf », p. 91–92
Catégorie
Note d'archivage
Brouillon manuscrit p.91-92 sans date portée, placé avant les notes du 30.1.67 ; entrée du sommaire « 1967 ».

