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Note de Paul Magès sur la suspension de l'AP (22 février 1963)

Dans cette note manuscrite adressée à sa direction, Paul Magès défend sa méthode de travail sur la suspension de l'« AP » face aux inquiétudes exprimées lors d'une conférence interne, et détaille les contraintes techniques du projet.

Note de Paul Magès sur la suspension de l'AP (22 février 1963) — page 26
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Contexte de la note

Cette note manuscrite fait suite à « la conférence "Suspension" du 21.2.63 », dont les participants sont listés : MM. Cadion, Houdet, de Casteljau, Nongaron, Kermann, Sequec, Chinon, Grosseau, Petitdidier, Loris et Magès p. 26. Paul Magès y répond à une inquiétude de la direction sur les moyens mis en œuvre pour l'étude de la suspension « en général et de l'AP en particulier » p. 26.

La défense de sa méthode

Magès refuse la facilité de dire que rien de mieux ne peut être fait sans les moyens proposés par M. Nongaron, jugeant que « cela ne serait pas honnête » p. 26. Il rappelle que dès 1945 une étude sur les moyens nécessaires avait été envisagée, évoquant la « Route type » prévue par M. Roche, projet resté sans crédits p. 26. Il affirme ne pas oser engager de tels frais, estimant le bénéfice attendu « mince » p. 26, tout en reconnaissant l'utilité de personnel qualifié supplémentaire et de « quelque petit matériel » p. 26.

Les paramètres de l'AP

Magès détaille les contraintes qui, selon lui, enferment le problème de l'AP : poids maxi à vide, poids mini à l'avant, débattement et variation d'assiette, inclinaison dans les virages p. 26. Il en conclut que les caractéristiques mécaniques des ressorts sont « pratiquement déterminées » sans risque d'obtenir une suspension trop moelleuse p. 26-27, et que le seul point restant à résoudre est un « amortissement convenable » — problème pour lequel, écrit-il, personne à ce jour n'est capable d'apporter une aide p. 27.

Transmission et suites

Magès signale que cela « aurait dû être la conclusion » de la conférence, craignant une incompréhension chez les personnes non familières du sujet p. 27. La note, datée du 22.2.63, se termine par une demande de transmission à « MM Bercot et Bercudo » p. 27. Une annotation ultérieure, du 27.8.64, indique que la pièce fut « rendu[e] à M. Cadion » par un tiers dont le nom reste incertain, avec la mention « d'accord P.M. » p. 26.

Contexte

L'« AP » désigne vraisemblablement, dans le vocabulaire interne Citroën de cette époque, un projet automobile en développement — le sigle renvoie couramment au futur modèle qui deviendra l'Ami ou à un projet de gamme intermédiaire, sans que le document ne le précise explicitement.

Paul Magès est, pour Citroën, l'inventeur de la suspension hydropneumatique, déjà appliquée à la DS depuis 1955. Au début des années 1960, la marque explore son extension à d'autres modèles, ce qui explique les tensions budgétaires évoquées ici entre ambitions techniques et arbitrages de la direction.

Pierre Bercot est alors le dirigeant de Citroën ; la mention de son nom en fin de note souligne l'importance hiérarchique accordée par Magès à ce message.

Regard d'archiviste

Ce document offre un rare aperçu de la position personnelle de Magès face à sa hiérarchie : il y assume, avec une certaine fermeté teintée de prudence (« Personne n'est obligé de me croire »), les limites de ses moyens tout en défendant la rigueur de sa méthode empirique. Le ton est celui d'un ingénieur soucieux de transparence plutôt que de justification opportuniste.

Il semble que cette note s'inscrive dans la continuité des échanges techniques et institutionnels de l'époque, notamment avec les Conférences BBC de novembre-décembre 1960 et le résumé de la séance BBC du 22 février 1962, qui témoignent déjà des discussions internes sur l'amélioration continue de la suspension.

La proximité chronologique avec les Notes de conférence du 28 février 1963 suggère que ce dossier documente un moment charnière de tension entre exigences techniques et contraintes budgétaires, probablement révélateur des débats qui animaient alors le bureau d'études sur l'avenir de la suspension Citroën.

Datation

22 février 1963

Document

2 pages

Source : « Scanner 8 août 2025 à 15.18.pdf », p. 26–27

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

Dates 22.2.63 p.26-27, pagination 35-36 ; entrée du sommaire.