Note 39 de Paul Magès (13 mai 1963) : alerte sur le renforcement des barres anti-roulis AR
Une note manuscrite où Paul Magès met en garde contre le renforcement de la barre anti-roulis arrière sur DS, suivie d'un rappel ultérieur évoquant un accident mortel.

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La note du 13 mai 1963 (p. 36)
Paul Magès écrit à M. Cadion une note de sécurité numérotée « 39 ». Il relate avoir essayé « ce matin » une voiture de M. Nougaron équipée d'un « ensemble propulseur P1 », montée avec une barre anti-roulis arrière plus forte que la série (« 25 mm. paraît-il ») p. 36.
Il affirme que, compte tenu du « jeu que nous savons », on ne peut « pas modifier, dans ce sens, le rapport d'anti-roulis sur DS sans risquer des consequences irreparables » p. 36. Il précise qu'on peut essayer librement en mécanique « tant que cela ne touche pas les problemes de securité ».
Sa recommandation : pour limiter l'inclinaison de la voiture, il faut renforcer en même temps la barre AV et la barre AR, en conservant le même rapport. Il ajoute qu'en cas de pneu avant plus fort, il faudrait revoir ce rapport (augmentation de la barre AV ou réduction de l'AR) p. 36.
Un encadré au crayon rouge contient une réponse manuscrite d'un correspondant (lecture incertaine, signée « V 13/5-63 ») indiquant un accord avec Magès et qu'« il n'est pas prudent de toucher au [rouleau] AR » p. 36.
Le rappel ultérieur (p. 37)
Un second document, adressé à « M. Castion », rappelle la « note N° 39 du 13 mai 63 » au sujet du diamètre des barres anti-roulis AR « des voitures de M. Nougaron » p. 37.
L'auteur signale que, environ trois mois plus tôt, « il y a eu un accident mortel avec une voiture de ce service » p. 37, et s'interroge : « Cette voiture avait-elle une barre renforcée ? ». Il renouvelle sa mise en garde et pose la question de responsabilité : « Quelle personne peut prendre, en connaissance de cause, la responsabilité de laisser sur des voitures des barres AR renforcées » p. 37. Plusieurs passages de cette page sont raturés et illisibles.
Contexte
La DS Citroën, dotée de la suspension hydropneumatique inventée par Paul Magès, reposait sur un équilibrage fin entre barres anti-roulis avant et arrière pour garantir la tenue de route sans compromettre la sécurité. Le « service de M. Nougaron » évoqué ici renvoie probablement à une équipe d'essais internes chez Citroën, mais ce point n'est pas précisé dans le document.
Regard d'archiviste
Cette pièce en deux temps illustre le rôle de vigilance technique que Magès exerçait au-delà de la seule invention : il alerte sa hiérarchie sur un risque précis, documente son essai personnel, puis relance l'alerte après un drame qu'il relie explicitement — sous forme interrogative — au sujet initial p. 36-37.
La tonalité pressante du second courrier, avec sa question de responsabilité laissée ouverte, suggère qu'il semble ne pas avoir obtenu de réponse satisfaisante après sa première note. Ce document fait écho à d'autres alertes de sécurité de Magès dans le même dossier, notamment la Note BEA 43.027 à M. Duclos sur la sécurité de fonctionnement de l'hydraulique et l'Enquête n° 5.719 sur les fuites hydrauliques, confirmant une préoccupation constante de l'ingénieur pour la sécurité des utilisateurs face aux modifications non maîtrisées de ses systèmes.
Dans le même dossier

Note de Paul Magès sur la suspension de l'AP (22 février 1963)

Enquête n° 5.719 : Paul Magès inventorie les fuites hydrauliques de la DS 19 (25 janvier 1962)

Résumé de séance BBC du 22 février 1962 : suspension, boîte de vitesses et transmission hydrostatique
Datation
13 mai 1963
Document
2 pages
Source : « Scanner 8 août 2025 à 15.18.pdf », p. 36–37
Tags
Catégorie
Note d'archivage
Date 13-05-63 et n° 39 p.36 ; p.37 rappelle « ma note N° 39 du 13 mai 63 » ; entrée du sommaire.

