Demande de brevet dossier 4.379 : la valve à trois voies à recouvrement réglable (20 mai 1961)
Note technique signée par Paul Magès expliquant, schémas et essais à l'appui, le principe d'une valve à trois voies à recouvrement réglable, brevetée sous le dossier 4.379.

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Le problème : deux systèmes de valves, deux défauts
Le texte, rédigé pour accompagner une demande de brevet (dossier 4.379), commence par exposer pédagogiquement le fonctionnement des tiroirs de distribution hydraulique existants.
Le système à « centre ouvert » a un débit continu et ne peut alimenter qu'un seul circuit par pompe, mais il permet un réglage de pression facile : la pression dans l'utilisation U passe de zéro au maximum sur une course égale à l + l' p. 34.
Le système à « centre fermé » peut au contraire alimenter plusieurs circuits sans perte d'énergie, mais son réglage de pression est beaucoup plus difficile, rendant « l'utilisation d'un tel procédé pour un asservissement précis pratiquement impossible » p. 34.
Dans les deux cas, la course totale nécessaire pour faire varier U de zéro au maximum reste l + l', ce qui est jugé « toujours nuisible dans le cas d'asservissement » p. 35.
L'objectif et le principe du recouvrement réglable
Le but affiché est de cumuler les avantages des deux systèmes sans leurs défauts, en réduisant la course nécessaire. Une note manuscrite précise que le « recouvrement » ne dépend pas seulement de la différence L - L', mais aussi du jeu e et de la forme des arêtes A et A' p. 35.
Un distributeur d'essai est usiné selon la figure 3 du brevet : tiroir de 6,35 mm de diamètre (1/4 de pouce), avec un jeu dans l'alésage compris entre 1 et 2 microns p. 35.
Le montage d'essai
Le montage comporte une vis V réglant la position longitudinale du tiroir, mesurée par un comparateur C, et une tige T réglant sa position angulaire pour modifier le recouvrement. L'orifice 3 est relié à la haute pression (manomètre P), l'orifice 5 à l'utilisation (manomètre U), l'orifice 4 à l'échappement vers une éprouvette E p. 36.
Les résultats
En réglant la tige T sur la position de « goutte à goutte », la pression U passe progressivement de zéro à la pression maximale — 150 kg/cm² dans cette expérience — en moins de 5/100 de millimètre, sans augmentation de fuite. En augmentant encore le recouvrement (étanchéité totale, « centre fermé »), il faut déplacer le tiroir de plus de 20/100 mm, avec moins de précision p. 37.
Le document conclut que la solution de réglage retenue, décrite dans la demande de brevet avec trois exemples de réalisation, permet d'obtenir et de retoucher cette condition « goutte à goutte » impossible à atteindre économiquement par simple précision d'usinage. La note est signée « Magès », datée du 20.5.61 p. 37. Ce travail s'inscrit dans la longue carrière de Paul Magès au bureau d'études de Citroën, qu'il rejoint en 1925 et où il reste 49 ans, jusqu'à sa retraite en 1974 (notes autobiographiques ; photographies du départ à la retraite).
Contexte
À titre de repère général, les valves à tiroir et le réglage fin de la pression hydraulique sont des composants clés des systèmes de suspension et de direction hydropneumatiques développés par Citroën à partir des années 1950, notamment sur la DS — présentée le 6 octobre 1955, quelques années avant cette demande de brevet de 1961. Le soin apporté ici à la précision micrométrique (jeux de l'ordre du micron, courses de quelques centièmes de millimètre) illustre les exigences de fiabilité et de sensibilité recherchées pour les asservissements hydrauliques de l'époque, sans que le document ne fasse lui-même référence à un véhicule particulier.
Regard d'archiviste
Ce document a probablement une valeur de pièce justificative technique destinée à appuyer la rédaction du texte de brevet : il ne s'agit pas du brevet lui-même mais d'une explication pédagogique, presque didactique, du problème résolu, rédigée et signée par Paul Magès p. 37.
L'intérêt principal réside dans la démonstration expérimentale chiffrée — jeu de quelques microns, course de quelques centièmes de millimètre — qui rend tangible l'apport du dispositif de « recouvrement réglable » par rapport aux tolérances d'usinage classiques, jugées ici insuffisantes.
Ce dossier de valve à trois voies s'inscrit dans la même veine de recherche sur les organes de régulation hydraulique que l'on retrouve dans d'autres pièces de la boîte, comme la 2e addition au brevet P.685.691 sur un régulateur de débit à disques percés, et pourrait être rapproché du sommaire de la chemise « Organes hydrauliques » pour resituer sa place dans l'ensemble du dossier.
Dans le même dossier

Brevet ajourné : valve à trois voies à longueur de recouvrement réglable (22 déc. 1959)

2e addition au brevet P.685.691 : un régulateur de débit à disques percés (1956)

Étude Magès : valve de distribution à 3 voies à recouvrement réglable (26 juin 1961)
Datation
20 mai 1961
Document
4 pages
Source : « Scanner 6 août 2025 à 16.22.pdf », p. 34–37
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Catégorie
Note d'archivage
p.34 : « Demande de brevet - Dossier 4.379 », page n° 1 ; pagination 2 à 4 p.35-37 ; p.37 datée 20.5.61 signée Magès.



