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Note développée de Magès à l'ingénieur Gauvin sur la réglementation de la tenue de route

Le 7 novembre 1970, Paul Magès rédige une réponse argumentée au service des Mines, défendant le savoir-faire de Citroën en liaison au sol et proposant un plan au cinquième comme document de référence pour juger la tenue de route.

Note développée de Magès à l'ingénieur Gauvin sur la réglementation de la tenue de route — page 17
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Cette note manuscrite, datée du 7 novembre 1970, est la réponse de Paul Magès à une lettre de l'ingénieur des Mines M. Gauvin (référencée « AA.414.70 », datée du 29 octobre 1970) portant sur un projet de réglementation des essais de tenue de route.

Une question sur l'équité de la réglementation

Magès s'interroge d'emblée sur une clause prévoyant que les documents et essais exigés « ne seront jamais demandés aux constructeurs notoirement connus » p. 17. Il y voit un risque d'iniquité : les « petits constructeurs » seraient contrôlés alors que les grands pourraient continuer à livrer des véhicules « dont le comportement mériterait une amélioration » p. 17.

Les limites des documents demandés

Il juge que plans, perspectives ou photographies ne permettent pas de juger du comportement réel d'un véhicule p. 18. Il relève une incohérence : la liste de documents exigés détaille l'essieu avant mais pas l'essieu arrière, « pourtant celui-ci est plus important encore » p. 18. Il souligne aussi que les épures statiques ne rendent pas compte des déformations élastiques sous charge p. 18-19.

La pratique Citroën et la suspension oubliée

Magès évoque « la petite cuisine » propre à chaque constructeur p. 19 et affirme que chez Citroën, on cherche à obtenir des épures peu influencées par les déformations, ce qui « coûte cher » p. 19 — tout en s'inquiétant que cette exigence interne ne finisse par nuire à la compétitivité commerciale face à la concurrence p. 19. Il note surtout l'absence, dans la liste de documents demandés, de toute mention de la suspension, de l'amortissement et de la raideur de roulis, « influence primordiale » selon lui p. 19.

Sur la rigidité de caisse et les essais proposés

Concernant l'essai de rigidité de torsion et de flexion de caisse, il affirme connaître « des voitures qui sont deux fois moins rigides en torsion que d'autres et qui tiennent mieux la route » p. 20, et juge ce critère négligeable face à la suspension. Il passe en revue les essais 1 à 4 (vitesse maximale, tenue sous accélération transversale, déboîtement, zigzag), interrogeant à chaque fois les conditions d'essai (état de surface, coefficient d'adhérence) p. 20-21.

En conclusion, il propose qu'un plan au cinquième de la liaison au sol du véhicule, avec charges sur roues, dimensions des pneumatiques et démultiplication de direction, serve de document de référence suffisant p. 21, et souhaite une rencontre avec l'ingénieur Gauvin p. 22.

Contexte

Le service des Mines, en France, encadre l'homologation des véhicules. Au début des années 1970, la question de la tenue de route devient un enjeu réglementaire croissant, dans un contexte où les suspensions hydropneumatiques Citroën (héritées de la DS, puis appliquées à la SM) se distinguaient nettement des solutions classiques à ressorts métalliques utilisées par la concurrence.

Regard d'archiviste

Ce document, plus développé qu'une autre réponse de Magès à Gauvin datée du même jour, semble être une version retravaillée où l'ingénieur affine son argumentaire technique point par point.

Il illustre la position singulière de Magès : défendre le savoir-faire artisanal et coûteux de Citroën en matière de liaison au sol, tout en résistant à une réglementation qu'il juge techniquement mal calibrée — notamment son silence sur la suspension, pourtant au cœur de son propre travail d'inventeur. Les nombreuses ratures et reprises p. 17-21 témoignent d'un texte en cours d'élaboration, probablement destiné à être mis au propre avant envoi.

Datation

7 novembre 1970

Document

6 pages

Source : « Scanner 5 août 2025 à 15.33.pdf », p. 17–22

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

P.17 nouvel en-tête « S. Magès BEA. 7.11.70 — Lettre AA.414.70 du 29 oct 1970 de M. GAUVIN » marquant le début d'une nouvelle rédaction ; p.18-22 poursuivent le même texte jusqu'à la signature p.22.