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Réponse de Magès au service des Mines sur les essais de tenue de route (7 nov. 1970)

Paul Magès répond point par point à un projet d'instruction du service des Mines sur les essais de tenue de route, dénonçant l'absence de prise en compte de la suspension.

Réponse de Magès au service des Mines sur les essais de tenue de route (7 nov. 1970) — page 12
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Réponse générale à la lettre AA.414.70

Paul Magès rédige, pour le BEA (Bureau d'Études Avancées), une réponse manuscrite à l'ingénieur des Mines M. Gauvin, datée du 7 novembre 1970 p. 12. Il commente un « projet d'instruction » relatif à la documentation et aux essais de « tenue de route », daté des 23 et 27 octobre 1970 p. 12.

Magès approuve le principe d'un encadrement de la sécurité, mais interroge une clause du projet stipulant que ces exigences ne viseraient que les constructeurs « non notoirement connus ». Il demande si les constructeurs établis pourraient ainsi continuer à livrer des véhicules « dont le comportement mériterait une amélioration » p. 12.

Sur les documents techniques à fournir

Magès juge la simple production de plans, vues en perspective ou photographies insuffisante pour juger du comportement d'un véhicule p. 13. Il relève que le projet demande des détails sur l'essieu avant et la direction, mais rien sur l'essieu arrière, qu'il estime « plus important encore » p. 13.

Il souligne aussi que les plans ne rendent pas compte des déformations élastiques sous charge, chaque constructeur ayant sa « petite cuisine » empirique. Chez Citroën, dit-il, on s'efforce de limiter ces déformations, « cela nous coûte cher » p. 13.

Il note enfin qu'aucune précision n'est demandée sur la suspension, l'amortissement ou la rigidité de roulis avant et arrière, éléments qu'il juge « absolument indispensables » p. 14. Il propose à la place un plan au cinquième de la liaison au sol avec cotes, charges sur roues et pneumatiques p. 14.

Sur les essais proposés

Magès commente point par point cinq essais envisagés p. 15-16 :

EssaiObjetRemarque principalePage
1Vitesse maximalePas d'observationp. 15
2Accélération transversale constanteQuestion sur l'état de surface et l'adhérencep. 15
2 bisAngle de braquage / accélérationCoefficient d'adhérence jugé importantp. 15
3DéboîtementDépend de l'état de surface et de l'adhérencep. 15
4ZigzagDépend de l'adresse du conducteur et de la directionp. 15
5Rigidité de torsion/flexion de caisseInfluence jugée « très discutable »p. 15

Sur l'essai 5, il affirme connaître « des voitures qui sont deux fois moins rigides en torsion que d'autres et qui tiennent mieux la route », concluant que ce facteur est « negligeable a coté de l'importance de la suspension », laquelle n'est « pas mise en évidence » dans les essais proposés p. 15.

Il ajoute que sur une piste à bonne adhérence et « en air calme », toutes les voitures se comportent bien à quelques défauts près, et suggère de tester plutôt sur des surfaces déformées ou glissantes, ainsi qu'en ligne droite lors du franchissement d'une déformation de route d'un seul côté p. 16.

Contexte

Le service des Mines est, en France, l'organisme chargé d'homologuer les véhicules automobiles ; ses instructions techniques encadrent alors les normes de sécurité, dont la tenue de route.

Chez Citroën, la suspension hydropneumatique, mise au point par Paul Magès et déployée notamment sur la DS puis la SM, constitue une signature technique de la marque à cette époque — un système où le comportement dynamique dépend fortement de la suspension plus que de la rigidité pure de la caisse, contrairement aux approches plus classiques de la concurrence.

Regard d'archiviste

Ce document illustre le rôle de Magès comme expert technique consulté par sa hiérarchie (le BEA) face à une administration extérieure, dans un registre argumentatif et pédagogique plutôt que purement technique.

Il défend, page après page, une thèse cohérente avec l'ensemble de son œuvre : la suspension est, selon lui, sous-estimée dans l'appréciation de la tenue de route au profit de critères plus visibles comme la rigidité de caisse p. 15. Ce plaidoyer fait écho à une autre note du même jour, la Note de Magès du 7 novembre 1970 sur la réglementation de la tenue de route (réponse à l'ingénieur Gauvin), qui semble traiter du même échange avec les Mines.

Le ton mêle défense de l'expertise Citroën — non sans une pointe de fierté sur le coût des épures « influencées le moins possible par les déformations » p. 13 — et inquiétude commerciale face à une éventuelle obligation de s'aligner sur des pratiques concurrentes moins exigeantes.

Datation

7 novembre 1970

Document

5 pages

Source : « Scanner 5 août 2025 à 15.33.pdf », p. 12–16

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

P.12 en-tête « Magès BEA — Réponse à M. Gauvin — Tenue de route — 7.11.70 » et page numérotée 1 ; p.13-16 enchaînent les rubriques « Documents à fournir » puis « Essais exigés » (p.15 datée 7.11.70), avant la reprise d'une nouvelle version p.17.