Note manuscrite (1957) : projet de « carte lumineuse » pour se diriger en voiture
Une note manuscrite de Paul Magès datée du 15 septembre 1957 imagine un système de navigation embarqué : une carte routière photographiée sur film 8 mm et projetée sur un écran lumineux à bord du véhicule, avec calculs de faisabilité et de coûts.

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Le principe de la « carte lumineuse »
La note, datée du 15 septembre 1957, expose l'idée d'une carte routière photographiée sur film 8 mm, découpée en trois niveaux d'échelle : « 1° Ensemble », « 2° par éléments d'une certaine échelle », « 3° les points particuliers (ville) de chaque élément, à grande échelle » p. 1. Le film serait projeté à bord du véhicule sur un « écran lumineux à intensité variable », avec un « repérage du lieu » et une « recherche automatique » p. 1.
Les calculs de faisabilité
L'auteur détaille un calcul métrique : un film 8 mm compte « 262 images par mètre », soit 3930 images pour 15 mètres de film p. 1. Il compare cela à la surface d'une carte Michelin (« 1100 m x 480 ») et estime qu'il faudrait environ 24 images par carte, soit « moins de 1000 images » pour couvrir la France entière (40 cartes x 24 = 960) p. 1.
Les avantages listés incluent le « grossissement variable », l'« éclairement variable », une « recherche plus rapide » et la possibilité de présenter des « détails », des « avertissements » ou des « vues », ainsi qu'un « grossissement des points délicats » p. 1. Un inconvénient est aussi noté : « moins lumineux », « non pratique » p. 1.
Estimation de coûts et prolongements (p. 2)
La seconde page compare un coût de « 4000 x » pour 40 cartes (à 100 x l'unité) au prix « d'un film couleur » de « 1700 x », ce dernier permettant 3900 images contre 960 nécessaires p. 2.
L'auteur envisage ensuite des « films possibles pour itinéraires déterminés », utilisables « dans un sens » et « dans l'autre », avec des « vues photo des croisements ou traversées de ville » et un « kilométrage indiqué sur chaque vue », à mettre en regard du kilométrage réel de la voiture p. 2. Une grille de chiffres et une liste de codes (« Ao A1 A2 », « Bo B1 B2 ») accompagnent ces notes, sans que leur fonction exacte soit explicitée dans le texte p. 2.
Contexte
Cette réflexion se situe dans les années qui suivent la sortie de la DS (1955), période où Paul Magès, ingénieur Citroën surtout connu pour la suspension hydropneumatique, explore diverses pistes d'innovation embarquée. Le GPS n'existant pas encore, l'idée d'un système de guidage visuel embarqué relève d'une anticipation notable pour l'époque — les cartes Michelin papier étant alors l'unique référence de navigation automobile.
Regard d'archiviste
Ce document témoigne, semble-t-il, d'une facette moins connue du travail de Magès : au-delà de la mécanique de suspension, un intérêt pour l'assistance à la conduite et l'ergonomie du poste de pilotage. Le raisonnement chiffré — coût des cartes, capacité du film, nombre d'images — montre une démarche d'ingénieur cherchant à valider la viabilité économique d'une idée avant tout développement technique.
Il est probable que cette note reste au stade de l'esquisse personnelle, sans suite industrielle attestée dans ce document. Elle mérite néanmoins d'être rapprochée d'autres projets annexes de Magès touchant à l'instrumentation ou à l'assistance du conducteur, si de telles archives existent dans le fonds.
Datation
15 septembre 1957
Document
2 pages
Source : « WEB 72 — 1950. Projet d'une carte lumineuse pour se diriger en voiture. -.pdf », p. 1–2
Catégorie
Note d'archivage
Date portée en tête de la p.1 (« 15. sept 1957 ») ; la p.2, sans date ni en-tête, poursuit directement le même sujet (chiffrage du coût des cartes et des films, itinéraires) et forme donc une seule note de deux feuillets. Le titre du PDF mentionne 1950, non attesté par les pages.




