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Notes de Paul Magès sur la suspension hydraulique Dowty (février 1946)

En février 1946, Paul Magès dissèque par le calcul la suspension à ressort liquide Dowty repérée dans la presse britannique, avant de la juger « irrationnelle pour l'automobile ».

Notes de Paul Magès sur la suspension hydraulique Dowty (février 1946) — page 1
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Références et origine de l'étude

La note est datée par les références bibliographiques manuscrites portées en haut de la première page : Automobile Engineer, février 1946, p. 79, et Autocar, février 1946, p. 103 p. 1. Ce sont ces deux revues britanniques qui semblent avoir inspiré à Paul Magès l'examen de la suspension hydraulique Dowty, dont il reproduit un croquis (bras articulé relié à un cylindre allongé) sous le titre « Suspension Hydraulique Dowty » p. 1-2.

Le calcul de Magès

Magès part d'un volume de cylindre de 5600 (mm³ ou cm³, unité non précisée) et compare ce volume, une fois la tige rentrée, à une valeur réduite d'environ 4820, ce qui correspond selon lui à 14 % d'élasticité nécessaire p. 2.

Pour obtenir cette variation de volume avec le liquide utilisé, il note qu'il faudrait, d'après un graphique d'élasticité, passer d'une pression de 0 à 2500 kg/cm² p. 2.

Avec une section de tige de 5 cm², il en déduit un effort en fin de course de 5 × 2500 = 12 500 kg p. 2.

GrandeurValeurPage
Volume cylindre5600p. 2
Volume réduit (tige rentrée)≈ 4820p. 2
Élasticité nécessaire14 %p. 2
Pression requise0 → 2500 kg/cm²p. 2
Section de tige5 cm²p. 2
Effort en fin de course12 500 kgp. 2

Conclusion technique

Magès relève que le dispositif Dowty ne tient pas compte de l'élasticité propre du cylindre, qui doit selon lui « entrer pour une grande part dans la flexibilité » p. 2, de même que l'élasticité des attaches, compte tenu des efforts en jeu p. 2. Il évoque aussi, sans les développer, plusieurs points critiques : tenue des joints à ces pressions, frottements, efforts tranchants, articulations p. 2.

Il conclut : « Solution irrationnelle pour l'automobile » p. 2, tout en nuançant en page 3 : « Il est possible que la solution soit acceptable pour l'aviation où le problème est surtout un problème d'amortissement » p. 3.

Une annotation ultérieure, datée du 6 mars 1961, relie explicitement ce document à une réflexion comparative entre « ressort liquide » et « ressort à gaz » p. 1.

Contexte

La suspension Dowty évoquée ici est un système britannique à ressort liquide, développé notamment pour l'aéronautique (trains d'atterrissage). Dans l'après-guerre, plusieurs ingénieurs explorent les propriétés élastiques des liquides sous forte pression comme alternative aux ressorts métalliques classiques.

Chez Citroën, ces recherches croisent les travaux qui mèneront à la suspension hydropneumatique, présentée en 1954 puis intégrée à la DS en 1955 : un système combinant gaz (azote) comprimé et liquide, précisément pour éviter les écueils que Magès identifie ici dans le système Dowty (efforts et pressions excessifs sur un liquide seul).

Regard d'archiviste

Ce document de 1946 est précieux : il montre Paul Magès en veille technologique très en amont de la mise au point de la suspension Citroën, analysant par le calcul une solution concurrente pour en évaluer la pertinence — et la rejeter pour l'automobile p. 2.

Le chiffrage précis (14 % d'élasticité, 2500 kg/cm², 12 500 kg d'effort) illustre une démarche d'ingénieur rigoureuse, cherchant à quantifier avant de juger. Il semble que cette note ait été reprise plus tard, comme le suggère l'annotation de 1961 sur le feuillet superposé, dans le cadre d'une comparaison plus large entre ressorts liquides et ressorts à gaz — thème que l'on retrouve dans la note de comparaison ressort à gaz / ressort liquide du 6 mars 1961 et dans les brouillons manuscrits associés.

La nuance apportée en page 3 sur l'aviation montre que Magès ne rejette pas le principe du ressort liquide en soi, mais son application telle que conçue par Dowty pour l'automobile — une distinction qui éclaire la suite de ses recherches.

Datation

février 1946

Document

4 pages

Source : « Scanner 5 août 2025 à 14.37.pdf », p. 1–4

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

En-tête et pagination « PAGE N° 1 » communs p.1-2 ; références de presse « Fev.46 » portées p.1-2 ; p.3 même en-tête Sté Ame A. Citroën (remarque sur l'application aviation) ; p.4 plan/croquis sans en-tête rattaché à la même étude. La date « 6_03_61 » lue p.1 est vraisemblablement une annotation de classement postérieure.