Rapport d'essai du véhicule 6 roues Hotchkiss-Laffly (Super Contrôle, 6 juin 1940)
Compte rendu d'essai daté du 6 juin 1940 sur le véhicule 6 roues Hotchkiss-Laffly : 3 600 km parcourus, incidents mécaniques graves et solutions, comparaison avec un châssis Citroën, complété par une feuille de calculs de démultiplications.

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Le rapport d'essai (p. 2-3)
Ce rapport « Super Contrôle » du 6 juin 1940, adressé à M. Magès, rend compte d'un essai du véhicule 6 roues Hotchkiss-Laffly. Au total, le véhicule a parcouru 3 600 km, dont 270 km de rodage et 450 km tous terrains p. 2.
Le document liste les incidents graves rencontrés et les solutions proposées, sous forme de tableau à deux colonnes :
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Châssis cassé à 3 460 km (dont 400 TT) et entretoise d'essieu avant fêlée : le châssis Citroën d'origine avait tenu 4 194 km (dont 500 TT) avant de casser complètement ; un châssis renforcé a ensuite tenu 3 690 km (dont 640 TT) avant de se fêler ; ressoudé au fil « C.2. », il tenait encore après 2 000 km supplémentaires (dont 360 TT) p. 2.
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Direction d'origine : dents cassées à 1 780 km (dont 130 TT), flèche sur l'arbre de roue, cannelures matées. Des variantes testées (roue secteur plus épaisse seule, puis direction à 2 paliers) ont donné des résultats différenciés — la version à 2 paliers non renforcée, avec 1 810 km (dont 312 TT), n'a « rien à signaler » p. 2. Une indication pratique précise que lorsque le jeu au volant atteint 70 mm à la jante, il faut tourner le secteur de 180° p. 2.
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Pivot d'essieu : dandinement apparu à 1 400 km entre 16-18 km/h et 30-35 km/h ; solution proposée : grain à rotule avec cuvette inférieure, Timken conservé à la partie supérieure p. 2-3. Une comparaison est faite entre 3 800 km sur Citroën et 1 800 km sur le 6 roues Hotchkiss : le dandinement est supprimé, sans grippage ni détérioration p. 3.
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Roulement à aiguille sur le bol rotule Tracta : pulvérisé à 1 780 km ; solution par maintien du bol par collerette de centrage, changement du roulement, bol modifié et pare-huile — 4 000 km parcourus ensuite sans casse des aiguilles p. 3.
Les démultiplications (p. 4)
Une feuille manuscrite distincte, intitulée « W-15-T », détaille les démultiplications de la boîte de vitesses (B.V.), du réducteur et de la roue, avec schémas de pignons chiffrés.
| Vitesse | Route | Réducteur |
|---|---|---|
| 1ᵃ | 1/50,2 | 1/131 |
| 2ᵃ | 1/25,1 | 1/65,5 |
| 3ᵃ | 1/17,8 | 1/47 |
| 4ᵃ | 1/11 | 1/29 |
| AR | 1/60 | 1/160 |
Des vitesses horaires sont aussi calculées : à 1 000 tr/min en 4ᵉ (route), 13,95 km/h ; à 3 600 tr/min en 4ᵉ, environ 48,7 km/h ; en 1ʳᵉ réduite, 0,94 puis 3,4 (unité de développement) p. 4.
Contexte
Le Hotchkiss-Laffly évoqué est un véhicule militaire tout-terrain à six roues, catégorie de véhicules développés autour de la Seconde Guerre mondiale pour les besoins de l'armée française. La comparaison avec un châssis « Citroën » suggère un travail conjoint ou une réutilisation d'éléments Citroën sur ce prototype — pratique courante à l'époque entre constructeurs pour les études militaires.
Paul Magès, alors ingénieur chez Citroën, travaillait sur les problématiques de suspension et de tenue mécanique ; ce type d'essai de fiabilité intensive (rodage, tout-terrain) est caractéristique de la mise au point de véhicules robustes, préfigurant certaines préoccupations qui aboutiront plus tard à ses travaux sur la suspension hydropneumatique.
Regard d'archiviste
Ce document offre un aperçu concret des méthodes d'essai de l'époque : suivi kilométrique rigoureux, tableau comparatif des incidents et solutions itératives (renforcement, ressoudage, modification de pièces). Il semble que Magès ait été destinataire de ce type de rapport pour évaluer la tenue mécanique de véhicules à vocation militaire, dans un contexte où le châssis Citroën servait de référence de comparaison p. 2-3.
La date du 6 juin 1940 — quelques jours avant l'entrée des troupes allemandes à Paris — donne à ce document une valeur de témoignage sur l'activité industrielle en cours jusqu'aux derniers instants avant l'armistice. Il est probable que cette pièce ait été classée avec d'autres documents techniques de la même période, comme le suggère la page de garde « Documentation » datée du 6 juin 1940, qui pourrait être la chemise ayant contenu cette archive.
La feuille de démultiplications p. 4, bien que non signée ni datée explicitement, complète utilement le rapport en donnant le détail technique de la transmission du véhicule testé — un rare exemple de calculs bruts de Magès sur ce type de véhicule.
Dans le même dossier

Page de garde « Documentation » — sommaire manuscrit de chemise (6 juin 1940)

Cahier technique n° I de l'Association Amicale Citroën sur les transmissions par courroies (P. Pusard, janvier 1937)

Standards Citroën « Fabrications mécaniques » : traitements des aciers et duretés (mars 1935)
Datation
6 juin 1940
Document
3 pages
Source : « Scanner 1 août 2025 à 17.28.pdf », p. 2–4
Catégorie
Note d'archivage
Page 2 : en-tête « SUPER CONTROLE.- le 6 Juin 1940 M. Magès » avec signature ; page 3 paginée « - 3 - » poursuit le tableau des incidents ; page 4 feuille technique manuscrite de démultiplications rattachée au même essai.


