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« La DS : 30 ans après » — Interview de Paul Magès dans L'Est Républicain (1985)

Coupure de presse de L'Est Républicain du 10 novembre 1985 où Paul Magès, 77 ans, revient sur la genèse de la suspension hydropneumatique de la DS et le litige américain autour de son brevet.

« La DS : 30 ans après » — Interview de Paul Magès dans L'Est Républicain (1985) — page 1
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Présentation et légendes d’origine

Le 10 novembre 1985, Paul MAGÈS est à la retraite dans sa maison de Ramatuelle dans le Var, un journaliste de L'Est Républicain vient le questionner sur la DS 19.

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Une interview à l'occasion des 30 ans de la DS

L'article, signé Dominique Faivre-Duboz, paraît dans la rubrique « Avant-garde » de L'Est Républicain (annotation manuscrite « Est-Republicain 10 Nov. 1985 », p. 1). Il revient sur les pannes fréquentes de la DS à ses débuts en 1955 : « une flaque d'huile sous elle. Et pas moyen de la requinquer » p. 2. Paul Magès y est présenté comme « le père de la suspension hydropneumatique de la DS », alors âgé de 77 ans p. 1-2.

La genèse de l'hydropneumatique

Magès retrace le cheminement technique : la Traction de 1934 puis la 15 Six de 1939, équipées de barres de torsion jugées inconfortables (« coups de raquette à l'arrière »), puis la 2 CV, jugée trop souple mais limitée à 60 km/h p. 2. Pour la voiture qui doit succéder à la 11 CV, l'équipe cherche « une voiture aussi flexible que la 2 CV mais qui ne lève pas du cul » p. 1-2, d'où l'idée de « correction d'assiette ». Il détaille l'abandon des cônes de caoutchouc, remplacés par le gaz puis l'huile utilisée « à 150 kg » de pression, contre « 3, 4, 5 kg » pour les suspensions pneumatiques américaines jugées peu efficaces p. 2.

Le brevet et le litige américain

Selon Magès, seule la « correction de hauteur » fut brevetée p. 2. Il raconte avoir été envoyé à Los Angeles pour répondre à une accusation de contrefaçon fondée sur un brevet suédois, menace portée par une société d'avocats américaine ; Citroën aurait finalement réglé l'affaire à l'amiable p. 2.

Le problème de l'huile

Magès explique que l'huile hydraulique, chauffée « à 80° » plus d'une heure, devenait « acide et corrosive », provoquant les pannes en France, alors que les DS américaines, utilisant du liquide de frein comme sur la 15 Six H, n'en souffraient pas — solution jugée trop risquée sur la DS à cause de ses multiples circuits assistés p. 2.

Bilan et vie personnelle

Interrogé sur une éventuelle reconduite du projet, Magès affirme : « on ne la referait pas » et évoque un projet non concrétisé de petite structure dédiée aux voitures très chères, dont « l'accord avec Maserati vint trop tard » p. 2. Il précise rouler en GS, critique l'essieu McPherson de la BX, et confie vivre à Ramatuelle où il travaille sur « l'assainissement, les rejets à la mer, la courantologie », se disant sans titre d'ingénieur : « J'ai eu mon BEPS et c'est tout » p. 2.

Contexte

La Citroën DS, présentée en 1955, est restée célèbre pour son design avant-gardiste et sa suspension hydropneumatique, une prouesse technique pour l'époque. Le rapprochement industriel entre Citroën et Maserati, évoqué dans l'interview, a réellement existé dans les années 1970 (notamment pour la SM), mais ces éléments de contexte général ne sont pas développés par le document lui-même. En 1985, Magès est retraité de Citroën depuis onze ans (retraite prise en septembre 1974, photographies du départ à la retraite) et vit à Ramatuelle, où il s'engage dans la vie municipale (liste des membres du conseil municipal de Ramatuelle) ; son évocation des travaux sur « l'assainissement, les rejets à la mer, la courantologie » s'inscrit dans cet ancrage varois plutôt que dans une activité strictement professionnelle.

Regard d'archiviste

Cette coupure de presse offre un témoignage rare et direct de Paul Magès sur la genèse technique de son invention majeure, avec un ton vif et parfois polémique p. 1-2. Elle éclaire probablement, mieux que des documents techniques, la dimension humaine et les tensions industrielles (litige américain, comparaison avec McPherson) entourant l'hydropneumatique.

Le regret exprimé sur l'absence d'une structure d'essai dédiée aux « voitures très chères » semble révéler une frustration de l'ingénieur face aux contraintes industrielles de Citroën p. 2.

Datation

10 novembre 1985

Document

2 pages

Source : « WEB 101 — 1985. Interview de Paul MAGES par un journaliste de l'Est Républicain. -.pdf », p. 1–2

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Catégorie

Presse

Note d'archivage

Annotation manuscrite « Est-Republicain 10 Nov. 1985 » et en-tête p.1 ; p.2 poursuit le même texte (« Un matin, dimanche de préférence… ») et porte la signature de l'auteur Dominique Faivre-Duboz. Article continu sur les deux pages.