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Essai routier de la 15 Six H (ELV 412) par Paul Magès, 3-5 avril 1954

Compte rendu manuscrit de Paul Magès sur un essai routier de trois jours (3-5 avril 1954) de la Citroën 15 Six H « ELV 412 », à servodirection et freins hydrauliques, suivi de ses observations sur la conduite, le siège et la suspension hydropneumatique.

Essai routier de la 15 Six H (ELV 412) par Paul Magès, 3-5 avril 1954 — page 118
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Le compte rendu de l'essai (p. 118)

Le document consigne l'essai routier de la 15 Six H (référencée ELV 412), équipée de servodirection et de freins hydrauliques, mené les « 3.4.5 avril 1954 » p. 118.

Le parcours est détaillé jour par jour :

  • Samedi : départ de Chaville à 4h15, via Mâcon, Lyon, Avignon, jusqu'à Saint-Tropez à 14h55, soit 921 Km parcourus « en 10H40 – 23' » à environ « 90 Km/H » de moyenne p. 118.
  • Dimanche : de Saint-Tropez à Laffrey via La Garde-Freinet, Draguignan, Digne, Sisteron, Gap, le Col Bayard et Corps, soit 263 puis 344 km au total, sur « Route de virage » à 60 km/h de moyenne, puis un « trajet de nuit en montagne limité par éclairage latéral » p. 118.
  • Lundi : retour de Laffrey à Chaville (660 km en 7h45, environ 85 km/H) p. 118.

Des annotations relèvent des arrêts pour manque d'eau ou d'essence, ainsi qu'un « resserré culasse » et un « stud siège » souligné à deux reprises p. 118.

Observations techniques de Paul Magès (p. 119)

Sur la servodirection : « Manque de point fixe en ligne droite », une conduite mains sur les cuisses, coudes contre le dossier, où « le poignet seul travaille la plus part du temps ». Magès note l'envie de « deux accoudoirs » et juge que sur route sinueuse de montagne, le siège devrait être « en "baquet" » car on ne peut prendre appui au volant p. 119.

Il développe une réflexion sur l'équilibre entre l'effort au volant et la force centrifuge, celle-ci étant proportionnelle au poids du conducteur — argument repris de M. Hermet, partisan de longue date de sièges enveloppants. Conclusion : « Etude siège indispensable » p. 119.

Sur le servo-frein : « Trop de frein à l'arrière à vide » p. 119.

Sur la suspension : le circuit routier est jugé « vraiment idéal pour goûter la suspension dans tous les cas », avec mention d'« amortisseurs à disques déformables 1er modèle » p. 119.

Côté moteur : consommation d'huile « 1° au 1000 environ », consommation d'eau « sans chauffer », et le système hydraulique jugé « R.A.S. » p. 119.

Un souvenir rapporté (p. 120)

Magès relate les craintes de M. Cadiou, avant la sortie de la 15 CV, sur la tenue de route de la 15 H jugée moins bonne que la « 15 à barres ». Des essais « en tête à tête » à la Ferté-Vidame, à la recherche de la vitesse limite de passage des virages, lui permirent de « convaincre M. Cadiou du contraire » p. 120, une opération qu'il qualifie lui-même de dangereuse.

Contexte

La 15 Six H (dite « 15 H ») est une évolution de la Citroën Traction Avant 15 Six, dotée en 1954 d'une suspension arrière hydropneumatique — un banc d'essai grandeur réelle pour les technologies qui équiperont bientôt la future DS. La piste d'essai de La Ferté-Vidame, évoquée en page 120, est le circuit d'essais historique de Citroën.

La « 15 à barres » désigne la version à ressorts et barres de torsion classiques, référence de comparaison naturelle pour juger les qualités de la nouvelle suspension hydropneumatique.

Cet essai du 3-5 avril 1954 se situe dans la dernière phase du long travail de mise au point de la suspension hydropneumatique conduit par Magès : des premiers plans dès le 17 février 1944, en passant par les premiers essais sur 2 CV en 1946, jusqu'à la présentation de la DS le 6 octobre 1955.

Regard d'archiviste

Ce compte rendu illustre le travail de terrain de Paul Magès : au-delà du calcul et du dessin, l'essai routier réel, sur plusieurs jours et plusieurs centaines de kilomètres, en conditions variées (route, montagne, nuit), semble être une étape essentielle de validation.

L'attention portée au siège et à la position de conduite, en lien avec les efforts de direction et la force centrifuge, annonce des préoccupations d'ergonomie qui dépassent la seule mécanique — un point que Magès juge lui-même « indispensable » à étudier p. 119.

L'anecdote de la page 120, opposant les doutes de M. Cadiou à la démonstration convaincante de Magès à La Ferté-Vidame, éclaire les tensions internes autour de l'adoption de la suspension hydropneumatique à un peu plus d'un an de son déploiement complet sur la DS, présentée le 6 octobre 1955. Ce document s'inscrit dans le même ensemble documentaire que la chemise « Étude théorique – suspension hydropneumatique 1943/44 », témoignant de la continuité du travail de Magès sur ce système depuis les années 1940.

Datation

3 avril 1954

3 avril 1954 (essai réalisé du 3 au 5 avril 1954, cf. p. 118 : « 3.4.5 avril 1954 »)

Document

3 pages

Source : « Scanner 13 août 2025 à 14.29.pdf », p. 118–120

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

p.118 « Essai 15-64 3-04-54 … 3.4.5 avril 1954 », suite d'observations p.119-120 (craintes de M. Cadiou avant la sortie de la 15 CV).