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Brevet Citroën 1956 « Perfectionnement à la suspension des véhicules » — assiette constante par radar et mémoire magnétique

Mémoire descriptif et revendications d'un brevet Citroën de 1956 imaginant une suspension à assiette constante, pilotée par un radar et un enregistrement magnétique des inégalités du sol, avec extension aux navires et aéronefs.

Brevet Citroën 1956 « Perfectionnement à la suspension des véhicules » — assiette constante par radar et mémoire magnétique — page 1
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Le problème posé

Le mémoire s'ouvre sur un constat classique : les suspensions élastiques traditionnelles, en encaissant les obstacles, provoquent des « mouvements du châssis » et des « variations d'adhérence des roues », ainsi que des vibrations périodiques difficiles à amortir p. 1-2.

Le principe inventé

La solution proposée consiste à faire dépendre la position des roues non plus de la seule pesanteur et de l'élasticité, mais de « forces internes au véhicule », organisées pour donner à chaque roue la position lui assurant une assiette constante du châssis p. 2. Le texte évoque plusieurs formes possibles d'accumulateur d'énergie : mécanique, à inertie, hydraulique, pneumatique, hydro-pneumatique, hydro-mécanique ou électrique p. 2.

Le dispositif de détection et de mémoire

Un « détecteur » enregistre les irrégularités de la route en avant de chaque roue : roue pilote, ou « sondeur à interférence d'échos » utilisant ondes électro-magnétiques, ultra-soniques ou lumineuses p. 3. Le brevet décrit un enregistrement de ces indications sur un fil ou disque magnétique, lu avec un décalage fonction de la vitesse du véhicule, afin de corriger l'inertie du mécanisme p. 4. Une variante plus simple utilise directement les variations de pression hydraulique en « feed-back » p. 3.

Le mode de réalisation détaillé

La figure 1, décrite pages 8-9, présente une roue (1) reliée au châssis (2) par un bras articulé (3) et un piston (5) dans un cylindre (6), alimenté par un réservoir (7) mis sous pression par le moteur (8), via un tiroir à quatre voies (9). Ce tiroir est commandé par un émetteur-récepteur d'ondes électromagnétiques qualifié de « radar » (11), dont le signal, transformé par un transformateur (12) et une bobine (13), influence un fil magnétique (14) entraîné par des poulies (15-16) dont la vitesse suit celle du véhicule, avant d'agir sur un électro-aimant (20) commandant le tiroir p. 9.

Applications envisagées

Le texte étend le principe aux motocyclettes, camions, véhicules tout-terrain, mais aussi aux navires rapides et hydroglisseurs sur flotteurs articulés, et aux aéronefs, où l'invention viserait à faire décrire à l'appareil « une courbe tangente au sol » au moment de l'atterrissage p. 7-8.

Revendications

Huit revendications closent le document p. 9-11, couvrant le principe général de suspension à assiette constante par forces internes servo-commandées (1), l'enregistrement préalable avec mémoire à délai variable (2), la réalisation hydro-pneumatique (3), la commande électromagnétique par sondeur à échos (4-5), la pondération selon la vitesse (6), et les applications non routières, y compris aéronautiques (7-8).

Contexte

Ce brevet s'inscrit dans les recherches menées chez Citroën au cours des années 1950, qui aboutiront à la suspension hydropneumatique équipant la DS présentée en 1955. Paul Magès en est resté, dans l'histoire de la marque, l'ingénieur associé au principe.

Le radar et l'enregistrement magnétique évoqués ici relèvent, pour l'époque, de technologies de pointe ; leur association à une suspension automobile relève davantage, historiquement, de la prospective brevetée que d'une réalisation industrielle immédiate — la DS de série reposera sur une régulation hydraulique plus simple.

Regard d'archiviste

Ce mémoire descriptif, daté de 1956 par l'annotation manuscrite « 1000/56 » figurant en tête p. 1, témoigne d'une phase où l'équipe Citroën explorait des voies de servo-commande très ambitieuses — jusqu'à l'usage d'un radar et d'une mémoire magnétique — pour l'asservissement de l'assiette.

Il semble que ce texte corresponde à une variante ou à un prolongement conceptuel plus poussé que la suspension hydropneumatique effectivement commercialisée, notamment par le recours à l'enregistrement préalable des inégalités de la route p. 3-4 et à l'extension revendiquée aux aéronefs et navires (p. 7-8, revendications 7-8).

La correction manuscrite ajoutant le mot « servo- » devant « commande » p. 10-11 suggère une relecture attentive du texte au moment du dépôt, précisant la terminologie technique retenue.

Le schéma correspondant à ce mécanisme peut être consulté dans la planche de dessin du brevet 1000/56, qui illustre les éléments numérotés décrits pages 8-9 (roue, piston, tiroir, radar, fil magnétique).

Datation

1956

1956 (mention manuscrite p. 1 ; référence 1000/56)

Document

11 pages

Source : « Scanner 5 août 2025 à 14.27.pdf », p. 1–11

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

Page 1 : en-tête « BREVET D'INVENTION », titre « Perfectionnement à la suspension des véhicules », organisme « SOCIETE ANONYME ANDRE CITROEN », référence 1000/56, date 1956. Pagination continue et suivie du texte des pages 2 à 11, se terminant par les revendications (p.10-11).