Brouillon de lettre de Paul Magès à M. Grosseau : tensions au bureau d'étude et cadre de liaison de la voiture L
Un brouillon manuscrit d'octobre 1969 où Paul Magès confie ses difficultés à défendre la direction face à ses collaborateurs, suivi d'un rappel technique sur le cadre de liaison de la voiture L, testé en 1967 sur le prototype « Calèche ».

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Un brouillon de lettre daté du 3 octobre 1969
Ce feuillet manuscrit, numéroté « 10.69 » à l'encre rouge, est un brouillon de lettre adressé par Paul Magès à un certain M. Grosseau p. 123. Magès y évoque des « paroles maladroites de M. Barre » tenues « à la salle des congrès de Versailles en 1968 », qui ont eu « au bureau d'étude, une répercussion déplorable nuisible pour le travail » p. 123.
Il mentionne un article de France Soir qui aurait ravivé l'« indignation » face aux « raisons invoquées par M. Barre sur le choix du moteur Maserati [incertain] » p. 123. Magès prend la défense de ses équipes : « C'est injuste vis-à-vis de nos motoristes » p. 123.
Il conclut sur un aveu personnel : « Personnellement je suis à bout d'argument pour défendre, au prix de nos collaborateurs, le point de vue de la direction » p. 123. Une note manuscrite en marge, difficilement lisible, ajoute une réflexion sur la charge de travail du bureau d'étude et le « facteur psychologique » qu'un « chef d'entreprise » ne devrait pas négliger p. 123. La lettre est paraphée et datée « 3.10.69 » p. 123.
Un rappel technique sur le cadre de liaison de la voiture « L »
La page suivante change de sujet et de registre : elle rapporte que la décision de construire la voiture « L » avec un cadre de liaison entre les essieux a été prise « en tenant compte des résultats [incertain : « spectaculaires »] obtenus avec une 3CV dont la caisse avait été désolidarisée du châssis et montée sur des sangles verticales » p. 124. Ce prototype expérimental est appelé « Calèche », et des essais sont datés du 27 avril 1967 p. 124.
Contexte
La voiture « L » désigne, dans le langage interne Citroën de l'époque, un projet qui aboutira notamment à la GS (lancée en 1970). M. Barre, cité dans la lettre, pourrait correspondre à un cadre dirigeant de la marque, mais son identité précise n'est pas donnée par le document. Le contexte social et industriel de Citroën à la fin des années 1960 est marqué par des tensions liées aux choix stratégiques de la direction (notamment autour du groupe Michelin, alors propriétaire de la marque) — ces éléments relèvent du savoir historique général et ne sont pas mentionnés dans l'archive elle-même.
Regard d'archiviste
Ce diptyque de pages est précieux car il montre deux facettes de Paul Magès rarement réunies : l'ingénieur technicien, attaché au détail expérimental (le prototype « Calèche » et ses sangles verticales), et l'homme confronté aux tensions humaines de son bureau d'étude, pris entre la direction et ses collaborateurs p. 123.
Il semble que ce brouillon n'ait pas été conservé dans sa version finale envoyée — la présence de nombreuses ratures et d'une annotation marginale inachevée p. 123 suggère un texte encore en cours d'élaboration, révélateur du soin que Magès mettait à peser ses mots avant d'écrire à la direction.
La mention du cadre de liaison et du prototype « Calèche » p. 124 complète utilement d'autres pièces du même dossier consacrées aux essais de suspension et de tenue de route, comme le compte-rendu d'essai sur route du 2 au 5 avril 1962 ou la note sur la suspension de l'AP, qui témoignent de la même démarche expérimentale progressive chez Magès.
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Datation
octobre 1969
Document
2 pages
Source : « Scanner 8 août 2025 à 15.18.pdf », p. 123–124
Catégorie
Note d'archivage
Référence « 10.69 » et date 3.10.69 p.123 ; suite manuscrite signée p.124 ; entrée du sommaire « 10-1969 ».

