Paul Magès Association
Rechercher
Retour aux archives

Allocution de François Rollier à l'AG de Citroën S.A. (27 juin 1973)

Le président de Citroën annonce le retrait de Fiat au profit de Michelin, évoque le dossier Berliet-Volvo et dresse le bilan des premiers mois de 1973.

Allocution de François Rollier à l'AG de Citroën S.A. (27 juin 1973) — page 20
1 / 7

Comprendre ce document

Dans ce document

Il s'agit de la note interne n° 036, datée du 29 juin 1973, diffusant le texte intégral de l'Allocution de François Rollier prononcée le 27 juin 1973 devant l'Assemblée Générale de Citroën S.A. p. 20-21.

La cession de la participation FIAT

Rollier annonce que FIAT a cédé à Michelin sa participation de 49 % dans la société PARDEVI, laquelle détient la majorité des actions de Citroën S.A. p. 21. Cette cession entraîne la démission des deux administrateurs représentant FIAT depuis 1970, MM. Giovanni Nasi et Francesco Rota p. 21. Rollier salue « une alliance industrielle » qui a comporté « des acquisitions positives » mais dont la novation, jugée nécessaire par le partenaire, « n'allait pas dans le sens de ses intérêts » ; Citroën « a donc retrouvé son indépendance » p. 21-22.

Le dossier Berliet-Volvo

Un communiqué commun de Berliet et de Volvo A.B. a évoqué un possible rapprochement entre Berliet et la division Poids Lourds de Volvo. Les études, non achevées, doivent aboutir « dans les tout premiers jours de Juillet » p. 22.

Résultats et investissements

À fin mai 1973, le chiffre d'affaires de Citroën progresse de 15,5 % (production +2,4 %), celui de Berliet de 17,6 % p. 23.

SociétéCA (fin mai 1973)Production
Automobiles Citroën+15,5 %+2,4 %
Berliet+17,6 %stable vs 1972

À partir de septembre, les nouveaux moyens de l'usine de Rennes doivent accroître les cadences de la GS p. 23. Le programme d'investissement lié à la libération des terrains du 15ᵉ arrondissement (Javel) sera financé par autofinancement, avec recours partiel à des capitaux extérieurs pour 1974-1976 p. 24. À l'étranger, développement en Afrique du Sud, Yougoslavie, Tunisie et Espagne ; en Espagne, la capacité de production doit passer de 260 véhicules/jour à 500 en 1976, puis 1 000 en 1980 p. 24.

Contexte réglementaire

Rollier évoque trois facteurs extérieurs : le renforcement des réglementations sécurité/pollution/bruit, les nouvelles limitations de vitesse interurbaines, et le « Nixon Round » du GATT p. 25-26.

Contexte

Historiquement, Citroën est alors filiale de PARDEVI, holding contrôlée conjointement par Michelin et Fiat depuis 1968-1970. La sortie de Fiat en 1973 marque la fin de cette alliance et laisse Michelin seul actionnaire majoritaire, dans un contexte où Citroën, très endetté, rejoindra Peugeot dès 1974-1975 — ce que confirment les archives ultérieures de Rollier lui-même.

Berliet, filiale poids lourds de Citroën, fera finalement l'objet d'un rapprochement avec Saviem (Renault) plutôt qu'avec Volvo, comme l'évoqueront les coupures de presse de décembre 1974.

La GS, lancée en 1970, et la limitation de vitesse instaurée en 1973 en France (suite au premier choc pétrolier annonciateur) constituent la toile de fond économique de ce discours.

Regard d'archiviste

Ce document est une pièce charnière : il capture, à chaud, le moment où Citroën perd son actionnaire industriel Fiat et se retrouve seul face à ses besoins de financement p. 21-24 — préambule direct au rapprochement avec Peugeot qui se dessinera un an plus tard.

Il éclaire aussi la fragilité de Berliet, dont l'avenir reste suspendu, en juin 1973, à des négociations avec Volvo p. 22 qui n'aboutiront pas, comme le montreront les coupures Le Figaro de décembre 1974.

Pour l'étude de l'œuvre de Paul Magès, ce texte n'aborde aucun aspect technique ; il relève plutôt de l'histoire industrielle et financière de la maison Citroën, utile pour situer le contexte dans lequel ses innovations (comme la GS) se sont diffusées commercialement.

Datation

27 juin 1973

Document

7 pages

Source : « Scanner 6 août 2025 à 15.49.pdf », p. 20–26

Télécharger le PDF

Catégorie

Histoire

Note d'archivage

En-tête « *** - 036 - 29.6.1973 » (p.20) avec tampon « 3 JUIL. 1973 » ; texte de l'allocution daté 27 juin 1973 paginé 1 à 6 (p.21-26).