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Compte rendu d'essais DS en montagne — Laboratoire André Citroën, 5 décembre 1955

Un compte rendu du Laboratoire André Citroën signale, après essais de deux DS en montagne, trois défauts : immobilisation dans la neige due à la correction automatique de hauteur, démarrage à la manivelle impossible, et usure de la direction liée à une came défaillante.

Compte rendu d'essais DS en montagne — Laboratoire André Citroën, 5 décembre 1955 — page 132
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Ce document est un compte rendu du Laboratoire André Citroën (53, rue Balard, Paris), daté du 5 décembre 1955, référencé « ESSAI N° 222 941 » p. 132. Il est adressé à une liste de destinataires incluant Ingueneau, Hartmann, Hermet, Magès, Louis, Malleret et Fleury p. 132, ce qui atteste que Paul Magès était bien informé de ces essais.

Le rapport fait suite à des essais de deux véhicules DS en montagne et signale trois points techniques.

1. Commande manuelle du relevage

Le texte souligne qu'une commande manuelle de relevage est « indispensable pour toute voiture pouvant circuler dans des pays enneigés » : la correction de hauteur automatique peut immobiliser une DS sur « 20 à 25 cm de neige tassée », ce qui est arrivé « de façon imprévisible » à l'une des deux voitures testées p. 132.

2. Démarrage à la manivelle

Le démarrage à la manivelle est jugé « absolument impossible, surtout moteur chaud ». Le rapport note que la manivelle est difficile à positionner et à manœuvrer, que le « guide manivelle sur AV de la voiture s'est ouvert dès les premiers tours », et que le bras de levier est « trop petit ». Les auteurs jugent « urgent de revoir le problème », une panne de démarreur ou de batterie immobilisant sinon complètement le véhicule p. 132.

3. Came de position en ligne droite de la direction

En roulant, le roulement de la came est sorti de sa position, provoquant un rappel par l'extrémité du ressort et un frottement jugé « très préjudiciable » : la direction, « très bonne », est devenue « franchement mauvaise ». Le rapport demande de revoir « rapidement » l'attache du ressort p. 132.

Contexte

La DS, présentée par Citroën en 1955, est célèbre pour sa suspension hydropneumatique à correction automatique d'assiette — l'invention associée au nom de Paul Magès. Les essais « en montagne » évoqués ici s'inscrivent dans les campagnes de validation menées avant et après le lancement commercial du modèle, destinées à éprouver le véhicule dans des conditions extrêmes (neige, altitude, régime moteur).

Le démarrage à la manivelle, encore mentionné en 1955, rappelle qu'à cette époque ce mode de secours restait un standard de sécurité en cas de panne électrique, avant sa disparition progressive des automobiles.

Regard d'archiviste

Ce compte rendu illustre concrètement les tensions entre innovation et fiabilité rencontrées lors de la mise au point de la DS. Le défaut d'immobilisation dans la neige révèle un effet secondaire inattendu de la correction automatique de hauteur, système au cœur des travaux de Magès : l'automatisme, pensé pour le confort et la stabilité, se retourne ici contre l'usage en conditions hivernales.

La présence du nom de Magès dans la liste des destinataires confirme, sans ambiguïté, son implication directe dans le suivi des essais terrain de la suspension qu'il a conçue.

Le problème de la came de direction, bien que périphérique à l'hydropneumatique, montre que les essais en montagne servaient aussi à révéler des faiblesses mécaniques classiques, à corriger avant industrialisation à grande échelle.

Ce document s'inscrit dans un dossier plus large consacré à la suspension hydropneumatique et à ses évolutions ; on peut le rapprocher du Sommaire de la chemise 41-59, qui répertorie les pièces relatives aux évolutions de la DS.

Datation

5 décembre 1955

Document

1 page

Source : « Scanner 13 août 2025 à 14.29.pdf », p. 132

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

p.132 essai n° 222 941 daté 5.12.55.