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Bibax en caoutchouc vs suspension hydraulique : la correspondance Citroën-Michelin de 1946

Un échange de lettres entre Citroën et Michelin en octobre-novembre 1946 sur le Bibax, une suspension en caoutchouc testée pour la future T.P.V., transmis à Paul Magès quelques jours après sa réception.

Bibax en caoutchouc vs suspension hydraulique : la correspondance Citroën-Michelin de 1946 — page 54
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Cet ensemble réunit trois pièces d'un même échange épistolaire autour du Bibax de suspension E-331.000 (référencé aussi « E 531.000 » sur les copies, p. 54-55), une pièce en caoutchouc étudiée comme alternative de suspension.

La lettre de Citroën à Michelin (29 octobre 1946, p. 56)

Citroën informe Michelin que les Bibax reçus ont été montés sur véhicule et que « les premiers essais sont extrêmement encourageants » p. 56. Deux problèmes restent identifiés : la « mise au point de la qualité suspension », dont Citroën se charge, et la « tenue en endurance des Bibax, à la fatigue, dans le temps, aux intempéries », pour laquelle Citroën se dit sans élément et « repose entièrement » sur Michelin p. 56. La lettre presse Michelin de répondre pour permettre une décision sur une éventuelle sortie en série.

La réponse de Michelin (4 novembre 1946, p. 54-55, en deux exemplaires)

Michelin (dicteur M. Saint Frison) répond que le Bibax « essayé par nous au banc, a donné des résultats très encourageants », mais reconnaît l'absence d'expérience directe sur route p. 55. Un essai était prévu depuis « quelques mois » sur une 11 CV Citroën, où les Bibax auraient remplacé les barres de torsion arrière, mais des retards (dont l'achat d'un véhicule) l'ont empêché ; il devait être lancé « dans le courant de ce mois » p. 55.

Michelin pose une réserve technique : pour que les résultats de cet essai soient transposables à la suspension étudiée par Citroën, il faudrait que « le taux de travail statique, les amplitudes des déformations dynamiques normales, leur fréquence et les amplitudes maxima » soient comparables entre les deux cas p. 55.

Sur la durabilité, Michelin estime le vieillissement « pas à redouter » si les Bibax ne sont exposés « ni au soleil, ni... au contact d'huile ou de graisse », et juge la fabrication en série réalisable « avec la même garantie » que les autres pièces caoutchouc de la maison p. 55. La lettre conclut que si les délais de lancement de la T.P.V. ne permettent pas des essais routiers suffisants, il faudra « renoncer aux Bibax ou faire un acte de foi » p. 55.

Les deux exemplaires de la réponse Michelin portent la mention manuscrite « D. à : M. Magès » datée du « 7 NOV. 1946 » p. 54-55, attestant leur transmission à l'ingénieur. Une feuille quadrillée superposée à la page 54 porte des notes de classement ultérieures : « 1946 à 1953 », « Suspension caoutchouc / Suspension hydraulique », « Véhicules TPV - PV - PVL6 », « Courrier avec Michelin pour le caoutchouc », « Essais comparatif des 2 solutions », « Compte rendu Laboratoire » p. 54.

Contexte

La T.P.V. (Toute Petite Voiture) désigne le projet qui donnera naissance à la 2CV Citroën, lancée commercialement en 1948. À cette période de développement, plusieurs solutions de suspension étaient à l'étude en parallèle, dont des systèmes en caoutchouc — objet de cette correspondance — et des solutions hydrauliques ou hydropneumatiques, ces dernières étant le domaine dans lequel Paul Magès allait devenir l'inventeur reconnu, avec la suspension hydropneumatique adoptée finalement sur la DS en 1955.

La marque Michelin, alors actionnaire majoritaire de Citroën depuis les années 1930, jouait un rôle d'appui technique et industriel important dans les choix de la marque, ce qui explique la nature directe et confiante de cet échange technique.

Regard d'archiviste

Cette correspondance éclaire une étape probablement transitoire dans les recherches de suspension pour la future 2CV : le Bibax en caoutchouc apparaît ici comme une piste sérieusement envisagée, en concurrence avec les solutions hydrauliques que Paul Magès développait par ailleurs, comme en témoignent d'autres pièces du même fonds telles que les plans de suspension hydropneumatique à interaction différentielle.

La transmission de ces lettres à Magès dès le 7 novembre 1946 p. 54-55 suggère qu'il suivait, ou était consulté sur, l'ensemble des options de suspension à l'étude pour la T.P.V., et non uniquement sur les solutions hydropneumatiques qui feront sa renommée. Les notes de classement tardives p. 54 confirment que ce dossier a été conservé précisément pour documenter la comparaison entre les deux voies — caoutchouc et hydraulique —, un jalon utile pour comprendre pourquoi la seconde a finalement été retenue. Le sommaire de la chemise 41-59 inscrit d'ailleurs cet échange dans un ensemble documentaire plus large consacré à ces évolutions.

Datation

octobre-novembre 1946

Document

3 pages

Source : « Scanner 13 août 2025 à 14.29.pdf », p. 54–56

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Catégorie

Histoire

Note d'archivage

p.54-55 lettres Michelin du 4.11.46 (tampon 7 NOV. 1946), p.56 lettre Citroën du 29 octobre 1946 en réponse à laquelle Michelin écrit.