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Correspondance Citroën–Michelin sur les suspensions caoutchouc (mai 1948)

Trois lettres de mai 1948 entre Citroën et Michelin sur les essais de suspensions à ressorts caoutchouc, désignant explicitement Paul Magès comme responsable de ce dossier.

Correspondance Citroën–Michelin sur les suspensions caoutchouc (mai 1948) — page 59
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Ce dossier regroupe trois lettres échangées en mai 1948 entre l'usine Citroën (M. Cadiou, service Études) et la manufacture Michelin de Clermont-Ferrand (MM. Chataigner et Saint-Frison), autour de deux sujets techniques liés.

Lettre du 11 mai 1948 : la suspension T.P.V.

Michelin informe Citroën que M. Boulanger a comparé les suspensions à ressorts acier et les suspensions à ressorts caoutchouc, concluant à la « supériorité des premières sur les dernières » p. 59. Michelin demande à rencontrer « la personne chargée de l'étude des suspensions » pour chercher les raisons de cette infériorité p. 59. Une mention manuscrite en marge indique un tampon « 14 MAI 1948 » suivi de la signature « M. Magès » p. 59.

Lettre du 4 mai 1948 : le « bibax de suspension »

Michelin évoque l'examen d'une fabrication industrielle de plus de 1 000 « bibax » par jour et demande les dessins d'ensemble et de détail correspondants p. 60. Une annotation manuscrite « Mags. » figure en bas de la page p. 60.

Réponse du 24 mai 1948 (Michelin à Citroën)

Michelin répond à la lettre du 11 mai : « M. MAGES est chargé des suspensions caoutchouc » p. 61. La lettre précise qu'aucun élément ne permet d'affirmer que l'infériorité constatée par M. Boulanger provienne de la matière caoutchouc elle-même, « d'autres facteurs » étant en jeu p. 61. Des essais sont en cours, et M. Magès doit se rendre à Clermont-Ferrand pour en informer M. Chataigner p. 61. En post-scriptum, J. Cadiou indique qu'il n'est pas possible de répondre pour le moment à la demande de plans de bibax en grande série p. 61.

Contexte

Michelin, actionnaire majoritaire de Citroën depuis les années 1930, collaborait étroitement avec le constructeur sur les matériaux et les technologies de suspension — un terrain d'expérimentation intense à la fin des années 1940, en amont de la mise au point de la future DS et de sa suspension hydropneumatique.

Le sigle T.P.V. (Toute Petite Voiture) renvoie au projet qui deviendra la 2CV : Paul Magès en menait déjà les premiers essais de suspension hydropneumatique en mai-juillet 1946 (Cahier des premiers essais de la 2 CV à suspension hydropneumatique (mai-juillet 1946)), ce qui situe l'échange sur les suspensions caoutchouc évoqué ici dans la continuité de ces recherches sur la T.P.V., même si le document lui-même ne le précise pas explicitement au-delà du titre « SUSPENSION T.P.V. ».

Regard d'archiviste

Cet échange est précieux car il documente, à une date précise (mai 1948), le moment où Paul Magès est explicitement désigné comme responsable des suspensions caoutchouc chez Citroën — une attribution officielle de la part de Michelin elle-même p. 61.

Il montre aussi que Magès travaillait alors en parallèle sur plusieurs pistes de suspension (acier, caoutchouc, et le mystérieux « bibax »), dans une période où l'entreprise cherchait encore la meilleure solution technique — avant que la voie hydropneumatique, déjà explorée par Magès quelques années plus tôt, ne s'impose. On peut rapprocher ce dossier des plans de suspension hydropneumatique à interaction différentielle de 1944, qui témoignent de recherches antérieures menées par Magès sur un principe finalement retenu pour la DS.

Le ton des lettres, factuel et administratif, laisse deviner les tensions entre les deux entreprises sur le choix des solutions techniques et le partage des informations industrielles (les plans de « bibax » ne sont pas transmis).

Datation

mai 1948

Document

3 pages

Source : « Scanner 13 août 2025 à 14.29.pdf », p. 59–61

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Catégorie

Histoire

Note d'archivage

p.59 lettre du 11.5.48, p.60 lettre du 4/5/48, p.61 réponse Citroën du 24 mai 1948 visant « V/Lettre du II/5/48 ».