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Étude d'un conjoncteur-disjoncteur hydraulique à aimant permanent (janvier-avril 1964)

Dossier d'étude manuscrit de Paul Magès explorant, de janvier à avril 1964, une variante à aimant permanent du conjoncteur-disjoncteur hydraulique Citroën, avec calculs, questionnaire au fournisseur d'aimants Giffey-Prêtre et coupures de la revue Lockheed Precision.

Étude d'un conjoncteur-disjoncteur hydraulique à aimant permanent (janvier-avril 1964) — page 46
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Étude théorique du conjoncteur-disjoncteur (janvier 1964)

Le dossier s'ouvre sur une note manuscrite datée du 30 janvier 1964, intitulée Disjoncteurs Conjoncteurs Hydraulique p. 48. Magès y rappelle le principe de ces organes : limiter la pression maximale d'un circuit hydraulique en faisant débiter la pompe soit vers le bac (disjonction), soit vers le circuit de travail ou un accumulateur (conjonction) à partir d'une pression minimum. Il insiste sur une condition essentielle : « ne pouvoir à aucun moment obtenir une position d'équilibre » au moment du basculement, sous peine d'échauffement inutile du liquide. La solution étudiée ici repose sur « la variation très rapide de portance des aimants permanents », jugée « d'une grande simplicité de construction » p. 48.

Une page de calculs et de croquis du même jour (« Déjeuner à Armant », 30-01-64, p. 46) explore des dimensions de pièces, des efforts de ressort et un « effort aimant » de 5 Kg, en lien avec un dessin en coupe d'un ensemble de type valve/vérin.

Les questions posées au fournisseur d'aimants

Plusieurs pages (p. 50-51, p. 56) reprennent, sous forme de brouillon puis de questionnaire structuré, les inconnues à lever avec les Établissements Giffey-Prêtre : forme de l'aimant (« circulaire ou barrette ? »), dimensions et poids pour une portance de 4 Kg puis 8 Kg, courbe de portance en fonction de l'entrefer, dispersion de fabrication (± 5 %), variation avec la température, tenue dans le temps, résistance aux chocs, fonctionnement dans l'huile, portance sur une face et sur l'autre, et prix pour des cadences de 500, 1000 ou 1500 pièces par jour p. 50-51.

Le 3 février 1964, une note « Giffey-Prêtre » calcule l'équilibre des forces : avec un ressort de 15 Kg et un aimant de 5 Kg, la force nécessaire pour rompre l'équilibre est de 20 Kg ; si le ressort passe à 21 Kg, la force de maintien devient 16 Kg p. 50-51, 56.

Calculs de ressorts et de tiroir

Des pages de calculs p. 52, 54, 58 détaillent le dimensionnement d'un ressort (diamètre de fil, flèche par spire, nombre de spires) et d'un « tiroir de 4 mm de diamètre, section 12,5 mm² ». Un tableau p. 58 donne la force d'équilibre pour deux pressions :

PressionForce d'équilibre
130 Kg/cm²16,2 Kg p. 58
160 Kg/cm²20 Kg p. 58

Le même feuillet propose un tableau reliant la raideur du ressort (R, R') et l'augmentation de charge selon la course e, ainsi qu'une estimation de variation thermique de « 0,2 % par degré C » p. 58.

Pièces annexes

Un bon de mise à disposition des Ets Giffey-Prêtre, daté du 6 avril 1964, atteste la livraison à titre gracieux de « 2 Ventouses 7 Kgs. » à Monsieur Thaon, « pour Mr Magès » p. 47. Deux plans cotés (coupe de tube, pièce circulaire perçée) figurent p. 49, et un plan bleu de structure (« Axe moteur », « dessus de longeron ») p. 57 — sans lien texte explicite avec l'étude des aimants. Enfin, deux pages extraites de la revue Precision de Lockheed (octobre 1963) présentent des freins à disque et à tambour à réglage automatique, un maître-cylindre tandem, des servofreins et un filtre à carburant Purolator p. 53, 55.

Contexte

Le conjoncteur-disjoncteur hydraulique est une pièce maîtresse des circuits à haute pression de la DS Citroën, régulant l'alimentation de la suspension, de la direction et du freinage. Paul Magès en avait déjà déposé le principe dès 1953 (voir Principe du conjoncteur-disjoncteur hydraulique, 1953). Les aimants permanents évoqués ici — probablement en ferrite, matériau alors en plein essor pour sa robustesse et son faible coût — offrent une bascule brutale de force à distance très courte, propriété recherchée pour éviter les positions d'équilibre instables mentionnées dans la note du 30 janvier. Les revues Lockheed jointes, société britannique alors référence en freinage automobile, illustrent le contexte industriel de veille technique auquel participait le bureau d'études Citroën, sans lien direct démontré ici avec l'aimant à l'étude.

Regard d'archiviste

Ce dossier documente une piste de recherche précise et datée avec une belle continuité (30 janvier au 6 avril 1964) : améliorer un organe déjà inventé par Magès en 1953 en explorant une nouvelle technologie, l'aimant permanent. Le passage d'un questionnaire encore hésitant p. 50-51 à des calculs de forces et de ressorts plus assurés p. 56, 58 donne à voir, de manière rare, le cheminement expérimental de l'ingénieur — il semble que l'idée ait été testée jusqu'au stade de commande de composants réels (les « ventouses » livrées le 6 avril, p. 47).

La présence de coupures Lockheed d'octobre 1963 suggère une veille technologique élargie, sans qu'on puisse affirmer, sur la seule base du document, un lien direct avec l'étude de l'aimant. Ce dossier complète utilement le Principe du conjoncteur-disjoncteur hydraulique (7 octobre 1953), en montrant une décennie plus tard une tentative d'en faire évoluer la conception.

Datation

janv.-avril 1964

Document

13 pages

Source : « Scanner 6 août 2025 à 16.22.pdf », p. 46–58

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

p.46 daté 30-01-64 (confidentiel) ; p.48 note titrée « Disjoncteurs Conjoncteurs Hydraulique » 30.1.64 ; p.50-51 documents Giffey-Prêtre du 3.2.64 ; p.47 bon Giffey-Prêtre du 6 avril 1964 ; p.52-58 calculs, coupures Lockheed 1963 et schémas de la même étude.