Étude d'un raccord multiple pour canalisation de fluide (17 février 1966)
Une note de Paul Magès imaginant, sur le modèle de la prise multibroche électrique, un raccord regroupant cinq circuits de pression et un drainage en une seule connexion sans risque d'erreur.

Comprendre ce document
Dans ce document
Le problème posé
La note s'ouvre sur un constat : les commandes hydrauliques et pneumatiques « se developpent de plus en plus », et les liaisons par tubes posent des problèmes « identiques à ceux qui ont été rencontrés avec les liaisons électriques » p. 61. Magès formule l'objectif comme l'équivalent hydraulique d'« une prise multibroche électrique » : regrouper des faisceaux de tubes pour qu'ils soient peu encombrants, faciles à raccorder, et désaccouplables « en une seule opération rapidement » puis « réaccouplés sans risque d'erreur » p. 61.
La solution décrite
Le raccord multiple figuré (fig. 1, non reproduite dans ces pages) est présenté « à titre d'exemple » pour réaliser cinq connexions de pression plus un circuit de drainage sans pression p. 61. Il comprend :
- deux pièces 1 et 2, sur lesquelles les tubes sont brasés ;
- une pastille 3, en métal tendre (alu, zinc, plomb) ou en matière plastique selon les pressions, assurant l'étanchéité ;
- deux douilles 4 et 5 pour le serrage de l'ensemble p. 61.
Les pièces 1 et 2 sont « avantageusement exécutées en métal fritté », ce qui supprime l'usinage malgré un dessin complexe ; le brasage des tubes provoque une imprégnation de cuivre qui supprime la porosité du fritté p. 61. Des excroissances (a, b, c sur la pièce 1 ; d, e sur la pièce 2) garantissent qu'il n'existe « qu'une seule position d'assemblage » entre les deux pièces p. 61 — un détail anti-erreur cohérent avec l'objectif énoncé en introduction.
La pastille 3, de forme circulaire, comporte un trou par circuit, chacun bordé d'un bourrelet d'étanchéité (sauf celui du drainage) ; une protubérance f sur son pourtour, logée entre les excroissances b et c de la pièce 1, assure son orientation correcte p. 61.
Les figures 2 p. 62 et 3 p. 63, planches P.5253-3 et P.5253-4, détaillent en coupe ces pièces : couronnes de six perçages autour d'un axe central pour les pièces 1 et 2 (repères a, b, c, d, e, 1, 2), et la pastille percée avec sa protubérance f repérée par une flèche p. 62-63.
Contexte
Chez Citroën, la multiplication des circuits hydrauliques — suspension, freinage, direction assistée, boîte de vitesses semi-automatique — sur des modèles comme la DS a conduit à une prolifération de tuyauteries sous caisse. La comparaison que fait Magès avec les connecteurs électriques multibroches n'est pas anodine : elle traduit une préoccupation d'ingénierie de production et de maintenance, à une époque où la fiabilité et la simplicité de montage en série devenaient des enjeux industriels majeurs pour les grands constructeurs. En février 1966, Magès est depuis longtemps sous-responsable du Super-Contrôle après avoir été rédacteur technique autodidacte entré chez Citroën en 1925 (Brouillon de lettre de Paul Magès à M. Sarre et plan d'entretien du 11 mai 1969) ; il restera à ce poste jusqu'à sa retraite en septembre 1974 (Photographies du départ à la retraite de Paul Magès (1974)).
Regard d'archiviste
Ce document illustre une facette moins connue du travail de Paul Magès : au-delà des grands systèmes qu'il a inventés (suspension hydropneumatique, conjoncteur-disjoncteur), il semble s'être aussi attaché à des problèmes de rationalisation industrielle, comme ici la connexion rapide et sans erreur de plusieurs circuits hydrauliques à la fois.
La référence explicite à la prise multibroche électrique p. 61 montre une démarche de transposition analogique typique de l'ingénieur cherchant des solutions déjà validées dans un domaine voisin. Le souci du détail — position d'assemblage unique, orientation forcée de la pastille — témoigne d'une attention portée à l'erreur humaine en production, probablement nourrie par l'expérience acquise sur d'autres organes hydrauliques du même dossier, comme la pompe auto-régulatrice avec accumulateur ou le conjoncteur-disjoncteur hydraulique, issus de la même chemise « Organes hydrauliques ».
La date du 17 février 1966, portée en pied de page p. 61, situe cette note dans la maturité de la carrière de Magès, huit ans avant sa retraite de Citroën en 1974 et bien après les premières mises au point de la DS.
Datation
17 février 1966
Document
3 pages
Source : « Scanner 6 août 2025 à 16.22.pdf », p. 61–63
Catégorie
Note d'archivage
p.61 : titre « RACCORD MULTIPLE POUR CANALISATION DE FLUIDE », date 17-02-66, réf. P 5253-1 / dossier 4738 ; p.62-63 planches P.5253-3 et P-5253-4 de la même série.





