La déesse de la route — documentaire de Gilles Cayatte sur la Citroën DS
Référence à un documentaire télévisuel consacré à la Citroën DS, réalisé par Gilles Cayatte, conservé dans le fonds Paul Magès.
Film conservé et diffusé par l'Association Paul Magès
Présentation et légendes d’origine
Comprendre ce document
Dans ce document
Cette transcription est un sous-titrage automatique (reconnaissance vocale) : les erreurs sur les noms propres y sont nombreuses (le nom de l'ingénieur y apparaît notamment sous les graphies « le fèbre » puis « magess » (38:13-38:18), que l'on corrige silencieusement en Paul Magès, seule fois où le film le nomme explicitement).
Le document est un documentaire de Gilles Cayatte, diffusé sur France 5 (annonce de grille en ouverture, 00:00-00:20), consacré à la mémoire collective suscitée par la Citroën DS. Le film alterne images d'archives commentées en voix off, extraits d'actualités d'époque et témoignages contemporains filmés à bord d'une DS en circulation.
Le fil conducteur est un road-trip nostalgique : « c'est à cet instant que ma mère commença à chanter » (02:16-02:20), point de départ d'une évocation des « vacances » et de la Nationale 7, ponctuée par la chanson de Charles Trenet citée longuement (39:39-40:22).
Plusieurs thèmes techniques sont abordés avec des passagers ou un ancien ingénieur du bureau d'études :
- la boîte semi-automatique et l'absence de pédale d'embrayage : « pas de pédale de débrayage c'est une boîte de vitesse semi-automatique » (03:15-03:20), présentée comme nouveauté du Salon de Paris d'octobre 1955 (03:25-03:34), ce que recoupe la date de présentation de la DS le 6 octobre 1955 ;
- la direction assistée et le freinage à disques à l'avant (04:28-04:50) ;
- la suspension : « la suspension hydropneumatique à hauteur constante, alors ça aussi c'était du jamais vu » (04:56-05:01), suivie d'un extrait publicitaire d'époque sur « l'élasticité de l'air et la souplesse de l'eau » (05:03-05:20) puis d'une explication mécanique détaillée par un intervenant identifié comme ancien du bureau d'études Citroën, Jean-Paul Cardinal (05:39-06:02) ;
- le principe des sphères hydrauliques est ensuite démontré concrètement sur le changement de roue : « l'huile sous pression libérée par le clapet pénètre dans la sphère et repousse le piston, la voiture revient doucement à son niveau » (37:53-38:08), ce qui fait écho aux plans de suspension hydropneumatique à interaction différentielle.
Le film recueille aussi des souvenirs familiaux et politiques : la DS comme « voiture du médecin, du notable, du préfet » (13:34-13:45) ; le souvenir d'un fils de personnalité politique pour qui « la déesse c'est la voiture de mes deux pères en politique […] le général de Gaulle » (17:42-17:57) ; puis l'évocation directe de l'attentat du Petit-Clamart, avec extrait d'actualités : « on atteint la DS présidentielle dont une [balle] a traversé la carrosserie du côté où se trouvait le général de Gaulle » (20:51-21:02).
Le sujet des phares directionnels est aussi documenté : « le général de Gaulle avait beaucoup apprécié ce système de phare tournant […] comment se fait-il qu'on n'ait pas pensé avant » (42:15-42:31).
Le tournage évoque enfin la fin de carrière commerciale du modèle : « l'aventure industrielle et commerciale de la déesse s'est arrêtée en 75, au bout de 20 ans » (47:09-47:22), au profit de la CX, présentée en août 1974 (47:32-47:40) — coïncidant avec le départ à la retraite de Paul Magès en septembre 1974 (photographies du départ à la retraite).
Contexte
La Citroën DS, présentée en 1955, doit sa suspension hydropneumatique aux travaux menés par Paul Magès dès les plans du 17 février 1944 et les premiers essais de mai-juillet 1946 sur la 2 CV, puis affinés lors de l'essai de la 15-Six H en avril 1954. Entré chez Citroën en 1925 à 17 ans et demi, autodidacte devenu sous-responsable du Super-Contrôle, Magès y reste 49 ans, jusqu'à sa retraite en septembre 1974 — année même où le documentaire situe l'arrêt programmé de la production de la DS. Le film de Gilles Cayatte, dont la date de diffusion précise n'est pas confirmée par la transcription elle-même, s'inscrit dans la production télévisuelle française de rétrospectives sur l'automobile populaire et sur les grandes figures politiques associées à certains modèles (ici le général de Gaulle et la DS).
Regard d'archiviste
Le titre apparaît en incrustation dès l'ouverture, mais l'essentiel du film est constitué de témoignages de particuliers et d'un professionnel (Jean-Paul Cardinal) filmés en conditions réelles de conduite, mêlés à des images d'archives (INA, actualités, publicités Citroën d'époque). Le seul passage technique consacré explicitement au dispositif hydropneumatique cite le nom de l'inventeur, bien que déformé par la reconnaissance vocale automatique — ce qui invite à une lecture prudente de toute mention nominative dans ce type de source. La rareté de cette mention directe de Paul Magès dans un document grand public contraste avec la place que lui accordent les archives internes du fonds (brouillons de lettres, plans techniques, essais), et illustre l'écart entre la mémoire médiatique de la DS — largement centrée sur l'objet, le style et la charge politique et affective du véhicule — et la reconnaissance technique de son concepteur, davantage documentée dans les pièces d'atelier et de bureau d'études conservées par la famille. Ce film peut utilement être mis en regard d'autres pièces du fonds traitant de la réception publique de la DS, comme La fabuleuse histoire de la DS, par Serge Dubor ou le montage familial À l'ombre de notre sœur la DS.
Datation
non datée
aucune date portée sur le document
Document
0 page
Source : « WEB — Films », p. 6
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