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À l'ombre de notre sœur la DS — Montage vidéo de Pierre Magès

Montage vidéo réalisé par Pierre Magès, fils de Paul Magès, en hommage à la place centrale occupée par la DS dans l'histoire familiale.

Film conservé et diffusé par l'Association Paul Magès

Film conservé et diffusé par l'Association Paul Magès

Présentation et légendes d’origine

Montage vidéo de son fils Pierre.

Comprendre ce document

Dans ce document

Ce montage vidéo, réalisé par Pierre Magès et intitulé À l'ombre de notre sœur la DS, mêle images d'archives, commentaires en voix off (visiblement écrits et dits par un enfant de Paul Magès, evoquant « notre père ») et un entretien avec Paul Magès lui-même, ainsi qu'un témoignage de Jean Satin, ancien responsable des essais. Le document se présente en deux films successifs. La transcription provient des sous-titres automatiques (reconnaissance vocale) et comporte des altérations, notamment sur les noms propres : « Majes »/« Majess » pour Magès, « ADS »/« DN » pour DS — corrections silencieuses opérées ici, signalées une seule fois.

Film 1. Le récit s'ouvre sur des souvenirs d'enfance : une traction avant garée « devant notre maison de Chaville » (00:19), puis un épisode de gymkhana automobile où « Monsieur Magès a d'ailleurs refusé le premier prix et a souhaité ne pas être classé » (01:04). Suivent des évocations des essais sur route avec le mécanicien « monsieur Dumoulin », en Laponie en février 1949 et dans le Sahara en septembre 1954 (01:44-01:58) — épisodes qui recoupent les campagnes d'essais du fonds. Un long passage restitue les méthodes d'embauche chez Citroën, « comme on entre en religion » (02:52), avec enquêtes de voisinage très poussées (02:27-02:45). Le cœur du film porte sur la genèse de la DS : la 2 CV présentée comme sa « mère légitime » (01:20-03:25), puis le récit de la méthode de l'ingénieur Lefèvre réunissant ses équipes le lundi matin et laissant chacun « lever le doigt » pour s'attribuer un problème — c'est ainsi que Paul Magès aurait pris la responsabilité du dispositif hydropneumatique, devenant alors « le patron […] le maître absolu de l'étude » (03:57-04:56), épisode à relier aux plans du 17 février 1944. Une citation tirée du livre de Roger Briau rapporte un rêve de Magès : concevoir « une nouvelle Rolls-Royce sur laquelle tout, absolument tout aurait été hydraulique » (05:29-05:39). Le mécanisme de la suspension est ensuite expliqué en détail (pompe, accumulateur, sphère, correcteur de hauteur, 05:44-06:51), avant un témoignage de Jean Satin, « plus de 90 ans », responsable des essais dès 1951 : « nous roulions sur la route […] on faisait des kilomètres » (06:53-07:35). Le film se clôt sur la fuite journalistique de l'Auto-Journal près de Draguignan qui révèle prématurément la nouvelle Citroën (07:45-08:05) et l'arrêt des chaînes de traction avant à Javel.

Film 2. Il s'ouvre sur la présentation de la DS en 1955 et une anecdote familiale : une caricature de Paul Magès épinglée sur sa porte (00:21-00:25), écho à la caricature dessinée par son fils Pierre. Est cité Roland Barthes, pour qui « la nouvelle Citroën tombe manifestement du ciel […] comme un objet superlatif » (00:39-00:57). Un journaliste raconte un essai dans les bois de Meudon en septembre 1955 : « la voiture survolait les obstacles du bas-côté » (01:33-01:45), concluant que Citroën avait « trouvé la formule définitive […] d'une automobile, une vraie » (01:57-02:02) — épisode contemporain de l'essai de la 15-Six H, avril 1954. Le ton change ensuite : les enfants évoquent les « fortes migraines » de leur père (02:16-02:18) liées aux déboires techniques — fuites d'huile, concessionnaires non formés (02:24-02:32). S'ensuit un long entretien avec Paul Magès lui-même, revenant, un demi-siècle après, sur les accusations dont il a fait l'objet : « On m'a accusé d'avoir fait une voiture hydraulique » (02:51-02:53), la précipitation de la sortie commerciale faute de moyens financiers (03:09-03:27), les carences du « service laboratoire chimie » (03:31-03:35), et sa propre reconnaissance : « j'aurais pas eu d'ennui hydropneumatique, ça c'est sûr » (04:23-04:29), concluant avec autodérision : « j'ai mal choisi la solution, [je fasse] une belle voiture avec des ressorts, à la main, comme un grand-père » (04:33-04:40). Le film se termine sur l'épisode de l'attentat du Petit-Clamart (août 1962) contre de Gaulle, sauvé par la DS malgré deux pneus crevés (05:59-06:48), et sur la phrase de Marcel Pagnol que Paul Magès gardait sur son bureau : « Tout le monde savait que c'était impossible et il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait » (07:13-07:24).

Contexte

La DS, présentée le 6 octobre 1955, concrétise le travail engagé par Paul Magès dès 1939-1940 (plans du 17 février 1944 ; premiers essais de la 2 CV, 1946). L'attentat du Petit-Clamart, le 22 août 1962, est un épisode largement documenté par ailleurs dans l'histoire de la DS et de Citroën. Ce montage, réalisé par un fils de Paul Magès mêlant témoignage paternel et regard familial, s'inscrit dans la même dynamique mémorielle que l'Association Paul Magès, active depuis 2013.

Regard d'archiviste

Ce document a une valeur exceptionnelle : il conserve la parole même de Paul Magès, s'exprimant sur les difficultés techniques et humaines de la DS avec une franchise rare — reconnaissance des fuites, des carences de contrôle qualité, autodérision sur ses propres choix. La transcription automatique, malgré ses défauts sur les noms propres, permet une restitution fidèle et datée des propos. Elle mériterait un contrôle qualité (vérification image par image) avant citation en contexte académique ou éditorial, certains passages restant [incertain] du fait de la reconnaissance vocale automatique.

Datation

non datée

aucune date portée sur le document

Document

0 page

Source : « WEB — Films », p. 1

Catégorie

Biographie