Note Magès n°560.108 : raisonnement sur une transmission à variation continue (1956)
Une note technique de Paul Magès, datée du 4 avril 1956, développe en treize points, courbes à l'appui, un raisonnement sur l'utilisation optimale du moteur associé à une transmission à variation continue de démultiplication.

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Le principe de départ : deux courbes moteur
La note s'ouvre sur un graphique manuscrit opposant la courbe de puissance générale du moteur, notée A, à une courbe B, « lieu géométrique » des points de meilleur rendement à chaque régime p. 159.
Magès illustre le problème d'une boîte de vitesses classique : à 100 km/h en 3ème à 4000 t/mn, si seulement 20 CV sont nécessaires, cette puissance est « obligatoirement prise dans une zône de consommation spécifique élévée » — point C du graphique p. 159. Avec un variateur continu et automatique, le même besoin pourrait être satisfait vers 1800 t/mn, au point D, « pour obtenir une consommation mini (et un gain appréciable de confort) » p. 159.
La règle générale et ses moyens de mise en œuvre
Il en tire une « REGLE GENERALE » : n'utiliser le moteur qu'au régime donnant la puissance demandée sur la courbe de consommation spécifique minimale B p. 159.
Pour l'appliquer, Magès envisage que l'ouverture du papillon des gaz soit réglée par une came asservie à la vitesse de rotation, puis note que le couple moteur suit sensiblement une droite entre 1000 et 4000 t/mn sur le moteur 2 CV, ce qui pourrait « corriger l'ouverture du papillon » p. 159.
Prolongements du raisonnement
Sur la page 160, il poursuit : sans boîte classique, les courbes A et B pourraient devenir « très voisines si non confondues » p. 160. Il imagine un moteur fonctionnant « toujours plein gaz », sauf en zone de transition proche du ralenti p. 160, avec des mélanges pauvres et un réchauffage automatique de l'air d'admission croissant quand le régime diminue, « facteur de rendement » p. 160.
Conclusion : le papillon des gaz disparaîtrait comme organe de réglage, remplacé par un organe modifiant automatiquement la démultiplication en fonction de l'effort demandé par le conducteur, pour que le moteur « prenne automatiquement une vitesse d'équilibre fonction de la puissance qui lui est demandée » p. 160.
Contexte
En 1956, Citroën développe la DS, lancée l'année précédente, et Paul Magès y a déjà imposé la suspension hydropneumatique. La recherche d'une transmission continue automatique s'inscrit dans une réflexion plus large de l'époque sur le confort et le rendement, prolongeant l'esprit d'innovation hydraulique qui caractérise les bureaux d'études Citroën. La transmission hydrostatique, sujet largement documenté dans les décennies suivantes du fonds Magès, trouve ici l'une de ses premières formulations théoriques.
Regard d'archiviste
Ce document semble constituer l'une des toutes premières formalisations écrites, par Magès lui-même, du raisonnement fondateur de la transmission à variation continue — près de vingt ans avant les développements aboutis sur la transmission hydrostatique que l'on retrouve dans des pièces plus tardives du fonds, comme la note sur l'adaptation du moteur à un variateur automatique (1973) ou l'exposé technique au B.E.A. des années 1973-1974.
La démarche en treize points, appuyée sur des courbes tracées à la main, illustre probablement une méthode de travail caractéristique de l'ingénieur : partir d'une observation physique simple (la courbe de puissance) pour en déduire, pas à pas, les conséquences mécaniques et les organes à concevoir p. 159-160.
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Datation
4 avril 1956
Document
2 pages
Source : « Scanner 18 août 2025 à 15.25.pdf », p. 159–160
Catégorie
Note d'archivage
p.159 en-tête « N° 560.108 P. MAGÈS Le 4 Avril 1956 » ; p.160 page 2 ; sommaire p.164.

