Paul Magès Association
Rechercher
Retour aux archives

Note P. Magès n°570108 : transmettre le mouvement par voies hydrauliques

En 1956, Paul Magès expose le problème moteur-transmission et plaide pour un variateur hydrostatique automatique, capable aussi d'alimenter la suspension, la dynamo, la ventilation et le démarrage.

Note P. Magès n°570108 : transmettre le mouvement par voies hydrauliques — page 157
1 / 2

Comprendre ce document

Dans ce document

Cette note dactylographiée de Paul Magès, référencée « 570108 » et intitulée Transmission du mouvement par voies hydrauliques, expose le « PROBLEME MOTEUR-TRANSMISSION » p. 157.

Le constat de départ

Magès observe que sur les « routes encombrées actuelles », le freinage et les reprises comptent plus que la vitesse de pointe pour obtenir de bonnes vitesses moyennes en sécurité p. 157.

Trois solutions comparées

Pour « avoir de bonnes accélérations », il envisage trois voies p. 157 :

  1. un moteur de grosse cylindrée (peu de rapports, mais mal utilisé et consommateur) ;
  2. un moteur de petite cylindrée avec de nombreux rapports (manœuvres jugées « désagréables » pour le client) ou boîte automatique « assez compliqué[e] » ;
  3. un moteur de petite cylindrée associé à un « variateur continu et automatique » couvrant toute la gamme, de l'infini à une « 6ème vitesse ».

Cette troisième solution lui « parait être la plus pratique et la plus économique » p. 157.

Pourquoi l'hydrostatique

Magès justifie le choix du variateur hydrostatique par sa simplicité pour les puissances à transmettre, son usage déjà éprouvé « en mécanique générale » et son adoption par l'aviation, qu'il faudrait « transposer sur le plan automobile » p. 157. Il reconnaît un rendement peut-être inférieur aux engrenages, mais met en avant le gain global moteur + transmission, comparant l'idée à l'hélice à pas variable des avions p. 157-158.

Freinage et usages annexes

Il décrit ensuite les qualités attendues d'un bon freinage — constant, refroidi, progressif, avec « freinage maxi à la limite d'adhérence sans risque de blocage » — obtenu par laminage de l'huile de transmission p. 158.

Enfin, il liste les « AUTRES AVANTAGES » du fluide sous pression : alimentation de la suspension (avec anti-roulis automatique envisagé), de la dynamo à vitesse constante, de la ventilation (refroidissement, climatisation, dégivrage), et du démarrage via la pompe de transmission utilisée comme moteur hydraulique de lancement, supprimant le démarreur électrique p. 158.

Contexte

Cette réflexion s'inscrit dans l'histoire de l'ingénierie hydraulique chez Citroën, où Paul Magès développera par ailleurs la célèbre suspension hydropneumatique (DS, 1955). Le principe d'un fluide sous pression irriguant plusieurs organes du véhicule (suspension, direction, freinage) deviendra une signature technique de la marque durant plusieurs décennies. Le projet de « transmission hydrostatique » évoqué ici renvoie à des recherches qui se poursuivront chez Citroën jusque dans les années 1970, sans jamais aboutir à une commercialisation.

Regard d'archiviste

Cette note de 1956 semble être un jalon fondateur : elle formule, dès cette date, une vision unifiée où un même circuit hydraulique alimenterait transmission, suspension, freinage, dynamo et démarrage — une logique que l'on retrouvera, développée et affinée, dans les travaux ultérieurs de Magès sur la transmission hydrostatique p. 157-158.

Le dossier conservé sous le titre « Transmission hydrostatique 59-74 » atteste que cette idée a été poursuivie sur près de deux décennies, jusqu'aux notes de 1973 qui reprennent des arguments très proches en faveur du variateur hydrostatique. Cette note de 1956 apparaît ainsi probablement comme l'un des tout premiers exposés de principe de Magès sur le sujet.

Datation

1956

Document

2 pages

Source : « Scanner 18 août 2025 à 15.25.pdf », p. 157–158

Télécharger le PDF

Catégorie

Technique

Note d'archivage

p.157 en-tête « P. MAGES 570108 – Transmission du mouvement par voies hydrauliques », p.158 page 2 ; sommaire p.164 : « 1956 … N° 570108 ».