Note de Paul Magès à M. Grosseau revendiquant ses droits d'inventeur (21 novembre 1971)
Une note manuscrite où Paul Magès revendique auprès de M. Grosseau la reconnaissance de son nom sur les brevets de perfectionnement qu'il prépare, en s'appuyant sur un brevet personnel de 1935.

Présentation et légendes d’origine
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Dans ce document
Cette note manuscrite, signée « Magès » et datée du « 21.11.71 » p. 1, est adressée « à M. Grosseau » p. 1.
Le message de Magès
Paul Magès y explique que le travail auquel il « se donne à fond » actuellement « ne m'est pas demandé et qui ne pourrait pas m'être demandé » p. 1. Il précise qu'il y consacre « pratiquement tous mes loisirs » et que ce travail est « basé sur un brevet à mon nom de 1935 » p. 1.
La revendication
Il en tire une conséquence directe : il indique qu'il « insisterait pour que les brevets de perfectionnement » qu'il prépare « soient pris avec la mention du nom de l'inventeur » p. 1.
Il justifie cette demande par un argument moral et économique : cette pratique, dit-il, se généralise, et il est « souhaitable moralement, pour les gens qui usent leur matière grise, et économiquement également, car cela exciterait la production d'idées nouvelles » p. 1. Il ajoute que « les brevets USA doivent mentionner le nom de l'inventeur réel » p. 1.
La page porte deux marques manuscrites : le nom « Magès » entouré d'un trait ovale en haut à gauche, et un paraphe entouré d'un trait ovale suivi de la date, en bas de page.
Contexte
Paul Magès est l'ingénieur Citroën à l'origine de la suspension hydropneumatique, dispositif clé de la DS présentée en 1955 ; entré chez Citroën en août 1925, il y fera toute sa carrière jusqu'à sa retraite en septembre 1974 (photographies du départ à la retraite de Paul Magès). Ce contexte général — non mentionné dans la note — éclaire l'importance qu'un inventeur salarié pouvait accorder à la paternité de ses brevets, dans une entreprise où les dépôts se faisaient traditionnellement au nom de la société.
Le sujet évoqué ici, la « carburation », renvoie plus largement aux recherches menées par Magès au-delà de la seule suspension, sur d'autres systèmes mécaniques automobiles — un champ d'invention resté moins connu du grand public que la DS.
Regard d'archiviste
Cette note courte mais dense donne à voir, probablement mieux qu'un document technique, la relation que Magès entretenait avec sa propre production intellectuelle : il semble tenir à distinguer nettement ce qu'il fait « sur ses loisirs », de son propre chef, de ce qui relève de sa fonction chez Citroën p. 1.
La mention d'un brevet personnel datant de 1935 est notable : elle suggère que Magès avait, bien avant son entrée chez Citroën en août 1925 à 17 ans et demi et son ascension jusqu'au poste de sous-responsable du Super-Contrôle (brouillon de lettre de Paul Magès à M. Sarre et plan d'entretien du 11), déjà déposé en son nom propre des inventions — un fait qui mériterait d'être recoupé avec d'autres pièces du fonds relatives à ses brevets antérieurs, si elles existent.
Le ton, à la fois ferme et argumenté (comparaison avec la pratique américaine des brevets), montre un homme soucieux de la reconnaissance de la paternité intellectuelle de ses inventions, dans un contexte où le sujet — le dépôt de brevets personnels sur la carburation — semble avoir suscité une tension ou du moins une nécessité de clarification avec sa direction, ici représentée par M. Grosseau p. 1.
Datation
21 novembre 1971
Document
1 page
Source : « WEB 115 — 1971. Réaction de Paul MAGÈS concernant le dépôt de brevets personnels sur la carburation. -.pdf », p. 1
Catégorie
Note d'archivage
Page 1 unique : manuscrit daté « 21.11.71 », signé Magès, adressé à M. Grosseau ; datation au jour portée sur le document.



