Note de Paul Magès à M. Cadiou : « il me faut un dessinateur » (10 décembre 1943)
Note manuscrite de Paul Magès à M. Cadiou, réclamant un dessinateur pour poursuivre les essais de la suspension hydropneumatique — brouillon et mise au net datés du 10 décembre 1943.

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Cette pièce comprend un brouillon très abîmé p. 7 et sa mise au net plus lisible p. 8, tous deux datés du 10 décembre 1943.
La demande de Paul Magès
Adressée à un certain M. Cadion (lu « Cadiou » dans le titre de la fiche), la note est brève et directe. Magès y écrit : « Si la question de la suspension Hydro pneumatique est toujours à l'ordre du jour il est nécessaire de me faire donner un dessinateur » p. 8.
Il justifie sa demande par la nécessité de poursuivre les essais : « pour mener à bien cette étude il y a des quantités d'essais à faire », ajoutant qu'il ne peut « pas aller plus loin sans avoir le résultat de ceux-ci » p. 8.
Le brouillon de la page 7, très endommagé, porte la même date manuscrite (« 10_12-1943 ») et une signature illisible suivie du paraphe de Magès, confirmant qu'il s'agit d'une première version de la même note.
Annotations et numérotation
Les deux pages portent des numéros de classement postérieurs (« 42 » et « 43 »), inscrits en rouge/bordeaux et en noir, ainsi qu'une trace de tampon partiellement visible en haut de la page 7. Un petit ajout manuscrit en bas de la page 8, souligné, répète l'objet de la demande : « UM dessinateur ! » p. 8.
Contexte
La suspension hydropneumatique, invention majeure de Paul Magès qui équipera plus tard la Citroën DS (présentée le 6 octobre 1955), était encore en 1943 un projet de recherche interne, en pleine période d'Occupation — un contexte qui explique probablement les moyens limités dont disposaient les ingénieurs du bureau d'études. Cette demande de décembre 1943 précède de peu les premiers plans datés du 17 février 1944 (voir les Plans de suspension hydropneumatique à interaction différentielle), ce qui confirme qu'il s'agit d'une période charnière où l'étude théorique se met en place avant de déboucher, deux ans et demi plus tard, sur les premiers essais de la 2 CV (mai-juillet 1946, Cahier des premiers essais de la 2 CV à suspension hydropneumatique).
M. Cadiou/Cadion, destinataire de la note, apparaît ici comme un responsable hiérarchique de Magès, chargé d'allouer les ressources humaines nécessaires aux études en cours ; son identité précise n'est pas davantage renseignée dans le document.
Regard d'archiviste
Ce court billet administratif offre un aperçu rare et concret des conditions matérielles dans lesquelles a mûri l'invention de la suspension hydropneumatique dès 1943 : il montre un ingénieur réclamant lui-même, sans détour, les moyens minimaux (un dessinateur) pour avancer — Magès qui, entré chez Citroën en août 1925 comme autodidacte, était alors rédacteur technique puis sous-responsable du Super-Contrôle avant de rejoindre le bureau d'études (notes autobiographiques).
Le fait qu'il existe un brouillon p. 7 et une version au net p. 8 suggère que Magès portait un soin particulier à cette démarche, probablement jugée décisive pour la poursuite de ses travaux.
Cette note s'inscrit dans un ensemble documentaire plus large sur les débuts de l'étude théorique de la suspension, dont témoignent notamment la Liste des problèmes en étude au 22 février 1944 et la Chemise « Étude théorique – suspension hydropneumatique 1943/44 », qui permettent de suivre la suite de ces travaux menés dans des conditions manifestement contraintes.
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Datation
10 décembre 1943
Document
2 pages
Source : « Scanner 13 août 2025 à 14.29.pdf », p. 7–8
Catégorie
Note d'archivage
Dates portées « 10-12-1943 » p.7 et « 10.12.43 » p.8, même texte en deux états (le sommaire indique 10-12-1944).

