Projet de suspension à interaction AV-AR (note technique, 13 janvier 1944)
Une note d'invention de 1944 décrit un système de suspension à action différentielle entre roues avant et arrière, avec ses variantes mécaniques et hydrauliques illustrées par quatre schémas.

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Le problème posé
La note s'ouvre sur un constat : une interaction entre les suspensions avant et arrière améliore « considérablement le confort » p. 1. L'auteur passe en revue des solutions déjà proposées — leviers à longueur variable, ou liaison AV-AR via un « ressort de galop » — et en souligne les limites, notamment pour les véhicules à « grande variation de répartition de charge » p. 1.
Le système proposé
La solution décrite utilise deux éléments élastiques placés en parallèle, chacun agissant sur la roue avant et sur la roue arrière par des leviers de longueurs différentes : « le levier d'attaque sur l'avant d'un des ressorts est plus grand que le levier d'attaque sur l'arrière », et inversement pour l'autre ressort. Le texte qualifie ce principe de « système à action différentielle » p. 1.
Le document précise que ce système trouve « toujours, automatiquement, une position d'équilibre », quelle que soit la répartition de charge, sous réserve que le rapport des charges AV/AR reste dans des limites fixées par les dimensions des leviers et les caractéristiques des ressorts R et R' p. 2.
Variantes illustrées
Quatre figures accompagnent la note p. 3 :
- Fig. 1 : schéma de principe mécanique, ressorts à boudin, points A, B, R, R', O, O' (p. 1, p. 3).
- Fig. 2 : « suspension hydraulique basée sur le même principe d'action différentielle », air ou gaz comprimé comme élément élastique p. 1-2.
- Fig. 3 : variante à pistons différentiels (points P, A, P', A') p. 1-2.
- Fig. 4 : pistons différentiels centralisés p. 2.
Le Résumé final reformule le principe : deux ou plusieurs éléments élastiques par côté, agissant « avec une même force » sur les deux roues opposées, mais avec un moment différent, plus fort à l'AV pour l'un, à l'AR pour l'autre p. 2.
Contexte
Cette note, datée du 13 janvier 1944, s'inscrit dans les travaux de recherche sur la suspension menés chez Citroën dans les années précédant le lancement de la DS (1955), dont la suspension hydropneumatique — associant liquide et gaz comprimé sous pression — deviendra une signature technique majeure de la marque.
Le fonds permet de préciser ce rattachement : un peu plus d'un mois après cette note, le 17 février 1944, Paul Magès établit ses propres plans de suspension hydropneumatique à interaction différentielle, entré au bureau d'études Citroën peu auparavant à la faveur de ses travaux sur le limiteur de freinage du fourgon TUB (1939-1940). Le principe d'interaction AV-AR décrit ici, notamment sous sa forme hydraulique à pistons (Fig. 2 à 4), s'inscrit ainsi dans la même séquence de réflexion qui mènera, via les premiers essais sur 2 CV en 1946, à la suspension hydropneumatique de la DS présentée en 1955.
Regard d'archiviste
Ce texte a la forme d'une note d'invention structurée (exposé du problème, description technique, résumé final), probablement destinée à servir de base à un dépôt de brevet ou à une consultation interne — bien que le document ne le précise pas explicitement.
Il semble que cette pièce marque une étape de réflexion antérieure aux solutions hydropneumatiques abouties : le passage du système à leviers mécaniques (Fig. 1) vers les variantes hydrauliques à pistons différentiels (Fig. 2-4) illustre, à l'intérieur même du document, une progression logique vers des architectures plus proches de ce qui deviendra caractéristique des suspensions Citroën.
La date du 13 janvier 1944 p. 1 place ce projet en pleine période d'Occupation, ce qui pourrait expliquer le caractère encore théorique et exploratoire de la note, sans qu'aucun élément du document ne permette de l'affirmer.
Datation
13 janvier 1944
Document
3 pages
Source : « WEB 81 — 1954. Projet d'une suspension à intéraction. -.pdf », p. 1–3
Catégorie
Note d'archivage
Page 1 porte l'en-tête « Projet ----- 13/1/44 SUSPENSION A INTERACTION » ; p.2 est la suite paginée « - 2 - » du même texte ; p.3 est la planche de figures rattachée à la note. Aucune autre pièce dans le PDF, l'unité couvre donc les pages 1 à 3. Datation par la date portée en p.1 (le titre du dossier mentionne 1954, non attesté dans les pages).
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