Tract communiste de 1936 contre « Monsieur Longeot » à l'atelier Citroën-Lecourbe
Un tract de la cellule communiste Citroën-Lecourbe s'attaque en 1936 à un chef de service, Longeot, et met en cause la réorganisation des ateliers de réparation associée à « Longeot et Magès ».

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Ce tract de la cellule communiste Citroën-Lecourbe (Parti communiste S.F.I.C., Région Paris-Ville) s'ouvre sur un en-tête où le logo Citroën est détourné, orné d'un marteau et d'une faucille dessinés au centre des chevrons p. 1.
Mise en cause de « Monsieur Longeot »
Le texte reprend une polémique déjà lancée dans un numéro précédent du « Journal » de la cellule, reprochant à « Monsieur Longeot » de n'avoir apporté « aunun argument » pour se défendre p. 2-3. Il l'interpelle sur plusieurs points : le transport de matériaux (sable, ciment, plâtre) par un camionneur des « transports Languet », surnommé « Gueule d'Empeigne » p. 2-3 ; le salaire avantageux d'un laveur de voitures qui « fait le jardin et cire le plancher » de Longeot p. 2-3 ; et le ton jugé irrespectueux de ce « chef de service » envers les délégués, qualifiés par lui de « ganaches » selon le tract p. 2-3.
La réorganisation des ateliers
Une rubrique intitulée « Diminuons les temps », signée « Le surveillant », détaille une évolution chiffrée des effectifs à l'atelier Lecourbe : six mois plus tôt, 80 compagnons « productifs » contre 16 « improductifs » ; « à l'heure actuelle », 65 productifs contre 27 improductifs p. 2-3. Le tract attribue ce résultat à « l'expérience du Planing Longeot et Magès », estimant que les délégués d'atelier avaient anticipé cette dégradation car « dans la réparation on ne sort pas des heures des compagnons avec des kgs [...] ou avec des catalogues » p. 2-3.
Autres rubriques
Une section « Resquilles autorisés » s'interroge sur une voiture (N° 1471-Wl, coque EZ 076, moteur PV-00823) « apposée aux ateliers Lecourbe sans N° de réparation », que le tract suppose être celle de M. Longeot p. 2-3. Une autre rubrique, « Dans l'équipe O.K. », critique un chef de groupe peu disponible pour ses compagnons p. 2-3. Le texte s'achève, inachevé, sur une évocation de « Monsieur Michelin » p. 2-3. Des traits manuscrits roses/rouges soulignent en marge le paragraphe sur le Planing Longeot-Magès p. 2-3.
Contexte
Paul Magès, entré chez Citroën en août 1925 à 17 ans et demi et autodidacte devenu rédacteur technique puis sous-responsable du Super-Contrôle (notes autobiographiques), occupait dans les années 1930 des fonctions liées à l'organisation de la production et de la réparation, avant d'entrer au bureau d'études à la fin de la décennie et de devenir l'inventeur de la suspension hydropneumatique. L'atelier de la rue Lecourbe à Paris était l'un des sites Citroën consacrés à la réparation automobile.
L'année 1936 correspond à une période de forte agitation sociale en France, marquée par les grèves du Front populaire et une activité syndicale et politique intense dans les usines, notamment chez Citroën où les cellules communistes diffusaient régulièrement des tracts contestant l'organisation du travail et les pratiques hiérarchiques.
Regard d'archiviste
Ce tract est précieux car il montre, vu depuis l'atelier et sous une plume résolument militante, l'accueil réservé à une réorganisation du planning associant nommément Longeot et Magès p. 2-3. Il témoigne d'un climat de tension entre la maîtrise et les ouvriers de la réparation, dans un contexte de restructuration des effectifs.
Il semble que Magès n'y soit qu'associé au dispositif contesté — le tract vise avant tout Longeot — mais cette pièce éclaire probablement les résistances rencontrées par les méthodes de rationalisation qu'il a pu mettre en œuvre très tôt dans sa carrière, alors qu'il n'avait pas encore vingt-huit ans et plusieurs années avant ses premiers plans de suspension hydropneumatique de 1944. Les deux états successifs du même texte (une version coupée puis complète, p. 2 et p. 3) suggèrent un document de travail ou une épreuve corrigée avant diffusion.
Datation
1936
Document
3 pages
Source : « WEB 51 — Tract du PCF en 1936.qui s'attaque à Paul MAGES suite à la réorganisation des ateliers de réparation qu'il vient de mett.pdf », p. 1–3
Tags
Catégorie
Note d'archivage
Unité unique : même en-tête de cellule (p.1) et même texte dactylographié repris en pages 2 et 3 (p.2 version coupée, p.3 version complète débutant par « Monsieur Longeot »). Aucune date portée sur les pages transcrites ; l'année 1936 provient du titre du dossier d'archives, d'où une confiance moyenne.





