« Caractéristiques fondamentales des suspensions pneumatiques compensées » — exemplaire annoté
Un tiré à part théorique de l'ingénieur Maurice A. Julien (Paulstra) comparant mathématiquement les suspensions Firestone-GM et Citroën, complété d'une annotation manuscrite rapportant une objection critique sur la notion d'isochronisme.

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Un tiré à part théorique sur les suspensions pneumatiques compensées
Ce document est un article signé Maurice A. Julien, ingénieur civil des Mines, directeur des Recherches à la S.A. Usines Paulstra, et président de section technique à la S.I.A. p. 24. L'auteur y annonce vouloir comparer, sur un plan théorique, deux familles de suspensions apparues « dans les fabrications de série » : la solution Firestone — General Motors aux États-Unis et la solution Citroën en France p. 24.
Terminologie et principes
Julien distingue la suspension « solide » (ressort métallique, caoutchouc, bois) de la suspension pneumatique ou hydropneumatique, fondée sur un « ressort gazeux » dont la pression peut être ajustée p. 24. Il introduit la notion de « suspension compensée », statique ou dynamique, la seconde pouvant traiter séparément dévers et cabrage grâce au « théorème de Broulhiet » p. 25.
Il développe ensuite la théorie de l'isochronisme : une suspension est dite isochrone si sa pulsation propre reste constante quelle que soit la charge, ce qui suppose une loi de rappel exponentielle p. 25.
Deux familles de suspensions compensées
À partir d'un « ressort pneumatique élémentaire » (fig. 2, p. 26), l'auteur distingue :
- la suspension à volume constant et masse d'air variable, illustrée par le dispositif Firestone-GM p. 26-27, qu'il démontre mathématiquement isochrone p. 27 ;
- la suspension à masse d'air constante et volume variable (solution oléopneumatique), illustrée par le dispositif Citroën, dont il démontre qu'elle n'est pas isochrone, sa pulsation variant en racine carrée du rapport des charges p. 27-28.
| Type de suspension | Isochronisme | Exemple cité | Page |
|---|---|---|---|
| Volume constant, masse d'air variable | Oui | Firestone-GM | p. 27 |
| Masse d'air constante, volume variable | Non | Citroën | p. 28 |
Julien propose ensuite une suspension mixte « solide et oléopneumatique compensée » combinant à parts égales un ressort solide linéaire et un ressort pneumatique compensé, dont les défauts d'isochronisme respectifs se compensent (fig. 6, p. 29). Il conclut en dressant un bilan avantages/inconvénients des suspensions compensées, jugeant que « l'on approche désormais du point d'inversion » en faveur du pneumatique/hydropneumatique p. 29.
L'annotation manuscrite
En bas de la page 29, une note à l'encre rouge, en partie incertaine, rapporte un souvenir : lors de la discussion suivant l'exposé, un intervenant (nom incertain) aurait objecté que, si la suspension est apériodique, « parler d'isochronisme relève d'une esthétique mathématique ».
Contexte
La suspension hydropneumatique Citroën, mise au point notamment par Paul Magès, équipe la DS présentée en 1955, puis la 2 CV et d'autres modèles. Elle repose sur un principe de masse de gaz constante et volume variable de liquide, exactement le second type décrit par Julien.
Le concurrent américain évoqué, Firestone-General Motors, avait développé au même moment un système pneumatique à air comprimé, monté notamment sur certains modèles Cadillac dans les années 1950 — solution du premier type théorisé par l'auteur.
Paulstra, société pour laquelle travaille Julien, était un fournisseur d'organes en caoutchouc et de suspensions pour l'industrie automobile française, en lien technique et commercial avec les constructeurs de l'époque, dont Citroën.
Regard d'archiviste
Ce texte occupe une place particulière dans les archives Magès : il ne s'agit pas d'une note interne mais d'un tiré à part théorique externe, probablement diffusé lors d'une conférence technique (S.I.A.), et conservé pour ses conclusions favorables — quoique nuancées — à la solution Citroën.
L'annotation manuscrite en rouge est précieuse : elle atteste qu'une discussion a suivi la présentation orale de l'exposé, où la pertinence même de la notion d'isochronisme aurait été mise en doute p. 29. Le lien avec les échanges contemporains sur le sujet, comme le compte rendu de la réunion du 17 février 1960 sur le brevet Bougeard ou la note de Magès du 19 juin 1961 sur l'affaire Bongrand, suggère que ce document a probablement circulé au sein de l'équipe technique Citroën comme pièce de comparaison et de justification théorique des choix retenus pour la suspension hydropneumatique.
Dans le même dossier

Article de Maurice A. Julien sur les suspensions pneumatiques compensées (1956)

Rapport d'essais DS 8962 BX 78 — page 5 : mesures voiture sur roues sans amortisseur AV

Lettre d'A. Bougeard à Paul Magès sur les essais de suspension de la 2 CV (5 novembre 1959)
Datation
non datée
aucune date portée sur le document
Document
6 pages
Source : « Scanner 5 août 2025 à 14.05.pdf », p. 24–29
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Catégorie
Note d'archivage
Reprise du titre et de l'auteur en p.24, texte identique à p.18-23 ; fin en p.29 avant l'article anglais de p.30.



