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Lettre d'A. Bougeard à Paul Magès sur les essais de suspension de la 2 CV (5 novembre 1959)

Un testeur breton, A. Bougeard, rend compte à Paul Magès de ses essais de charge sur une 2 CV à suspension pneumatique expérimentale et propose d'élargir les passages d'air entre cylindres et capacités pour assouplir l'arrière.

Lettre d'A. Bougeard à Paul Magès sur les essais de suspension de la 2 CV (5 novembre 1959) — page 2
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Cette lettre est adressée par A. Bougeard, exploitant une cidrerie-distillerie à Vitré (Ille-et-Vilaine), à Paul Magès aux services « Études » de Citroën, datée du 5 novembre 1959 p. 2. Elle porte le tampon de réception « - 6 NOV. 1959 » et une annotation « Reçu le 12/11. 8h (M. Cadion) » p. 2.

Essais de charge sur la 2 CV expérimentale

Bougeard rend compte d'essais menés en faisant varier le nombre d'occupants. À pleine charge (4 personnes « d'une large corpulence »), « un minimum de 7 Kgs est nécessaire » et la voiture est alors « vraiment bien » p. 2 — ce passage est d'ailleurs souligné en rouge dans l'original. Avec une charge plus légère (3 personnes, 1 seule à l'arrière), l'avant reste satisfaisant mais l'arrière est jugé « un peu dur ». Avec seulement 2 personnes à l'avant, une pression de « 5 1/2 - 6 » suffit à l'avant, l'arrière étant « encore plus dur » (souligné en rouge, p. 2).

Il en tire une conclusion technique : réduire le bras de levier arrière imposerait une pression de 8 à 10 kg en charge, ce qui durcirait l'avant ; raccourcir également le levier avant ne ferait que déplacer le même problème p. 2.

Modification proposée

Sur les conseils d'un mécanicien, Bougeard identifie que les capacités extérieures ne comportent que « 3 trous de 5 m/m » comme passages d'air entre cylindres et capacités, ce qui « bride le passage de l'air » et rend inutiles des tuyauteries plus grosses p. 3. Il prévoit d'élargir ces trous, quitte à les « calibrer ensuite par des gicleurs », et d'ajouter, à l'arrière seulement, des « capacités d'un litre à chaque cylindre du côté de la compensation » p. 3.

Il annonce vouloir terminer ces modifications « pour la fin de la semaine » et propose un essai avec Magès le « jeudi 12 » (corrigé en « jeudi 19 » par une annotation manuscrite) ou le vendredi 14 p. 3. Il évoque enfin l'échange d'une 2 CV grise contre une 2 CV bleue mise à sa disposition par M. Delérive p. 3.

Contexte

Cette correspondance s'inscrit dans les recherches menées chez Citroën à la fin des années 1950 sur des systèmes de suspension pneumatique compensée, en parallèle du développement de la suspension hydropneumatique appliquée à la DS. Les échanges avec des testeurs extérieurs, disposant de véhicules d'essai en usage réel, faisaient partie des méthodes courantes de mise au point avant l'ère des bancs d'essai systématiques.

Regard d'archiviste

Ce document illustre concrètement la méthode empirique d'ajustement d'une suspension expérimentale : c'est par l'usage quotidien et le tâtonnement (pressions, diamètres de trous, volumes de capacités) que Bougeard affine son dispositif, avant tout retour théorique de Magès.

Il semble que cette 2 CV fasse partie du même programme d'essais que la note manuscrite du 24 juin 1959 sur les effets d'une capacité par côté ou par essieu, la question du dimensionnement des capacités étant ici directement rapportée à l'expérience du terrain. Le sujet trouvera probablement un prolongement dans le compte rendu de la réunion du 17 février 1960 sur le brevet Bougeard, qui semble clore ou officialiser cette collaboration.

Datation

5 novembre 1959

Document

2 pages

Source : « Scanner 5 août 2025 à 14.05.pdf », p. 2–3

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

En-tête et date au p.2 (« Vitré, le 5 Novembre 1959 », tampon de réception 6 NOV. 1959) ; p.3 en est la suite avec signature.