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Brevet Louis Renault n° 397.607 : changement de vitesse à liquide (1908)

Le fascicule officiel du brevet déposé par Louis Renault en décembre 1908, décrivant un mécanisme d'embrayage et de changement de vitesse progressif par transmission hydraulique — un document ancien conservé dans le fonds Magès, probablement pour ses travaux sur la transmission hydrostatique.

Brevet Louis Renault n° 397.607 : changement de vitesse à liquide (1908) — page 132
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Comprendre ce document

Dans ce document

Il s'agit du fascicule officiel du brevet d'invention n° 397.607, déposé par Louis Renault auprès de l'Office national de la propriété industrielle. La page de garde précise : « Demandé le 18 décembre 1908. Délivré le 27 février 1909. — Publié le 13 mai 1909 » et signale qu'une demande équivalente avait été « déposée en Allemagne le 21 décembre 1907 » p. 132.

Objet de l'invention

Le texte présente « un mécanisme d'embrayage et de changement de vitesse progressif » où la transmission entre l'arbre moteur et l'arbre commandé « se fait par l'intermédiaire de deux systèmes de pompes agissant sur une quantité de liquide constante » p. 132. Un système de pompes, actionné par l'arbre moteur, refoule le liquide vers un second système de pompes qui entraîne l'arbre commandé.

Principe de fonctionnement

Le brevet insiste sur une caractéristique clé : une partie de la puissance est toujours transmise mécaniquement, tandis que le reste passe par le « transformateur hydraulique » ; à la « prise directe », l'ensemble de la transmission devient purement mécanique p. 132-133. Le dispositif permet aussi le débrayage complet — utile « dans le cas d'une voiture automobile » pour laisser tourner le moteur indépendamment des roues en descente p. 132 — ainsi que la marche arrière et un freinage moteur.

Description mécanique

Les pages 133-134 détaillent l'architecture : un bloc de pistons (1, 2) calé sur l'arbre moteur (3) par cannelures, des bielles à rotule, une couronne inclinable (6) réglée via un levier (10) et une pièce coulissante (13), un distributeur (15) et un système récepteur analogue (17, 21-24) fixé au châssis. Un piston (25), équilibré par un ressort (26), fait varier automatiquement l'inclinaison de la couronne récepteur (23) selon la pression du liquide — ce qui régule la vitesse en fonction du couple résistant, « quelles que soient les variations du couple résistant » p. 134. Deux soupapes de sûreté (29) protègent l'appareil contre les surpressions dans les deux sens de marche p. 134-135.

Le résumé final p. 135 reformule les deux revendications principales : le partage mécanique/hydraulique de la puissance, et le système de commande automatique par piston à liquide sous pression. Le document est signé « Louis RENAULT », par procuration d'Émile Klotz p. 135. La planche unique p. 136 illustre l'appareil en coupe (fig. 1 à 4).

Contexte

Louis Renault (1877-1944), fondateur des usines Renault, dépose ce brevet en 1908, à une époque où l'industrie automobile française cherche à simplifier le passage des vitesses, alors assuré par des boîtes mécaniques à crabots souvent délicates à manier. L'idée d'une transmission hydraulique progressive, sans à-coups, préfigure des principes qui seront redécouverts et développés bien plus tard, notamment dans les transmissions automatiques et hydrostatiques.

Ce document ne provient pas des archives propres de Paul Magès mais semble avoir été conservé par lui — la cote manuscrite « Pb 4633 / 1959 » p. 132 suggère un classement tardif, probablement lors de ses propres recherches sur la transmission hydrostatique chez Citroën dans les années 1960-1970.

Regard d'archiviste

La présence de ce brevet ancien dans le fonds Magès est significative : il atteste probablement d'un travail de veille et de recherche antérieure mené par l'ingénieur avant de développer ses propres solutions hydrauliques pour Citroën.

Les annotations manuscrites — soulignement du nom de Renault, encerclement de la date de dépôt, cote « Pb 4633 / 1959 » p. 132 — indiquent que le document a été relu et référencé avec attention, sans doute pour situer l'antériorité des idées de transmission par liquide sous pression.

Ce brevet peut ainsi être lu comme une pièce de contexte historique éclairant les travaux ultérieurs de Magès sur la transmission hydrostatique, notamment ses notes sur le variateur automatique de démultiplication. Le principe renaultien de 1908 — pompes hydrauliques réglant progressivement le rapport de vitesse — annonce, à sa manière, certaines problématiques que Magès rencontrera cinquante ans plus tard.

Datation

18 décembre 1908

18 décembre 1908 (date de dépôt, p. 132)

Document

5 pages

Source : « Scanner 18 août 2025 à 15.25.pdf », p. 132–136

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

p.132 page de titre du brevet n° 397.607 daté du 18 décembre 1908 ; p.133-135 pages 2 à 4 ; p.136 planche unique ; sommaire p.164 mentionne les deux brevets Renault.