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Entrevue Rolls-Royce / Citroën du 18 mars 1963 sur le circuit de freinage hydraulique

Compte rendu d'une rencontre confidentielle entre Rolls-Royce et Paul Magès autour de l'étanchéité, la purge et la fabrication du circuit de freinage hydraulique, dans le cadre d'une future cession de licence de brevet.

Entrevue Rolls-Royce / Citroën du 18 mars 1963 sur le circuit de freinage hydraulique — page 29
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Les participants

Ce compte rendu dactylographié relate une entrevue du 18 mars 1963 à 16 heures entre des représentants de Rolls-Royce (S.V. Massey Crosse, B.R. Shilton, M. Harries) et de Citroën (Paul Magès, Etievant, Henry-Biabaud) p. 29.

L'objet officiel est présenté d'emblée : des « demandes de renseignements de Rolls-Royce concernant l'étanchéité à la poussière des tiroirs et clapets du circuit de freinage hydraulique » p. 29.

Étanchéité et clapets à billes

Rolls-Royce évoque sa difficulté à garder le liquide propre, craignant que des saletés n'empêchent les clapets à billes de bien fermer. Magès répond que les vibrations du véhicule provoquent le décollement des clapets même en présence de quelques saletés, et précise que les dimensions relatives « bille/orifice » ainsi que la force du ressort d'appui se définissent expérimentalement. La dimension de bille utilisée par Rolls-Royce est donnée : « 0,05 pouce » p. 29.

Les croquis dessinés par Shilton pour expliquer le système de freinage Rolls-Royce convainquent les interlocuteurs Citroën que les deux dispositifs sont « tout à fait semblable[s] », hors la partie propre au freinage (cylindre, etc.) p. 29-30. Rolls-Royce nettoie ses pièces à l'alcool à brûler ; Magès juge souhaitable tout ce qui va dans le sens de la propreté p. 30.

Purge, fabrication et joints

Magès explique la méthode de purge des freins (faire descendre la pompe à pression 0), méthode déjà présente dans les consignes de réparation du réseau Citroën p. 30.

Sur la fabrication des pièces délicates, Citroën répond que les machines utilisées sont « originales » et relèvent des « secrets de fabrication » ; Magès précise qu'au démarrage, les opérations délicates étaient faites à la main. Rolls-Royce indique procéder, pour sa part, par rectification et rodage p. 30.

Rolls-Royce prévoit de changer systématiquement les joints tous les 70 000 km p. 30.

Vibrations et licence de brevet

Shilton signale des vibrations dans le système hydraulique au freinage ; Magès l'attribue à un ressort interposé entre le bouton de commande et le palonnier, et suggère un essai avec l'ensemble de commande Citroën p. 30.

Le compte rendu conclut que cette entrevue n'a pu avoir lieu qu'en raison d'une « cession probable » d'une licence de brevet Citroën à Rolls-Royce, sans qu'il soit question d'aide technique. Shilton doit rendre compte à sa direction, Rolls-Royce ayant l'intention de fabriquer elle-même ses circuits hydrauliques p. 31.

Contexte

Le système de freinage hydraulique évoqué ici est celui, à haute pression, développé par Citroën pour la DS à partir de 1955, indissociable de la suspension hydropneumatique inventée par Paul Magès. Rolls-Royce, marque britannique de prestige, s'intéressait alors à cette technologie pour ses propres modèles, ce qui explique les échanges de licence de brevets entre les deux constructeurs au début des années 1960 — un rapprochement industriel connu mais dont les modalités précises restent, hors ce document, à documenter.

Regard d'archiviste

Ce compte rendu, rédigé probablement par Etievant, offre un rare aperçu des discussions techniques confidentielles entre Citroën et un concurrent prestigieux, dans un contexte de cession de brevet plutôt que de collaboration technique — une nuance que Citroën tient à souligner p. 30-31.

On y perçoit la prudence de Magès face aux questions de fabrication, qu'il qualifie de « secrets » p. 30, révélant l'importance stratégique accordée au savoir-faire industriel du circuit hydraulique.

Ce document s'inscrit dans la continuité des préoccupations de sécurité et de fiabilité de l'hydraulique déjà abordées dans la note BEA 43.027 sur la sécurité de fonctionnement de l'hydraulique et dans l'enquête sur les fuites hydrauliques de la DS 19, qui montrent que la question de l'étanchéité était alors un sujet sensible pour Citroën elle-même.

Datation

18 mars 1963

Document

3 pages

Source : « Scanner 8 août 2025 à 15.18.pdf », p. 29–31

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Note d'archivage

En-tête « ENTREVUE DU 18 MARS 1963 » p.29, pagination (2) et (3) p.30-31 ; entrée du sommaire.