Compte rendu d'essai d'endurance de la suspension hydraulique PVL ELV.324 (6 mars 1952)
Rapport des Laboratoires André Citroën adressé à Paul Magès : après 7 000 km d'essai sur le véhicule PVL ELV.324, membrane crevée, levier de réaction rompu et biellette oxydée révèlent les défaillances de la suspension hydraulique.

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Ce document est un rapport des Laboratoires André Citroën (53, rue Balard, Paris), adressé à M. Magès, référencé « ESSAI N° 220.652 » et daté du 6 mars 1952, portant sur les résultats d'endurance de la suspension hydraulique du véhicule d'essai P.V.L. ELV.324 p. 95.
L'incident constaté
Après environ 7 000 km, la voiture a subi un « durcissement de la suspension et rupture aux cannelures du levier de réaction sur cylindre » p. 95.
Le démontage : six constats
- La sphère de suspension AR.D. est pleine de Lockheed des deux côtés de la membrane ; la membrane (fabrication Michelin) est « crevée (crevaison en étoile) » dans le cercle d'appui de la soupape, probablement à cause d'un corps étranger — une rondelle du clapet d'amortissement déchirée dont un morceau manquait p. 95.
- Sur l'amortisseur, une cale en clinquant de 5/100 était déchirée (morceau manquant) et le clapet d'amortissement était coincé sur l'axe, à portée devenue conique p. 95.
- Le levier de réaction sur le cylindre s'est rompu aux cannelures « par suite du manque d'élasticité » ; l'axe cannelé s'est vrillé p. 95.
- La biellette (en Ol-G+T2) entre levier et piston « s'est bien comportée », avec un léger point de piqûre côté piston, mais présentait une oxydation « depuis le cache inférieur jusqu'à l'extrémité supérieure, articulation comprise » p. 95-96.
- Les roulements à billes et aiguilles (côté D) étaient « en bon état, bien graissés » p. 96.
- Les attaches du tirant de triangulation étaient en bon état, mais un réglage insuffisant avait déporté les roues arrière vers la droite p. 96.
Le document porte un tampon de réception daté et trois signatures manuscrites non identifiées avec certitude p. 95.
Contexte
Le sigle PVL désignait, chez Citroën, les véhicules-prototypes servant aux essais routiers avant la mise au point de la future DS, dont la suspension hydropneumatique fut l'innovation majeure lancée en 1955. Ces essais d'endurance en conditions réelles, sur des dizaines de milliers de kilomètres, faisaient partie du long processus de fiabilisation du système imaginé par Paul Magès dans les années 1940-1950.
Regard d'archiviste
Ce compte rendu illustre concrètement les difficultés d'ingénierie rencontrées avant l'aboutissement industriel de la suspension hydropneumatique : défaillances de matériaux (membrane Michelin crevée, cales déchirées, oxydation), problèmes de conception (manque d'élasticité du levier) et de réglage (déport des roues arrière) se combinent p. 95-96.
Il semble que ce document appartienne à un vaste corpus de rapports d'essais destinés à Magès pour orienter les corrections successives du système, dans la continuité des études théoriques menées dès les années 1943-1944, comme en témoigne la chemise « Étude théorique – suspension hydropneumatique 1943/44 ». Il pourrait aussi être relié aux plannings de fabrication 1945 de la suspension, qui organisaient la production des pièces testées ici.
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Datation
6 mars 1952
Document
2 pages
Source : « Scanner 13 août 2025 à 14.29.pdf », p. 95–96
Catégorie
Note d'archivage
p.95 essai n° 220.652 daté 6 3 52, p.96 suite « - 2 - » du même essai.

