Compte rendu d'essai n° 220.777 : endurance des joints de cylindre de la suspension H
Rapport du Laboratoire André Citroën (30 avril 1952) sur des fuites de liquide Lockheed dues à l'usure des joints de cylindre de la suspension hydropneumatique, avec mesures précises et essais comparatifs caoutchouc/nylon sur plusieurs voitures d'essai.

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Il s'agit du compte rendu d'essai n° 220.777 du Laboratoire André Citroën (53, rue Balard, Paris), daté du 30 avril 1952, avec une mention manuscrite « 5 MAI 1952 » et une annotation « Mages » en en-tête p. 109. Le document porte la référence N° 329-2-52-CR-5.000 et traite de l'endurance des joints de cylindre de la suspension H p. 109.
Voiture PVSC - ELV.280
Cette voiture s'est « brusquement vidée de tout son liquide LOCKHEED » par le joint de cylindre arrière droit (AR.D.), en roulant, sans fuite préalable notable à l'arrêt, après 35.000 km parcourus p. 109. Le démontage révèle un joint caoutchouc « en partie arraché et en partie usé », ainsi qu'un fort jeu du piston dans le cylindre et la bague support de joint p. 109. Les mensurations du piston et du cylindre sont détaillées :
| Élément | Distances mesurées | Valeurs Ø relevées | Page |
|---|---|---|---|
| Piston | 15 / 65 / 90 / 110 mm | ~39,958 à 39,965 | p. 109 |
| Cylindre (Ø=40) | 75 / 115 / 120 / 135 mm | +0,07 à +0,75 | p. 109 |
| Bague support de joint | Ø 40 | +0,63 / +0,15 | p. 109 |
Des marques de la biellette à côté du grain sont observées dans le fond du piston, expliquant possiblement l'usure du cylindre et de la bague p. 110. Le cylindre AR.G. de la même voiture (même kilométrage), qui ne fuyait pas, montre un joint « légèrement abîmé » et des traces de portée similaires p. 110. La voiture est remontée avec deux joints caoutchouc neufs, des biellettes neuves à embout K8 et centrage par rondelle acier, ainsi qu'un cylindre, piston et bague neufs à droite p. 110.
Voiture PVSC - ELV.230
Incident similaire mais moins prononcé, survenu à l'arrêt vers 34.000 km p. 110. Le cylindre AR.D. présente une fuite importante avec joint fortement usé ; le cylindre AR.G. une fuite moindre avec joint usé, sans jeu entre cylindres et pistons p. 110. Une note précise qu'un remontage précédent, après 20.000 km, avait serré les joints « à fond », ce qui a pu occasionner leur détérioration ; la voiture est ensuite remontée avec un joint caoutchouc à droite et un joint nylon à gauche p. 110.
Voiture PVLC - ELV.368
Après 21.000 km, lors d'un changement de biellettes, un joint en nylon présente « une fente sur la lèvre suivant une génératrice », sans fuite importante associée ; il est remplacé par un autre joint nylon p. 110.
Contexte
La suspension hydropneumatique, mise au point par Paul Magès — entré chez Citroën en août 1925 et qui y restera 49 ans, rédacteur technique puis sous-responsable du Super-Contrôle (notes autobiographiques) —, équipera à partir de 1954-1955 les Citroën : premiers plans dès le 17 février 1944 (plans de suspension hydropneumatique à interaction différentielle), premiers essais 2 CV en mai-juillet 1946, essai de la 15-Six H en avril 1954, puis la DS présentée le 6 octobre 1955. Le liquide Lockheed, d'origine minérale, sera plus tard remplacé par le LHS puis le LHM, en partie pour des raisons de compatibilité avec les joints. Les essais d'endurance sur véhicules roulants (PVSC, PVLC — probablement des désignations internes de prototypes) faisaient partie du long processus de mise au point avant industrialisation, ici daté d'avril 1952, soit deux ans avant l'essai de la 15-Six H et trois ans avant la présentation de la DS.
Regard d'archiviste
Ce document illustre concrètement le travail de mise au point empirique mené autour de la suspension H : mesures d'usure au micromètre, comparaison de matériaux de joint (caoutchouc contre nylon), ajustement du couple pièce-outillage (biellettes, embout K8) p. 109-110. Il constitue un jalon daté (avril 1952) dans la chronologie du développement intensif de la suspension hydropneumatique, entre les plans de 1944 et les essais de 1954, et s'inscrit dans la continuité des études théoriques et plans antérieurs conservés dans la même chemise, comme les plans de suspension hydropneumatique à interaction différentielle ou le plan de cylindre de suspension — course 100, S = 8 cm². La comparaison entre joints caoutchouc et nylon, testée ici en conditions réelles, montre le souci de fiabilité qui précédera de peu la commercialisation de la DS.
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Datation
30 avril 1952
Document
2 pages
Source : « Scanner 13 août 2025 à 14.29.pdf », p. 109–110
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Catégorie
Note d'archivage
p.109 essai n° 220.777 daté 30 4 52, p.110 suite « - 2 - ESSAI N°220.777 ».

