Compte rendu d'essai n°220.692 : démontage de l'essieu AR de la PVL6 ELV.136
Rapport du Laboratoire André Citroën détaillant, en présence de Paul Magès, l'examen après 20 000 km d'endurance de l'essieu arrière d'une voiture d'essai à suspension hydraulique, avec mesures d'usure des cylindres et demandes de modifications.

Comprendre ce document
Dans ce document
Ce rapport du Laboratoire André Citroën (essai n°220.692) rend compte du démontage et de l'examen, en présence de M. Magès, de l'essieu arrière de la voiture d'essai PVL6 - ELV.136, équipée de suspension hydraulique, après environ 20 000 km de roulage p. 104.
Incidents en cours d'endurance
Deux incidents sont signalés : à 11 800 km, une coupelle caoutchouc du distributeur trouée, et à 13 500 km, la perte de l'embout du tiroir de distributeur p. 104. Le gonflage des sphères de suspension a été abaissé à 44 kg/cm² (au lieu de 52), et les clinquants de l'amortisseur, déchiquetés, ont été remplacés par un clinquant de 1/10 p. 104. Le rapport note qu'à partir de ce moment, « la voiture talonnait beaucoup moins qu'avant » p. 104.
Consommation d'huile Lockheed
Trois relevés partiels sont donnés, soit environ 270 cm³ pour 10 000 km, chiffre présenté comme un simple « ordre de grandeur » p. 104.
Constatations au démontage
Les pressions des sphères et accumulateurs sont vérifiées p. 105. Les cylindres de suspension présentent une usure ovale mesurée précisément : pour le cylindre droit, ovalisation de 0,14 mm ; pour le gauche, jusqu'à 0,29 mm dans un plan à 45° p. 105 :
| Emplacement | G1 | G2 | D1 | D2 | Page |
|---|---|---|---|---|---|
| 5 mm | +0,05 | +0,07 | +0,045 | +0,058 | p. 105 |
| 35 mm | +0,05 | +0,07 | +0,085 | +0,05 | p. 105 |
| 68 mm | +0,12 | +0,29 | +0,20 | +0,06 | p. 105 |
Ce même phénomène avait déjà été observé sur ELV.230 p. 105. Les ingénieurs demandent l'augmentation du guidage du piston et une révision de l'épure de débattement piston-biellette p. 105.
La biellette gauche « a flambé » et avait tourné de 90° au démontage ; elle est transmise à M. Blanc pour examen p. 106. Une annotation manuscrite précise que les biellettes n'étaient pas en place dans leur coussinet, ce qui « a pu entraîner une usure anormale du cylindre et même le flambage » p. 106. Sont également notés : jupes de protection déchirées et pleines de terre, billes de réaction oxydées, roulement à aiguilles droit oxydé, silentblocs de la barre de triangulation usés p. 106-107.
La voiture est remontée avec pièces neuves : biellette gauche, amortisseurs sans clinquant, protecteurs caoutchouc « nouveau caoutchouc plus souple », roulement à aiguilles côté droit, silentbloc en matière plastique côté essieu p. 107.
Le rapport conclut par quatre demandes : guidage des pistons, centrage de la biellette, protection du piston, étanchéité des roulements d'oscillation « très défectueux » p. 108. Une annotation manuscrite marque « Fait » en regard des deux premiers points p. 108.
Contexte
Le Laboratoire André Citroën, situé rue Balard à Paris, était le centre d'essais de la marque où furent mis au point les systèmes qui équiperont la future DS 19 (1955), notamment la suspension hydropneumatique. Les essais d'endurance sur véhicules-mules (ici désignés par codes comme « PVL6 » ou « ELV.136/230 ») visaient à valider la fiabilité des organes avant leur industrialisation. Le Lockheed évoqué désigne le liquide hydraulique alors utilisé dans ces circuits.
Regard d'archiviste
Ce document illustre concrètement le travail de mise au point mené par Paul Magès : loin d'une invention figée, la suspension hydropneumatique apparaît ici comme un système en perfectionnement continu, confronté à l'usure réelle (ovalisation des cylindres, flambage de biellette) et corrigé pas à pas p. 105-107.
La référence à ELV.230, un autre véhicule d'essai déjà touché par le même défaut p. 105, suggère une série d'essais comparatifs suivis avec rigueur au sein du laboratoire. Ce rapport pourrait ainsi trouver un écho dans d'autres pièces du même dossier, comme le Sommaire de la chemise 41-59, qui retrace les évolutions techniques menant à la DS, ou dans les plans de suspension à interaction différentielle, antérieurs mais relevant de la même filiation technique.
Dans le même dossier

Compte rendu Laboratoire n° 220.620 : incidents sur l'ELV.230 après 12 000 km

Compte rendu d'essai n°220.769 : démontage de la suspension AR de l'ELV.238 (25 avril 1952)

Compte rendu du Laboratoire Citroën n° 220.629 sur les incidents du prototype ELV.238
Datation
21 mars 1952
Document
5 pages
Source : « Scanner 13 août 2025 à 14.29.pdf », p. 104–108
Tags
Catégorie
Note d'archivage
p.104 essai n° 220.692 daté 21/3/52, p.105-108 suites paginées 2 à 5 du même essai.



