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Coupures de presse du 19 juillet 1974 : la reprise de Citroën par Peugeot et la colère des cadres

Trois articles des Échos du 19 juillet 1974 relatent la reprise de Citroën par Peugeot et publient deux lettres anonymes de cadres et ingénieurs dénonçant le manque d'information et redoutant un « cimetière de cerveaux ».

Coupures de presse du 19 juillet 1974 : la reprise de Citroën par Peugeot et la colère des cadres — page 183
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La reprise de Citroën par Peugeot (p. 184)

Un article de la rubrique « Automobile » décrit le début du rapprochement : les dirigeants de Citroën « déjeunaient avenue de la Grande-Armée » et Peugeot S.A. mène un « travail d'étude et d'inventaire » chez Citroën, pudiquement appelé « échange d'informations réciproque » p. 184. Le schéma envisagé est un échange d'actions faisant de Citroën une filiale de Peugeot S.A., Michelin restant présent au capital p. 184. L'article évoque un possible renflouement par l'État, les banques et Michelin, éventuellement via la vente de Berliet p. 184.

L'inquiétude se concentre sur l'encadrement : les ingénieurs de conception se sentent « les plus visés », et l'article mentionne un phénomène de « brain-drain », citant le départ de Claude-Alain Sarre vers la Lainière de Roubaix en 1970 p. 184.

Lettre d'un « groupe formé de cadres » (p. 183)

Une seconde lettre anonyme, publiée après une première du 17 juillet, dresse un bilan critique de la gestion Citroën : absence d'information interne, pouvoir concentré autour des Michelin et de M. Pierre Bercot, modèles jugés invendables (la 11 CV, la 2 CV face à la R4, la DS qualifiée de « Concorde Citroën », la SM), et un « cloisonnement total des différents services » où les ingénieurs auraient « saboté » un essai de la direction marketing p. 183.

Lettre des ingénieurs : « cimetière de cerveaux » (p. 185)

Un « groupe d'ingénieurs et cadres » se dit « bernés et atteints dans notre fierté » d'avoir appris la reprise « par la radio ». Ils reconnaissent avoir présenté des options « généreusement optimistes et idéalistes » et évoquent la responsabilité de « La Vieillesse du Prince », livre attribué à M. Bercot (note 1, p. 185). Ils se disent « prêts à collaborer loyalement » avec Peugeot « si l'on ne nous considère pas comme un cimetière de cerveaux » p. 185. La note de la rédaction (NDLR) précise que la lettre n'est pas représentative de l'ensemble des « 6.000 ingénieurs et cadres », dont beaucoup « voient avec espoir le rapprochement » p. 185.

Contexte

Ces coupures paraissent au moment où Citroën, en grave difficulté financière, est repris par Peugeot sous l'impulsion de son actionnaire majoritaire Michelin, dans un contexte de crise pétrolière et de fin des grands projets d'ingénierie coûteux (rotor Wankel, SM). Historiquement, ce rapprochement donnera naissance au groupe PSA Peugeot-Citroën en 1976. Paul Magès, ingénieur emblématique de la suspension hydropneumatique, appartient précisément à cette génération d'« ingénieurs de conception » évoquée dans les lettres, dont l'avenir professionnel est alors incertain.

Regard d'archiviste

Ce triptyque de coupures de presse occupe une place particulière dans les archives de Magès : il ne s'agit pas d'un document technique, mais d'un témoignage du climat social et humain qui entoure le tournant industriel de 1974. Les soulignements et annotations au feutre rouge (p. 183, p. 184) suggèrent une lecture attentive, probablement par Magès lui-même ou un proche collaborateur, cherchant à identifier les passages concernant les ingénieurs et la direction technique.

Il semble que ces articles aient été conservés comme trace personnelle d'un moment charnière — celui où l'avenir des équipes d'ingénierie, dont Magès faisait partie, se trouvait suspendu à la décision de Peugeot. Ce dossier s'inscrit dans la continuité des documents techniques de la chemise « 60-74 », comme le Sommaire de la chemise 60-74, qui retrace les décisions et projets de la même période, ou encore la Note de Paul Magès sur la suspension de l'AP, qui illustre le travail d'innovation que ces lettres de cadres redoutaient de voir sacrifié.

Datation

19 juillet 1974

Document

3 pages

Source : « Scanner 8 août 2025 à 15.18.pdf », p. 183–185

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Catégorie

Presse

Note d'archivage

Coupure datée « Vendredi 19 juillet 1974 » p.183 et articles connexes p.184-185 ; entrée du sommaire « 19-07-1974 ».