Le Figaro, 4 décembre 1974 : l'accord Peugeot-Citroën sous l'égide de l'Etat
Coupures économiques du Figaro annonçant le rapprochement Peugeot-Citroën, avec fiches chiffrées des constructeurs et le dossier parallèle Saviem-Berliet, conservées dans un classeur de presse interne Citroën.

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Le rapprochement Peugeot-Citroën
L'article central, signé Marc Hennekinne, expose le « principe de base » de l'accord : chaque groupe « conservera son originalité, sa personnalité, ses produits, son réseau de distribution et son service après-vente » p. 2. L'objectif affiché est de rassurer les clients des deux marques et de « redonner la santé à la firme » Citroën grâce à « l'aide de l'Etat » p. 2.
Le mécanisme décrit repose sur la mutualisation d'outillages : l'usine d'Aulnay-sous-Bois (220 000 m²), qui sort alors « 200 CX par jour » et pourrait « en absorber 1 600 », est présentée comme exemple d'un outillage « prévu pour s'adapter à n'importe quel type de voiture, de la 2 CV à la SM » p. 2. Réciproquement, Peugeot pourrait faire bénéficier Citroën de son usine de colonnes de direction p. 2.
L'article précise le rôle de chacun : « Peugeot, dans la nouvelle association, tiendra le rôle de gestionnaire, l'Etat, quant à lui, avancera les fonds nécessaires pour renflouer l'entreprise malade » p. 2, avec cette formule finale : « il ne s'agit pas de diviser pour régner, mais de s'unir pour survivre » p. 2.
Les fiches chiffrées des constructeurs
Des encadrés fournissent des données 1973-1974 :
| Société | Production 1973 | Chiffre d'affaires | Résultat | P.-D.G. | Page |
|---|---|---|---|---|---|
| Peugeot | 684 538 voitures | 9 024 M F | Bénéfice 215 M F | François Gauthier | p. 2 |
| Citroën | 658 829 voitures (18,93 % du marché français) | 7 079 M F | Pertes estimées 800-900 M F (1974) | François Rollier | p. 2 |
| Berliet | — | 2 772 M F | Bénéfice 5,4 M F | Paul Berliet | p. 2-3 |
| Saviem | — | 2 163 M F | Bénéfice 8,97 M F | Bernard Vernier-Palliez | p. 2-3 |
Citroën est décrite comme filiale à 100 % de Citroën S.A., holding détenue à 53 % par la Pardevi, elle-même contrôlée par Michelin p. 1-2.
Le dossier Saviem-Berliet
Un second article, présenté comme un « scénario » de la Régie Renault au conditionnel, envisage le rachat par Renault des actions Berliet détenues par Citroën S.A. (98,6 % du capital), financé par fonds propres et un prêt du F.D.E.S., sans fusion des deux entreprises p. 1-3. La page 3 mentionne aussi une prise de position de la C.G.T. réclamant que la participation de l'Etat dans Citroën préserve les « intérêts petits actionnaires » p. 3.
Support et pages boursières
Les pages 3-4 sont occupées par des publicités et par les cotations de la Bourse de Paris et de Wall Street du 3 décembre 1974, sans lien thématique direct avec l'accord Peugeot-Citroën.
Contexte
Historiquement, l'accord Peugeot-Citroën de décembre 1974 marque le début d'une alliance industrielle qui aboutira, en 1976, à l'absorption de Citroën par Peugeot au sein du groupe PSA. Citroën, en grande difficulté financière depuis le premier choc pétrolier et l'échec commercial de plusieurs modèles (dont la GS et le moteur rotatif), cherchait un partenaire capable d'assurer sa pérennité industrielle.
Ce contexte extérieur au document éclaire l'insistance de l'article sur le maintien de « l'originalité » de chaque marque : cette promesse ne sera que partiellement tenue dans les décennies suivantes, la fusion progressive des plateformes techniques étant l'une des conséquences les plus connues du rapprochement.
Ce document paraît quelques mois avant que Paul Magès ne prenne sa retraite de Citroën, en septembre 1974, après 49 ans de carrière (photographies du départ à la retraite de Paul Magès ; lettre de M. Meignan).
Regard d'archiviste
Ce document ne concerne pas directement les travaux techniques de Paul Magès, mais il éclaire le contexte industriel et financier dans lequel s'inscrivait son activité chez Citroën au milieu des années 1970 : une entreprise en pertes lourdes p. 2, cherchant l'appui de l'Etat et d'un partenaire industriel. Cette coupure date de quelques mois seulement après le départ à la retraite de Magès, survenu en septembre 1974 (photographies du départ à la retraite de Paul Magès), à l'issue d'une carrière de 49 ans entamée en août 1925 (brouillon de lettre à M. Sarre et plan d'entretien).
La note manuscrite « Informations intérieures Citroën » p. 1 suggère que cette coupure de presse a probablement été conservée dans un dossier de veille de presse interne à Citroën, aux côtés d'autres bulletins du même type — voir notamment le Message de François Rollier du 24 juin 1974, qui annonçait déjà ce rapprochement, et les coupures du Figaro du 3 décembre 1974, parues la veille sur le même sujet.
L'intérêt principal de cette pièce réside dans son témoignage daté et précis des enjeux industriels (usines, chiffres de production, rôle de l'Etat) au moment charnière où se joue l'avenir de Citroën, quelques mois après le lancement de la CX p. 2.
Dans le même dossier

Le Figaro, 3 décembre 1974 : rapprochements imminents Citroën-Peugeot et Berliet-Saviem

Coupures de presse : « Deux nouvelles réussites » — le lancement des CX 2000 et 2200 (1974)

Citroën Informations Intérieures n° 079 du 11 juin 1974 : marché et promotion des ventes
Datation
4 décembre 1974
Document
4 pages
Source : « Scanner 6 août 2025 à 15.49.pdf », p. 1–4
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Catégorie
Note d'archivage
Bandeaux « LE FIGARO — MERCREDI 4 DÉCEMBRE 1974 » et pagination 17-18 (p.1-4) ; annotation manuscrite de chemise en p.1.



