Projet de brevet Magès (1958) : régulation automatique pour variateur de vitesse continu
Un projet de brevet rédigé et signé par Paul Magès le 10 février 1958, décrivant un système coordonnant pédale, papillon du carburateur et variateur continu de démultiplication pour maintenir le moteur sur sa courbe de consommation la plus économique.

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Le principe : accorder le moteur à la « courbe économique »
Magès part d'un constat : avec une boîte de vitesses classique à trois ou quatre rapports, le moteur ne peut être maintenu au point de fonctionnement donnant la consommation minimale ou la puissance maximale p. 144. Il illustre cela par le graphique de la figure 1, qui compare la puissance nécessaire pour rouler en palier (courbe A) et la puissance disponible à pleine ouverture du carburateur (courbe B), avec un réseau de courbes de consommation spécifique en grammes par cheval-heure p. 144.
Deux exemples chiffrés sont donnés : à 75 km/h, une démultiplication de 25 km/h par 1000 tr/min impose 250 g/CV·h, alors qu'une démultiplication de 50 km/h par 1000 tr/min amènerait le moteur à 1500 tr/min, proche du minimum de consommation (« point C ») p. 145. De même, à 100 km/h, un rapport de 33,3 km/h par 1000 tr/min placerait le moteur au point de consommation minimale pour cette puissance (« point D ») p. 145. L'objectif est de faire fonctionner le moteur en permanence sur cette « courbe économique » E, grâce à un variateur de vitesse continu couplé à une régulation automatique p. 145.
Le dispositif de régulation
Le conducteur agit non plus directement sur le papillon des gaz, mais sur un régulateur par simple compression d'un ressort ; c'est ce régulateur qui commande à la fois le levier du variateur (pour la démultiplication) et l'ouverture du papillon du carburateur, de façon coordonnée p. 145-146. Le texte évoque aussi la possibilité de faire varier le point d'avance à l'allumage par une came liée à la compression du ressort du régulateur p. 146.
Le document décrit également la gestion du frein moteur : relâcher la pédale ramène le moteur au ralenti et le variateur en position « surmultipliée », minimisant le frein moteur ; une seconde pédale (ou levier) permet au contraire d'augmenter la démultiplication, donc le frein moteur, sans agir sur le papillon p. 146-147, 151. Un système de freinage hydraulique du retour du ressort (piston 22, orifice calibré 27, réservoir 25) évite les changements de rapport trop brusques en conduite hésitante, par exemple en ville p. 147, 149-151.
Les organes décrits (fig. 2 et 3)
Le dispositif comprend un moteur M entraînant le variateur V, un régulateur centrifuge R à masselottes (28) et son distributeur hydraulique D, alimenté par une pompe P, agissant sur deux cylindres récepteurs C1/C2 qui déplacent le levier de commande 2 du variateur p. 148-149. Une came (7) reliée à la pédale 5 règle la compression du ressort du régulateur (21), tandis qu'une seconde came (8), sur le même axe, commande l'ouverture du papillon 9 du carburateur 10 p. 148-149.
Contexte
Ce projet de brevet s'inscrit dans les recherches de Citroën sur la transmission hydrostatique, alternative à la boîte de vitesses classique que Paul Magès et son équipe ont explorée pendant plusieurs décennies (comme en attestent les archives ultérieures du fonds, portant sur la 2 CV, la GS ou le véhicule L).
À la fin des années 1950, l'idée d'un variateur continu associé à une régulation automatique préfigure, de façon générale et à titre de repère historique extérieur au document, les principes qui seront plus tard développés dans les transmissions à variation continue (CVT) sur différents constructeurs. Rien dans le document ne permet cependant d'affirmer un lien direct avec un modèle de série Citroën précis.
Regard d'archiviste
Daté et signé « Magès 10.2.58 » avec contre-signature « GUERARD » p. 144, ce texte de huit pages, rédigé sur papier à en-tête Citroën puis sur cahier d'ingénieur, a manifestement la forme d'un projet de brevet rédigé de la main de Magès, dense en ratures et corrections — signe d'un texte en cours d'élaboration plutôt que d'un dépôt final.
Il semble que ce document pose, dès 1958, les bases conceptuelles d'un couplage entre variateur continu et régulation automatique du couple pédale/papillon/démultiplication, une problématique qui reviendra dans les travaux ultérieurs de Magès sur la transmission hydrostatique. À ce titre, il peut se lire en amont d'archives plus tardives comme la Note de P. Magès sur l'adaptation du moteur pour variateur automatique de démultiplication ou les notes manuscrites « Présentation T.H. 50 CV », qui prolongent la réflexion sur la conduite et le comportement moteur des véhicules à transmission continue.
La précision de la datation (« 10.2.58 », p. 144) permet de fixer ce document comme un jalon précoce, quinze ans avant les développements plus aboutis conservés dans le même fonds.
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Note P. Magès n°570108 : transmettre le mouvement par voies hydrauliques
Datation
10 février 1958
Document
10 pages
Source : « Scanner 18 août 2025 à 15.25.pdf », p. 144–153
Tags
Catégorie
Note d'archivage
p.144 titre et référence « THsr. 10-02.58 » signée Magès ; p.145-151 pages numérotées 2 à 8 du même texte ; p.152-153 figures 1 et 2 réf. P1874 ; sommaire p.164 : « 10-02-1958 Dispositif de régulation… par Paul MAGÈS ».



