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Tarification SM : le rapport de l'assureur Rosset et la réponse de Paul Magès (février 1971)

Un directeur de compagnie d'assurances teste la Citroën SM et critique sa direction, sa suspension et sa vitesse ; Paul Magès lui répond point par point en défendant ses choix techniques par l'exemple de la DS.

Tarification SM : le rapport de l'assureur Rosset et la réponse de Paul Magès (février 1971) — page 132
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L'essai et le rapport de l'assureur

Le Groupement Technique des Compagnies d'Assurances a fait prêter une Citroën SM « du vendredi 27 au Lundi 30 Novembre 1970 », avec une prise en main « au cours d'un circuit au bois de Boulogne le 27 au matin » consacrée surtout à la direction assistée p. 135. Le rapport est signé par V. Rosset, directeur de la compagnie Le Secours, « ancien polytechnicien » p. 133-134.

Rosset salue la maniabilité et la tenue de route, mais formule des réserves : la direction, « d'un type totalement différent de celle que l'on peut rencontrer habituellement », pourrait devenir « un élément de danger » en cas de « mouvement réflexe » p. 135 ; les vitesses élevées « surprennent les usagers » p. 136 ; enfin, sur le confort, « le moteur est bruyant », « la qualité de la carrosserie paraît moyenne (portière ne fermant pas sur le véhicule prêté) » et « la suspension […] filtre mal les vibrations des petits cahots », contrairement aux « modèles D » p. 136.

La transmission interne chez Citroën

La note de M. Pestel du 9 février 1971 (« N/Réf : D.3. P/MB ») transmet le rapport à M. Grosseau en jugeant certaines critiques « excessives » mais estimant qu'une réponse s'impose « en considération de la qualité et de l'audience » de leurs auteurs p. 133. Grosseau répond le 15 février, joignant les « commentaires de Monsieur Magès » et proposant de les transmettre à Rosset accompagnés des rapports BEA n° 669 et 859 p. 137, 141-142.

La réponse de Paul Magès (note Bureau d'études n° 1166, 15 février 1971)

Magès reconnaît la critique sur la suspension : « la raideur et l'inertie des pneumatiques, nécessaires pour obtenir la tenue de route […] à plus de 200 km/h, sont la cause de chocs et de vibrations […] si l'on conçoit celle-ci avec le souci principal de la sécurité » p. 137-138.

Il défend la vitesse comme « élément de sécurité » bien utilisée, citant la GS comme exemple de coefficient de sécurité élevé p. 137. Il rappelle avoir « étudié et essayé depuis 12 ans la direction appliquée à la SM » et invoque le pivot « dans l'axe », présent « depuis 16 ans sur DS » et repris sur la GS p. 138, 144. Il compare enfin l'accueil de la direction de la SM à celui réservé, en 1955, au freinage assisté de la DS, qui avait aussi « effrayé » avant l'adaptation des conducteurs p. 139, 145.

Contexte

La SM, coupé haut de gamme lancé par Citroën en 1970 (moteur Maserati, direction à démultiplication variable DIRAVI), incarnait une automobile « sportive » assumée comme telle, à la différence de la DS, grande routière plus consensuelle. Les groupes de tarification automobile évoqués par Rosset (13, 14, 15) renvoient au système d'assurance français de l'époque, classant les véhicules par catégories de puissance/performance.

Regard d'archiviste

Ce dossier illustre, à travers un échange administratif ordinaire (assurance, tarification), le rôle de défenseur technique que Magès endosse pour ses inventions : il ne nie pas les défauts constatés — suspension et bruit — mais les justifie par des choix délibérés de sécurité, en s'appuyant sur l'histoire de la DS et sur des rapports internes antérieurs (BEA n° 669 et 859).

Il semble révélateur que Magès mobilise, pour rassurer un assureur, le même argumentaire que celui déjà développé quinze ans plus tôt pour la DS p. 139, 145 : la nouveauté technique déstabilise avant de convaincre. Ce document complète utilement les réflexions plus anciennes sur la suspension et la direction que l'on retrouve dans Note du 11 septembre 1959 : suspension hydraulique ou pneumatique et brevet Bougeard et dans le compte-rendu d'essai du 2 au 5 avril 1962, qui abordaient déjà l'antiroulis et la direction assistée sur DS.

Datation

février 1971

Document

15 pages

Source : « Scanner 8 août 2025 à 15.18.pdf », p. 132–146

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

Mot de Grosseau p.132, note Pestel du 9.2.71 p.133, lettre Le Secours du 2.2.71 et rapport du 25.1.71 p.134-136, commentaires n° 1166 du 15.2.71 p.137-140 et duplicata p.143-146, note n° 390 du 15.2.71 en double p.141-142 ; entrée du sommaire au 09-02-1971.