Lettre de Paul Magès à M. Grosseau sur le Grand Prix « Apollo de l'Innovation » (1971)
Une lettre manuscrite dans laquelle Paul Magès exprime son étonnement d'avoir appris, par un tiers, l'attribution du Grand Prix « Apollo de l'Innovation » à la direction de la SM Citroën — sans y avoir été associé.

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Dans ce document
Cette lettre manuscrite, datée du 22 novembre 1971, est adressée par Paul Magès à un certain M. Grosseau.
Magès y relate qu'il a appris, le « vendredi matin 19.11.71 », par un chef de groupe du BEA (Bureau d'Études Automobiles), l'attribution du Grand Prix « APOLLO de l'INNOVATION » à la direction de la SM, prix que « M. Ortoli » aurait remis à « M. Ravenel » p. 1.
Il note que les personnes présentes ce jour-là ont été « surprises » de son propre « étonnement » et de son « ignorance du fait » p. 1. Il ajoute trouver la situation « extrêmement regrettable » et avouer ne pas savoir « que penser » de « cette façon d'agir » p. 1.
La lettre se termine par une note de confiance envers son destinataire : Magès se dit « persuadé » que M. Grosseau « n'étai[t] pas au courant » lui-même p. 1.
Une mention manuscrite en bas de page renvoie à un article paru dans L'Équipe du samedi 13 (novembre), page 16 p. 1. Un encart de presse découpé, portant l'en-tête L'Équipe Moteurs et la date « Samedi 13 Dimanche 14 novembre 1971 », ainsi qu'un article titré « Grand Prix « Apollo de l'innovation » pour la direction de la SM Citroën » sont collés sur le document, évoquant la remise du prix par M. Ortoli, ministre du Développement industriel et scientifique, à M. Raymond Ravenel, et des commentaires du jury sur la suspension hydropneumatique.
Contexte
La SM est le coupé haut de gamme lancé par Citroën en 1970, fruit d'une collaboration avec Maserati, et équipé de la fameuse suspension hydropneumatique ainsi que d'une direction assistée (DIRAVI), technologies mises au point notamment par Paul Magès au sein des équipes de Citroën.
En 1971, Magès est entré chez Citroën depuis 1925 et travaille depuis les années 1940 au développement de la suspension hydropneumatique, dont les premiers plans datent du 17 février 1944 (Plans de suspension hydropneumatique à interaction différentielle) ; il occupe alors une position de rédacteur technique puis sous-responsable du Super-Contrôle au sein du bureau d'études (Brouillon de lettre de Paul Magès à M. Sarre).
Le Grand Prix « Apollo de l'Innovation » récompensait, au début des années 1970, des réalisations industrielles jugées particulièrement innovantes ; sa remise à un ministre du gouvernement (le Développement industriel et scientifique) souligne l'importance accordée à ce type de distinction dans le paysage industriel français de l'époque.
Regard d'archiviste
Ce court billet manuscrit est précieux car il donne à voir, de manière directe et sans détour, la réaction personnelle de Paul Magès face à une reconnaissance publique qui semble ne pas l'avoir associé, alors que l'innovation récompensée — la suspension hydropneumatique de la SM — est issue de ses propres travaux, menés depuis les années 1940 au sein du bureau d'études Citroën.
Le ton posé mais visiblement contrarié, l'insistance sur son « ignorance du fait » et sur la « surprise » des témoins p. 1, laissent transparaître une forme de mise au point discrète sur la paternité de l'invention, sans que Magès ne revendique explicitement quoi que ce soit dans le texte lui-même.
Ce document illustre ainsi, en creux, la question récurrente de la reconnaissance des ingénieurs face aux directions d'entreprise lors des remises de prix officiels — un angle intéressant pour comprendre la place de Magès dans l'histoire de l'innovation chez Citroën.
Datation
22 novembre 1971
Document
1 page
Source : « WEB 100 — 1971 Grand prix APPOLO de L'INNOVATION -.pdf », p. 1
Tags
Catégorie
Note d'archivage
Page unique du PDF ; date portée « 22-11.71 » et signature « Magès » en tête de la lettre (p. 1), mention de l'événement du 19.11.71.



