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Note de Pierre Bercot et réponse de Paul Magès sur les vibrations de l'AP (28 février 1966)

Un mot manuscrit de Pierre Bercot félicite Magès pour une étude sur les vibrations, suivi du brouillon de sa réponse détaillant les défauts de confort de l'AP et l'organisation des recherches entre essais routiers, mesures et calcul analogique.

Note de Pierre Bercot et réponse de Paul Magès sur les vibrations de l'AP (28 février 1966) — page 61
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Le mot de Pierre Bercot

Le président Pierre Bercot adresse un mot manuscrit à Paul Magès, daté du 28 février 1966, pour le féliciter d'une étude qu'il a « lue avec beaucoup d'intérêt » p. 61. Il s'interroge sur la généralisation de ce type d'analyse : « Fait-on cela aux Études partout où on doit le savoir ? Est-ce intelligemment utilisé ? » p. 61.

Le feuillet joint mentionne une traduction d'un SAE Preprint (mai 1965, n° 65050) intitulé « Sensibilité du véhicule aux perturbations transmises par les pneumatiques », signalée comme provenant de l'Engineering Staff de Chrysler Corp. p. 61.

La réponse de Magès : des défauts constatés à l'organisation des recherches

Magès explique que des « défauts très importants » de comportement et de confort, mis en évidence fin janvier sur l'AP, ont déclenché « une série d'expériences » suivies par tous les intéressés p. 62.

M. de Lassus a mené, avec des moyens limités, des expériences mettant en évidence une partie des problèmes à résoudre. Jugées insuffisantes, elles ont été complétées par le service de M. Handel, chargé de mesures systématiques de vibrations sur l'AP et sur d'autres véhicules, les problèmes de basse fréquence étant « aujourd'hui accessibles au calcul » p. 62.

Depuis février, une méthode d'enregistrement sur route a été trouvée ; combinée aux mesures au point fixe, elle a permis au bureau de calcul d'isoler l'influence des différents paramètres via des « machines de calcul analogique », avec des résultats jugés « remarquables » p. 62.

Deux zones distinctes : basse fréquence et « zone de bruit »

Magès distingue la zone de basse fréquence, sur une « bonne voie » malgré des moyens réduits p. 63, de la « zone de bruit », jugée bien plus complexe, nécessitant une recherche expérimentale menée par un personnel « très observateur, patient » et « astucieux » p. 63.

Il signale que M. de Lassus ne dispose que d'un seul ingénieur pour ce travail, alors que deux postes supplémentaires avaient été demandés en juillet 1965 p. 63. Il insiste : ces recherches ne peuvent être « découpées en plusieurs tranches sous-traitables », tout étant lié p. 63.

Une traduction du SAE Preprint n° 660101, « Étude de la dynamique de la structure d'une automobile avec le simulateur de route Cadillac », est jointe pour illustrer la difficulté du sujet p. 63. La note est signée en bas par les trois collaborateurs cités : de Lassus, Handt, Vassal p. 63.

Contexte

L'AP désigne, dans le vocabulaire interne Citroën de l'époque, un projet de véhicule en développement — ce document se situe donc dans une phase d'études préparatoires, non documentée plus précisément ici.

Pierre Bercot, président de Citroën de 1958 à 1970, suivait personnellement les grands dossiers techniques, ce qui explique son intérêt direct pour une étude de vibrations transmise par Magès.

Le recours à des publications américaines (SAE, Chrysler) traduites en interne témoigne de la veille technique internationale pratiquée alors par les bureaux d'études automobiles, sans que l'on puisse préciser ici l'usage exact qui en a été fait chez Citroën.

Regard d'archiviste

Cet échange illustre concrètement le fonctionnement du BEA au quotidien : un problème technique concret (défauts de confort sur l'AP) déclenche une mobilisation coordonnée entre essais routiers, mesures instrumentées et calcul analogique — trois approches que l'on retrouve, sous d'autres formes, dans les Conférences BBC de 1960 et dans le compte-rendu d'essai sur route de 1962.

Le ton de Magès, à la fois rassurant envers son président et lucide sur les limites de moyens humains (un seul ingénieur pour un problème vaste), donne une image précieuse et rare des tensions internes entre ambition technique et ressources allouées.

Il semble que cette note, écrite deux ans avant les difficultés bien connues de la future DS/AP, témoigne d'un moment charnière où le calcul analogique commence à structurer la recherche sur les vibrations, complétant l'approche empirique qui prévalait jusque-là p. 62-63.

Datation

28 février 1966

Document

3 pages

Source : « Scanner 8 août 2025 à 15.18.pdf », p. 61–63

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

Mot daté 28.2.66 signé Bercot p.61 ; réponse de Magès p.62-63 renvoyant à « fin février » ; entrée du sommaire.