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Brevet P 5069 — Orientation automatique des phares dans les virages (8 juin 1965)

Mémoire descriptif d'un brevet Citroën détaillant, schémas et tableaux d'angles à l'appui, un système mécanique d'orientation automatique des phares en virage, actionné par les relais de direction.

Brevet P 5069 — Orientation automatique des phares dans les virages (8 juin 1965) — page 54
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Dans ce document

Ce mémoire descriptif, daté du 8 juin 1965 et référencé P 5069, présente une invention destinée à orienter automatiquement des phares supplémentaires (montés en plus des feux réglementaires) lorsque le véhicule aborde un virage en feux de route p. 54.

Le problème posé

Le texte part d'un constat simple : les feux de croisement (« codes ») éclairent suffisamment en virage à faible vitesse, mais les feux de route, plus « pointus », laissent le virage insuffisamment éclairé à vitesse élevée. L'idée est donc d'orienter, dans les virages, les projecteurs longue portée normalement réservés aux lignes droites p. 54.

Les trois conditions à satisfaire

  1. En virage courant, les deux projecteurs doivent rester « sensiblement parallèles » et braquer plus vite que les roues, d'une valeur définie p. 54.
  2. En virage très serré (montagne, parking, braquage à fond), les projecteurs doivent braquer « presqu'à angle droit », avec un décalage angulaire entre eux p. 54.
  3. Le roulis du véhicule en virage relève le faisceau des phares ; on compense en inclinant les axes des projecteurs, point bas vers l'avant, selon la flexibilité de roulis du véhicule (angle ∠11, figure 4) p. 55.

Solution mécanique décrite

Le dispositif prélève son mouvement sur les relais de direction, en exploitant les « lois des variations des cosinus » p. 55, 57. Les figures 3a-3c détaillent un levier articulé côté droit (repères 1 à 5, 23), avec des rayons R7 et R10 et des angles de calage (23°/16° puis 43°/6° selon les pages) p. 55-56.

Le mouvement du câble ou de la tringle est ensuite corrigé par une came montée sur l'axe d'articulation du phare : au départ du braquage, le câble s'enroule sur un petit rayon R12 (mouvement rapide), puis sur des rayons plus grands R13 et R14 en fin de course (mouvement plus lent) p. 57.

Rayon/angleFonctionPage
R7, R10Calage des leviers de relais de directionp. 55-56
∠6, ∠9Calage angulaire des points 2 et 3p. 57
R12, R13, R14Rayons de came du phare (fig. 5)p. 57
∠18, R19 (fig.6/7)Calage maillon 15/17p. 57-58
∠21, R22 (fig.8)Calage maillon 15/20p. 57-58

Un tableau de correspondance angulaire (fig. 2, p. 59) donne des valeurs α1/β1/α2/β2 croissantes, par exemple 6°/10'½/6°/15' jusqu'à 37'½/45°/42°/63'½, illustrant la relation entre angle des roues avant et angle des phares.

Le texte précise que le principe peut aussi être réalisé « hydrauliquement ou pneumatiquement par pistons et leviers », la liaison direction-phares se faisant alors « par tubes », et que les axes des phares peuvent être prolongés pour porter des projecteurs anti-brouillard p. 58.

Contexte

Ce brevet s'inscrit dans une période où Citroën, via l'ingénierie de Paul Magès, généralise les solutions hydrauliques héritées de la DS à d'autres fonctions du véhicule. La suspension hydropneumatique et la direction assistée de la DS reposaient déjà sur des principes de transmission de mouvement par fluide sous pression ; il n'est donc pas surprenant, à titre de contexte général, qu'un dispositif d'éclairage directionnel envisage une variante hydraulique ou pneumatique.

Historiquement, l'orientation des phares en fonction du braquage deviendra une caractéristique emblématique de la DS (phares directionnels), rendue célèbre par la version de 1967-1968. Ce brevet de 1965, antérieur, montre une étape de réflexion technique sur le sujet — étude qui reste ici documentée uniquement sous sa forme mécanique par leviers et cames, avec une variante hydraulique seulement évoquée en fin de texte.

Regard d'archiviste

Ce mémoire technique se distingue par sa précision presque exclusivement mécanique : leviers, cames, rayons et calages angulaires y sont décrits avec un souci de justification cinématique (« lois des variations des cosinus », p. 55, 57) plutôt que par une approche hydraulique, alors même que Magès est surtout connu pour ses inventions hydropneumatiques.

Il semble que ce brevet représente une phase de conception où la solution mécanique par câble et came est privilégiée, l'option hydraulique n'étant mentionnée qu'en fin de document comme une possibilité alternative p. 58. Les tableaux d'angles (fig. 2, p. 59) suggèrent un travail d'ingénierie déjà avancé, avec des essais de correspondance chiffrée entre braquage des roues et orientation des phares.

Ce document s'inscrit dans la continuité des travaux menés au bureau d'études sur la sécurité et le confort de conduite, dans le prolongement d'autres études de la même période, comme le Résumé de séance BBC du 22 février 1962 ou les Conférences BBC nov.-déc. 1960, qui témoignent du même souci d'amélioration continue des dispositifs de la DS.

Datation

8 juin 1965

Document

6 pages

Source : « Scanner 8 août 2025 à 15.18.pdf », p. 54–59

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Catégorie

Technique

Note d'archivage

Référence P 5069 et date 8.6.65 p.54, pages 2 à 4 et figures p.55-59 sous la même référence ; entrée du sommaire.