Brevet Citroën 1958 : dispositif d'asservissement pour direction de véhicule
Mémoire descriptif du brevet Citroën n°659.310 (3 décembre 1958) décrivant une servo-direction hydraulique dont la commande dépend d'un élément élastique en caoutchouc placé entre l'arbre de direction et le pignon.

Présentation et légendes d’origine
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Contexte et problème posé
Le mémoire décrit un brevet déposé par la Société Anonyme André Citroën, sous le n° provisoire 659.310, daté du 3 décembre 1958 p. 1. Le texte part d'un constat critique sur les servo-directions existantes : elles nécessitent des « précautions particulières » pour fonctionner correctement à toutes les allures p. 1, et le conducteur ne « ressent » plus la résistance des roues mais uniquement celle du mécanisme p. 1-2. Autre défaut relevé : dans les systèmes connus, c'est le déplacement des organes mécaniques de transmission qui commande les tiroirs de distribution, ce qui génère des frottements importants et nuit à la sensibilité p. 2.
Le dispositif proposé
L'invention introduit, entre l'arbre de direction (7) et le pignon (6), une bague de caoutchouc élastique (8) qui ne fléchit qu'au-delà d'un certain effort p. 2-4. Ce glissement angulaire est capté par un système de fraisages croisés et de galets montés sur un axe (11), lui-même relié par une tige (13) au tiroir (14) d'un distributeur hydraulique (15) p. 4.
Le circuit hydraulique comprend un réservoir (17), une pompe (20), un accumulateur (19) et un cylindre de commande (2) agissant sur la crémaillère (5) par un piston (3) p. 4. Un robinet (24) à deux positions permet d'isoler le servo-moteur du circuit aux vitesses élevées ; sa commande peut être manuelle ou automatique, par exemple liée à la boîte de vitesses ou à un seuil de vitesse « inférieure à 25 km/h par exemple » p. 4-5.
Le texte précise que l'organe élastique n'intervient « pratiquement pas » en conduite normale, sa torsion pouvant être limitée à « 2 ou 3 degrés d'amplitude » par des butées p. 5. L'effort nécessaire pour déplacer le tiroir est donné comme « de l'ordre de 500 gr. » p. 5.
Résumé des revendications
Le document se termine par un résumé en six points (1 à f) reprenant les éléments : élément élastique de liaison, manchon élastique angulaire, échancrures et galets, circuit hydraulique complet, robinet de coupure automatique ou manuel p. 6-7.
Contexte
Ce brevet s'inscrit dans l'histoire des servo-directions Citroën des années 1950, période où la marque développe en parallèle sa suspension hydropneumatique, dont les premiers plans datent du 17 février 1944 et qui sera appliquée notamment à la future DS présentée le 6 octobre 1955 (Plans de suspension hydropneumatique à interaction différentielle). L'usage de circuits hydrauliques à haute pression (pompe, accumulateur) pour asservir des fonctions mécaniques du véhicule est caractéristique de l'approche technique de Citroën à cette époque, où Paul Magès — entré chez Citroën en août 1925 et alors sous-responsable du Super-Contrôle (Brouillon de lettre de Paul Magès à M. Sarre) — jouait un rôle central dans les développements hydrauliques. Ces informations relèvent du savoir historique général et ne sont pas énoncées dans le document lui-même.
Regard d'archiviste
Ce mémoire descriptif est un document-clé pour comprendre l'ingénierie de la direction assistée chez Citroën à la fin des années 1950. Il témoigne d'une recherche de simplicité et de sensibilité mécanique : plutôt que de faire porter l'effort de commande sur les organes de transmission eux-mêmes, l'invention isole cet effort grâce à un élément élastique dédié, ce qui réduit les frottements parasites (p. 2, p. 6).
Il semble que ce texte ait été conçu pour être déposé avec un jeu de figures, puisque la description renvoie explicitement à des schémas non reproduits ici p. 3 — voir la Planche de dessins du brevet, datée du même jour, qui illustre précisément les pièces mentionnées (pignon, bague élastique, tiroir, robinet).
La précision du seuil de vitesse (« 25 km/h par exemple », p. 4) et de l'effort de commande (« 500 gr. », p. 5) donne à ce brevet une dimension très concrète, probablement issue d'essais réels menés au sein des bureaux d'études Citroën, bien que le document ne le mentionne pas explicitement.
Datation
3 décembre 1958
Document
7 pages
Source : « WEB 92 — 1953. Dépôt de brevet d'un dispositif d'asservissement pour direction de véhicule. -.pdf », p. 1–7
Catégorie
Note d'archivage
En-tête de brevet, raison sociale et numéro provisoire 659.310 en p.1 avec date du 3 décembre 1958 ; pagination interne continue « - 2 - » à « - 7 - » (p.2 à p.7) et résumé/revendications en fin de texte (p.6-7).







