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Procès Citroën-Simca sur la « tenue de route » : le jugement intégral (L'Argus, 23 février 1956)

Reproduction in extenso par L'Argus du jugement du Tribunal de Commerce de la Seine dans le procès Citroën contre Simca et Michelin sur la publicité comparative de la tenue de route, autour de l'Aronde et de la traction avant Citroën.

Procès Citroën-Simca sur la « tenue de route » : le jugement intégral (L'Argus, 23 février 1956) — page 141
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Le contexte du procès

L'article de tête, signé Jacques Loste, annonce que le Tribunal de Commerce de la Seine, sous la présidence de M. Luzuy, a rendu son jugement dans le procès opposant Citroën à Simca (et Simca à Michelin) autour d'une publicité comparative sur la « tenue de route » p. 141. L'affaire a mobilisé une douzaine de plaidoiries réparties sur cinq après-midi, plus de quinze heures d'audience p. 141, ainsi qu'une séance de projection du film La Tenue de Route à l'Agence Havas le 23 décembre (p. 141, note 2). L'auteur souligne l'importance des sociétés en cause : « capital déclaré approche 30 milliards de francs », capitalisation boursière autour de 140 milliards, environ 80 000 salariés p. 141.

Le jugement intégral

Les demandes initiales sont reproduites : Citroën réclame que Simca cesse la diffusion du tract « les vieux prouvent qu'ils se fatiguent » et que soit interdit le film La Tenue de Route, produit par MA-RO-MA et distribué par De Nesle, sous astreinte de 100 000 francs par jour p. 142. Simca, de son côté, met en cause Michelin et réclame dix millions de francs de dommages-intérêts p. 142.

Le Tribunal examine le tract Simca, qui reprenait un tableau d'« indices généraux de tenue de route » attribué au Conservatoire National des Arts et Métiers, opposant une « Voiture A (sport, propulsion arrière) » notée 100 à l'« Aronde surbaissée 55 » notée 91 et une « Voiture C » notée 83 p. 142. Le jugement relève que ces chiffres ne figurent pas dans le procès-verbal officiel du Conservatoire (n° N.120.176, daté du 20 décembre 1954, comportant 28 planches photos et 11 graphiques) p. 142-143.

Le film, projeté notamment au Splendid Gaîté et au Cluny, présentait un tableau d'« indices d'aptitude aux virages » comparant Jaguar (100), Aronde surbaissée 55 (91), Citroën traction avant (77), Volkswagen (24), Kaiser (21), Hillmann X (18), Lancia Aurelia (18) et Porsche 356 (12) p. 143 — indices que le Tribunal juge également absents du procès-verbal officiel p. 143.

SupportComparaisonMeilleur scorePage
Tract SimcaVoiture A / Aronde / Voiture C100 / 91 / 83p. 142
Film La Tenue de RouteJaguar / Aronde / Citroën / autres100 / 91 / 77...p. 143

Le Tribunal examine aussi la campagne Michelin sur le « pneu X », jugeant certaines phrases « malheureuses et maladroites » mais sans dénigrement caractérisé de Simca p. 144. Il déboute finalement Simca de ses demandes contre Citroën et Michelin, retient une faute contre MA-RO-MA et De Nesle pour le film, et met les dépens pour 9/10 à la charge de Simca et 1/10 à MA-RO-MA/De Nesle. Le jugement est daté du 20 février 1956 p. 144. La page 145 contient des publicités et la cote Argus des voitures d'occasion, sans lien avec l'affaire.

Contexte

Ce procès s'inscrit dans la rivalité commerciale des années 1950 entre Citroën, tenant de la traction avant (dont la DS, présentée le 6 octobre 1955), et Simca, promoteur de sa propulsion arrière avec l'Aronde. La « guerre publicitaire » autour de la tenue de route illustre l'importance croissante, à cette époque, des essais techniques (Conservatoire National des Arts et Métiers, Prévention Routière) comme argument de vente automobile.

Regard d'archiviste

Ce document ne mentionne jamais Paul Magès ni la suspension hydropneumatique ; il ne relève donc pas directement de son œuvre technique. Sa présence dans le fonds s'explique par l'intérêt de Magès, alors sous-responsable du Super-Contrôle chez Citroën et concepteur de la suspension hydropneumatique de la DS (voir le cahier des premiers essais de la 2 CV et l'essai de la 15-Six H), pour les débats publics sur la « tenue de route » — notion centrale de ses propres recherches sur la suspension.

Il constitue un témoignage précieux sur le climat concurrentiel entourant les innovations Citroën au moment où la maison lançait la DS, et peut se lire en contrepoint des dossiers techniques du même fonds, notamment le Sommaire de la chemise 41-59, consacré à la suspension hydropneumatique et aux évolutions de la DS.

Datation

23 février 1956

23 février 1956 (date du journal ; le jugement lui-même est daté du 20 février 1956, cf. p. 143)

Document

5 pages

Source : « Scanner 13 août 2025 à 14.29.pdf », p. 141–145

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Catégorie

Presse

Note d'archivage

p.141-145 coupures paginées 13 à 16 de L'Argus datées 23 février 1956, suite d'un même article en trois parties.