Mémoire descriptif du « Carburateur à dépression constante » de P. Magès (mai 1935)
Mémoire technique de Paul Magès exposant son invention du carburateur à dépression constante, avec tableau comparatif et courbes d'essais, déposé en brevet le 16 mai 1935.

Présentation et légendes d’origine
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Les défauts des carburateurs classiques
La note s'ouvre sur les trois conditions d'un « bon rendement » : pulvérisation parfaite, remplissage complet des cylindres, compression maximum du mélange gazeux p. 3. Magès explique que la buse d'entrée d'air des carburateurs de l'époque étant fixe, ces conditions ne peuvent être réunies à toutes les vitesses : pulvérisation « très mauvaise aux basses allures », dépression trop forte à grande vitesse entraînant une « diminution de remplissage (12 à 15%) » et une perte de compression proportionnelle p. 3.
Les principes du carburateur à dépression constante
Le système proposé maintient constants, à toutes les vitesses, la dépression, la pulvérisation, le remplissage et la compression, tandis que la richesse du mélange et l'avance à l'allumage restent variables ; l'essence est coupée « lorsque le moteur n'est pas utile (descentes - ralentissements) » p. 4.
Techniquement, un « système régulateur » agit sur la section du diffuseur, restée « mathématiquement proportionnelle au volume d'air aspiré », ce qui commande, via des leviers à rapport variable, la levée d'un pointeau réglant l'arrivée d'essence p. 4. L'essence, répartie sur toute la circonférence du diffuseur (15 cm), arrive déjà mélangée à un peu d'air avant pulvérisation finale p. 4-5. Le circuit se coupe à la décélération et se rétablit automatiquement à vitesse minimum déterminée p. 5.
Tableau comparatif (dépôt n° 1124, 16 mai 1935)
| Situation | Carburateurs actuels | Carburateur à dépression constante |
|---|---|---|
| Départ à froid | Marche au starter | Accélérateur à fond, départ immédiat |
| Embrayage | Couple insuffisant, démarrage en 1ère nécessaire | Démarrage possible en prise directe |
| Faibles vitesses en charge | Mauvais ralenti, mauvais rendement | Bon ralenti, augmentation de puissance et de rendement |
| En vitesse | Remplissage incomplet, remontées d'huile | Remplissage complet, gain de lubrifiant |
| Ralentissements/arrêts | Remontées d'huile, dilution d'huile | Essence coupée, refroidissement par air frais, économies |
| Vitesse maximum | non précisé | Réglable, essence coupée au seuil atteint p. 6 |
La demande est déposée « en Seine-et-Oise, le 16 Mai 1935, sous le n° 1124 » p. 6.
La planche de courbes
Quatre graphiques manuscrits comparent le carburateur « X… » et le carburateur à dépression constante : dépression/remplissage/compression, puissance, accélération, consommations spécifiques — tous datés « mai 1935 » et signés P. Magès p. 7.
Contexte
Ce mémoire s'inscrit dans les recherches menées, en dehors de son emploi chez Citroën — qu'il a intégré en août 1925 à 17 ans et demi et où il restera 49 ans, d'abord comme rédacteur technique autodidacte puis sous-responsable du Super-Contrôle (notes autobiographiques) —, par Paul Magès sur la carburation, en mai 1935, soit plusieurs années avant qu'il n'entre au bureau d'études (1939-1940) et ne conçoive la suspension hydropneumatique pour laquelle il est surtout connu. Les carburateurs à dépression variable, standard dans l'automobile des années 1930, souffraient effectivement des limites de réglage fixe évoquées ici ; les recherches sur la dépression constante annoncent des solutions qui se généraliseront plus tard (carburateurs à dépression constante type SU, notamment).
Regard d'archiviste
Ce document est probablement l'un des tout premiers témoignages écrits d'un dépôt de brevet personnel de Magès, daté avec précision par la mention du dépôt du 16 mai 1935 p. 6 — ce qui permet d'affiner la datation de l'archive au mois, comme déjà indiqué.
La rigueur de l'argumentation, appuyée sur un tableau comparatif détaillé et sur des courbes techniques, laisse deviner une démarche d'ingénieur déjà méthodique, antérieure à ses travaux les plus célèbres : ce n'est que quatre à cinq ans plus tard, en 1939-1940, qu'il conçoit le limiteur de freinage du fourgon TUB et entre au bureau d'études, avant de dessiner dès février 1944 les premiers plans de suspension hydropneumatique (plans du 17 février 1944). Il semble que ce dossier documente une étape de sa réflexion sur l'optimisation du mélange air-essence, thème qui rejoint, par analogie de méthode, sa recherche ultérieure de constance et de régulation dans la suspension hydraulique.
Le lien avec le Brevet d'invention n° 791.262, délivré le 23 septembre 1935, est direct : il s'agit très probablement de la suite officielle de ce dépôt du 16 mai 1935.
Datation
mai 1935
Document
5 pages
Source : « WEB 84 — 1935. Dépôt à titre personnel d'une demande de brevet pour un carburateur à dépression constante. -.pdf », p. 3–7
Catégorie
Note d'archivage
Titre en tête de p.3 et pagination continue -2-, -3-, -4- jusqu'à p.6 ; p.6 datée 16 mai 1935, signée P. Magès, réf. n° 1124 ; p.7 planche de courbes comparatives (mai 1935) rattachée au même mémoire.







